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Trump, deuxième année : à quoi les investisseurs en actions américaines doivent-ils s’attendre ?

Le président des États-Unis, Donald Trump, a connu une première année mouvementée au pouvoir, celle-ci s’achevant par un « shutdown » éclair du gouvernement. Le coup d’envoi du programme de réforme en faveur des entreprises a été sifflé juste avant Noël avec l’adoption d’une grande réforme fiscale.

Le président des États-Unis, Donald Trump, a connu une première année mouvementée au pouvoir, celle-ci s’achevant par un « shutdown » éclair du gouvernement. Le coup d’envoi du programme de réforme en faveur des entreprises a été sifflé juste avant Noël avec l’adoption d’une grande réforme fiscale. Le Dow Jones a de ce fait atteint des sommets et dépassé le seuil symbolique des 26 000 points.

Après une hausse d’une telle ampleur, les investisseurs peuvent légitimement craindre un effondrement imminent du marché. Mais nous pensons que le potentiel de croissance des actions américaines ne s’est pas encore totalement exprimé.

Une période faste pour l’économie ?

La croissance économique était en phase d’accélération avant même la réforme fiscale. Mais cette dernière pourrait bien donner naissance à un véritable boom économique. La nouvelle législation devrait provoquer une augmentation des flux de trésorerie disponible, un phénomène qui sous-tend généralement la création de richesse et la croissance économique. En outre, toutes choses égales par ailleurs, les dépenses d’investissement devraient croître puisqu’elles seront immédiatement déductibles.

Enfin, l’avantage accordé jusqu’ici aux entreprises qui investissent à l’étranger va être fortement diminué. Ceci va générer de la croissance aux États-Unis.

Les gagnants de la réforme fiscale

Les investisseurs en actions américaines vont connaître une période captivante dans les mois qui viennent. Les entreprises domestiques fortement taxées, petites et grandes, devraient être les grandes gagnantes de la réforme, notamment celles des secteurs financier et industriel ainsi que certains producteurs de biens de consommation. Tout n’est toutefois pas perdu pour les multinationales. La réforme fiscale vise également à stimuler le rapatriement des liquidités vers les États-Unis, et les entreprises qui ont accumulé de la trésorerie à l’étranger pourront donc en disposer après paiement d’un impôt à taux réduit. Les grandes entreprises du secteur de la technologie devraient en tirer profit, à l’instar d’Apple qui dispose d’une trésorerie de 250 milliards de dollars US à l’étranger. L’entreprise a d’ailleurs récemment annoncé son intention de rapatrier l’essentiel de ses liquidités moyennant le paiement de 38 millions de dollars d’impôt au gouvernement américain. Elle souhaite investir sur le territoire américain et, notamment, construire un nouveau campus et créer des emplois. Autant de projets positifs pour les États-Unis.

Les données sont devenues la nouvelle « matière première »

Comme le pétrole auparavant, les données jouent désormais le rôle clé de déterminant de la croissance économique. Les entreprises technologiques qui fondent leur future croissance sur le développement de leur capacité à gérer des données nous semblent particulièrement prometteuses. Le commerce en ligne prolifère et les commerces traditionnels perdent des parts de marché. La demande en surface de bureaux décroît parce que les employés sont de plus en plus nombreux à travailler depuis leur domicile. Cette révolution perturbe de nombreuses entreprises, mais certaines autres sortent du lot, notamment Alphabet et Facebook.

La revanche des geeks ?

Par ailleurs, les entreprises dont les activités sont continuellement remises en cause par les avancées technologiques devraient elles aussi tirer profit de la réforme fiscale. Elles sont rodées à la gestion des effets perturbateurs de la technologie et ont démontré leur capacité d’adaptation. Les médias traditionnels ont par exemple subi une pression considérable à mesure que se sont développés les nouveaux modes de consommation du divertissement fondés sur la technologie. Mais certains d’entre eux ont réagi en créant leurs propres services « over-the-top » et en procédant à des acquisitions dans ce domaine.

Les actions de ces entreprises sont, pour la plupart, bon marché. Et elles pourraient générer des rendements attrayants quand le marché estimera qu’elles ont survécu à la tempête qu’elles ont traversée.

En ce début de deuxième année du mandat du président Trump qui voit s’inscrire dans la loi une réforme fiscale radicale très attendue, les investisseurs peuvent légitimement craindre que le marché particulièrement bien portant des actions américaines subisse une correction. Mais nous pensons que les États-Unis offrent encore des perspectives prometteuses aux investisseurs européens suffisamment persévérants pour exploiter ces tendances lourdes.

Kurt Feuerman , 30 janvier

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