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Taux d’intérêt, miroir du risque politique

200 milliards d’euros. C’est ce que la France devrait emprunter en 2017. Toute la question est de savoir à quel taux d’intérêt l’Etat français va se financer. Il y a six mois, elle n’avait pas lieu d’être. Les taux à 10 ans français et allemands étaient quasiment identiques et faibles. Mais depuis, les choses ont bien changé...

200 milliards d’euros. C’est ce que la France devrait emprunter en 2017. Toute la question est de savoir à quel taux d’intérêt l’Etat français va se financer. Il y a six mois, elle n’avait pas lieu d’être. Les taux à 10 ans français et allemands étaient quasiment identiques et faibles. Mais depuis, les choses ont bien changé. Dès l’élection de Donald Trump, apparaît une prime spécifique en France traduisant la défiance des investisseurs face à un vote populiste lors de l’élection présidentielle de mai prochain. Une prime qui s’est renforcée ces dernières semaines, matérialisée par un élargissement des spreads entre l’OAT français et le Bund allemand. Cette remontée des taux est en partie le miroir du risque politique. Avec les révélations du « Penelope gate », les marchés réévaluent les chances de victoire de Marine Le Pen, la seule à prôner la sortie de la zone euro, synonyme de perte pour les créanciers de l’Hexagone notamment les internationaux, peu familiers avec le système électoral français. La perspective d’un « Frexit » pèse sur la zone euro. Ainsi, les taux italiens - autre pays à fort risque politique - se sont nettement tendus en raison des interrogations sur la qualité et la notation de la dette publique. De même, la crise grecque est de retour, et avec elle la question du Grexit. S’ajoutent des paris tactiques contre la dette française de la part de spéculateurs tentés de déstabiliser le marché pour gagner de l’argent.

David Ganozzi , 14 février

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