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Tiens revoilà l’inflation…

La lecture des dernières statistiques économiques nous conforte dans notre vision optimiste sur l’économie américaine. Même l’industrie semble repartir, après plusieurs trimestres de recul. Le marché de l’emploi reste vigoureux et le retour récent de deux millions de personnes dans la population active coupe l’herbe sous le pied...

La lecture des dernières statistiques économiques nous conforte dans notre vision optimiste sur l’économie américaine. Même l’industrie semble repartir, après plusieurs trimestres de recul. Le marché de l’emploi reste vigoureux et le retour récent de deux millions de personnes dans la population active coupe l’herbe sous le pied de ceux qui considéraient que les chiffres du chômage n’étaient pas crédibles. Petit à petit ces éléments vont s’imposer, même à ceux qui demeurent sceptiques et qui annoncent depuis des mois une récession américaine. La croissance américaine devrait être solide en 2016.

Au milieu de ces nouvelles encourageantes, un élément contrariant semble émerger, petit à petit, à l’abri des regards : le retour de l’inflation. Les commentaires de nombreux économistes sur la déflation qui menaçait les USA nous avait conduits à oublier cette possibilité. La hausse des prix est aujourd’hui masquée par la chute du pétrole et des matières premières. Les prix se stabilisant, l’effet de base favorable va disparaître et les chiffres vont automatiquement se retourner à la hausse. Si l’on s’en tient à l’inflation de base, on constate une progression régulière avec un dernier chiffre pour février de 2,3%, soit au-dessus de l’objectif de la FED (2%). Cette hausse est logique dans une situation de plein emploi accompagnée d’augmentations de salaires modérées mais régulières.

Une légère remontée de l’inflation n’est pas une mauvaise nouvelle car elle permet de réduire petit à petit la dette. Elle dessert en revanche le rentier qui voit la rentabilité de ses placements sans risque diminuer.

L’écueil, si l’on n’y prend garde serait de ne plus pouvoir la contrôler, comme un incendie qu’on aurait laissé se développer par négligence.

Milton Friedman disait : «  l’inflation est comme l’alcoolisme. Lorsqu’un homme se livre à une beuverie, le soir même cela lui fait du bien. Ce n’est que le lendemain qu’il se sent mal  ». Les taux courts vont remonter d’ici à la fin de l’année. Yanet Yellen agira à minima, selon nous, deux fois en 2016, ou alors elle prendrait le risque de perdre crédibilité et confiance. Son dernier discours très prudent est troublant. A force d’attendre, elle pourrait être contrainte de courir après un phénomène qui lui aurait échappé, provoquant une forte correction du marché obligataire.

Les chiffres inflationnistes aux USA et l’analyse qui en sera faite par la FED, seront par conséquent des éléments importants qui guideront largement nos investissements financiers.

L’Europe ne connait pas ce risque aujourd’hui. La BCE et les différents gouvernements sont toujours en train de lutter, avec succès, contre les risques de récession et de déflation. La politique monétaire ultra accommodante ne pose pas de problème à ce stade du cycle. Elle a eu pour conséquence de relancer le crédit sur l’ensemble de la zone, mettant ainsi de l’huile dans les rouages des différents pays. La tendance économique de l’Europe, quoiqu’encore fragile, est sur de bons rails et pourrait surprendre positivement en 2016.

Le monde ne devrait pas connaître cette année de réel problème de croissance. C’est une bonne nouvelle, qui ne suffira pas cependant à faire monter automatiquement les marchés. La cohérence des politiques monétaires, la qualité des résultats des sociétés, la parité euro dollar et d’éventuels évènements géopolitiques (Brexit, crise des migrants, terrorisme…) donneront la tendance de ces prochains mois. La volatilité restera forte et nous obligera à garder une certaine prudence.

Emmanuel Auboyneau , Xavier d’Ornellas , 5 avril

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