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Tout ce qu’il faudra

La semaine passée, la BCE a procédé à un nouvel abaissement de ses taux. Pendant quelque temps, les observateurs de marché ont débattu de façon animée sur la question de savoir si une poursuite de l’abaissement des taux – même en territoire négatif – aurait un impact significatif. Une grande partie des obligations d’État européennes se négocient actuellement à des taux...

La semaine passée, la BCE a procédé à un nouvel abaissement de ses taux. Pendant quelque temps, les observateurs de marché ont débattu de façon animée sur la question de savoir si une poursuite de l’abaissement des taux – même en territoire négatif – aurait un impact significatif. Une grande partie des obligations d’État européennes se négocient actuellement à des taux négatifs, ce qui inquiète de nombreux investisseurs.

Ces derniers mois, les banques ont également été à nouveau sous pression, la contraction des marges d’intérêts impliquant une réduction des revenus. Certains redoutent que la reprise naissante du crédit dans la zone euro soit de courte durée. La banque centrale est consciente de ces craintes et a adopté des mesures supplémentaires pour encourager le crédit. Les banques qui augmenteront leur octroi de crédit seront « récompensées » par le biais de nouvelles opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO).

En encourageant les prêts et en augmentant l’offre de crédit, la BCE s’efforce de relancer l’économie. Néanmoins, la demande reste à la traîne. Les consommateurs ont certes accru leurs dépenses et la reprise économique est jusqu’à présent essentiellement imputable à cette hausse. En revanche, les investissements des entreprises sont à la traîne, en partie parce que les sociétés ne distinguent guère de perspectives de croissance. En outre, il subsiste des capacités excédentaires au sein de l’économie. Pourquoi les entreprises investiraient-elle davantage si les perspectives d’une accélération de la croissance sont si limitées ?

Un peu d’aide

Les chiffres de la croissance économique du quatrième trimestre de 2015, qui montrent que la croissance des investissements s’améliore, ont été encourageants. Toutefois, compte tenu du contexte économique incertain, un coup de pouce serait particulièrement bienvenu. La BCE ne peut pas intervenir à ce niveau de façon immédiate, mais les gouvernements le peuvent. Maintenant que les moyens d’action de la BCE commencent à s’épuiser, les gouvernements doivent prendre le relais pour soutenir la croissance. Ils ont pu emprunter à des taux historiquement faibles depuis un certain temps déjà – certains offrent même des taux négatifs –, de sorte qu’il est désormais attrayant pour eux d’investir.

Avec son fameux discours de juillet 2012 dans lequel il s’est engagé à faire tout ce qu’il faudra pour sauver l’euro et les mesures qui ont suivi, Mario Draghi a démontré que la BCE et lui-même étaient fermement résolus à soutenir la zone euro. Néanmoins, il a répété à maintes reprises que les gouvernements avaient également un rôle à jouer, sous la forme de réformes et d’investissements. Jusqu’à présent, ces derniers ont été quasiment invisibles, alors que le contexte de taux extrêmement faibles offre aux pouvoirs publics une opportunité unique d’investir dans la formation, les énergies renouvelables et diverses formes d’infrastructure. Ceci ne manquerait pas de soutenir tant la tendance cyclique à court terme que le potentiel de croissance économique à long terme. Ceci stimulerait également les investissements privés, alors que la charge de la dette augmenterait à peine. Les gouvernements qui peuvent se financer à un taux négatif sont en effet payés pour investir dans leur propre futur !

La question est donc de savoir qui montrera le bon exemple. Un plan d’action coordonné à l’échelle de la zone euro serait de toute évidence préférable. Néanmoins, il n’y a pas si longtemps, une femme politique réputée a déclaré « Wir schaffen das » (nous y arriverons) et nous savons tous où cela nous a mené jusqu’ici…

Valentijn van Nieuwenhuijzen , 22 mars

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