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Trump met en valeur l’euro

Trump n’a pas bonne presse sur la scène internationale. Sa stature de Président de la première puissance mondiale a du mal à convaincre. Conséquence : les investisseurs internationaux se détournent du dollar au profit d’autres monnaies telles que l’euro.

Mais à y regarder de plus près, il faut reconnaître que Donald Trump avait vu le danger pointer sur sa devise. Dès son investiture, il avait tiré à boulet rouge sur l’Union Européenne. Il prédisait, ainsi, son inéluctable délitement en soutenant ouvertement la décision du Royaume-Uni de sortir de l’UE.

Donald Trump, en fin négociateur commercial a, semble-t-il, cherché à souffler sur les braises afin de déstabiliser l’Union européenne et par conséquent la zone euro. L’objectif in fine était de fragiliser la monnaie unique qui commençait, en dépit de sa jeunesse, à devenir de plus en plus crédible aux yeux du reste du monde.

L’euro s’est montrée, en effet, robuste au moment du Brexit et des diverses élections locales qui auraient pu adresser des signes d’inquiétudes en matière de stabilité politique. Mais, il n’en fût rien.

L’euro a passé cette épreuve du feu sans encombre. Et la tendance n’a fait que se confirmer avec l’élection d’Emmanuel Macron et avec l’embellie économique en zone euro.

Tel est pris qui croyait prendre

Ce que Trump redoutait, il l’a en quelque sorte déclenché. Par son inaptitude à gérer les tensions au niveau géopolitique et à mettre en œuvre ses promesses de campagne, il a renforcé la crédibilité de l’euro qui devient une réelle alternative au dollar en tant que monnaie de réserve internationale. Et cette nouvelle posture de la devise européenne tend à soutenir son appréciation.

Pour autant, si les banquiers centraux et si les fonds de pension internationaux ont pris la décision de diversifier leur panier de monnaies en faveur de l’euro, reste que les bourses européennes n’en profitent guère. Les divers indices boursiers européens enregistrent de piètres performances depuis deux mois. La tendance s’oriente à la baisse. Alors pourquoi ? Les indicateurs économiques sont au vert et les perspectives de la zone euro sont au beau fixe. La consommation des ménages reprend des couleurs et même l’investissement qui patinait depuis des semestres sort la tête de l’eau.

Les incertitudes de Draghi

Il semblerait que les incertitudes se situent davantage au niveau de la politique de la Banque Centrale Européenne (BCE). Alors que celle-ci avait annoncé la fin progressive de son assouplissement monétaire (injection massive de liquidités sur les marchés obligataires), la voilà prise en étau avec l’appréciation de l’euro qui ralentit notamment les perspectives de progression de l’inflation. Aujourd’hui, la hausse de l’indice des prix est de 1,3%. Cette augmentation modérée des prix pourrait ralentir avec la baisse de l’inflation importée si l’euro continuait sa progression.

La BCE va avoir bien du mal à adapter sa politique face à ce nouvel environnement. Car si elle réduit trop vite son soutien à l’économie (tapering) alors elle risque de tuer la croissance dans l’œuf. En revanche, la dynamique qui s’est installée en particulier en Allemagne et en Espagne réclame une normalisation de sa politique monétaire.

En d’autres termes, il n’y a pas pour l’heure de bonne solution. Reste un espoir, celui de voir l’euro se stabiliser autour de son cours actuel à 1.20 dollar qui demeure son niveau moyen de long terme.

Vers son niveau de longue période

D’un point de vue macro-économique, on peut espérer que ce niveau soit maintenu même s’il reste en deçà de sa valeur théorique (selon la PPA, le cours de l’euro devrait être proche de 1,30 dollar). Mais, tout dépendra de l’appréciation des marchés internationaux sur les capacités de Trump à présider. Pour sa défense, la baisse du dollar s’est aussi matérialisée face au yuan. Pour rappel, il avait dénoncé la « manipulation » de Pékin pour sous-évaluer sa monnaie. La devise chinoise a gagné plus de 3% par rapport au billet vert depuis le début de l’année. Une petite victoire à son actif même si, in fine, c’est bien le dollar qui baisse face à l’ensemble des monnaies internationales.

Au final, alors que jusqu’à présent l’euro et le yuan peinaient à se frayer une place dans les réserves internationales, Trump pourrait inverser la tendance. En particulier pour la monnaie unique, qui devient peu à peu la devise alternative au dollar en tant que monnaie de réserve internationale.

Stéphanie Villers , 31 août

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