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Terre ferme

A peine la rentrée passée, il n’aura pas fallu longtemps aux investisseurs pour retrouver le sens des réalités. Et tourner, par la même occasion, la page estivale dorée à l’excès. Après la déception suscitée par le statu quo de la BCE, les marchés ont, en effet, continué de sombrer la semaine passée.

Et ce n’est pas celui de la BoE qui est cette fois à l’origine de cet accès de déprime mais à un autre statu quo, celui tant attendu de la Fed cette semaine. Cependant la tendance clairement baissière semble également dictée par une prise de conscience, un besoin impérieux d’opérer un retour à la terre ferme.

L’absence jusqu’ici d’impact post-Brexit et, parallèlement, le renforcement d’un cadre monétaire accommodant au moins jusqu’à la fin de l’année, ont largement altéré la perception des investisseurs durant l’été. Signe de cette distorsion, le plus haut historique touché par le S&P 500 quelques semaines seulement après le Brexit dans un contexte orné essentiellement d’incertitudes.

Une irrationalité qui pouvait difficilement perdurer dès lors que les banques centrales balisaient le terrain pour les mois à venir en assurant les marchés de leur bienveillance. Car, paradoxalement et au-delà de la semaine à venir, en fixant un cadre monétaire clair, les grands argentiers ont ainsi enlevé tout nouveau prétexte d’appréciation aux marchés.

Alors que nous étions depuis la fin juin dans un marché d’anticipations – portant essentiellement sur les politiques monétaires – l’environnement de rentrée se veut donc plus proche de la réalité. L’occasion de revenir sur les débordements de l’été et de rectifier certains excès de cette phase.

L’illustration la plus flagrante en est, sans aucun doute, l’évolution du Bund à 10 ans. Après la victoire du Brexit au référendum anglais, fin juin, le taux souverain allemand – référence en Europe - s’enfonçait sans plus attendre dans le rouge et touchait un plus bas historique à -0.18 %.

Ce taux négatif illustrait, plus que tout, les craintes qui planaient alors sur le devenir d’une Union européenne amputée de l’un de ses membres. Malgré l’absence de stigmates post-Brexit, le Bund allemand s’était jusqu’ici maintenu en territoire négatif avant d’en sortir en début de semaine dernière.

Néanmoins l’équilibre reste fragile. Tout porte désormais à croire que, dans les semaines à venir, indicateurs ou calendrier politique européen – notamment en Italie – vont encore faire évoluer ces lignes de front.

David Ganozzi , 21 septembre

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