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Stigmates post-Brexit

Il faut s’y faire. Le Brexit est désormais une réalité avec laquelle il va falloir apprendre à vivre. Plus que les « Minutes » de la Fed, celles de la BCE publiées la semaine dernière n’ont fait que confirmer les craintes de l’instance monétaire européenne avant même le scrutin.

Estimant qu’un tel événement serait une « source importante de volatilité », l’institution de Francfort estimait déjà lors de sa dernière réunion à Vienne, début juin, qu’un tel scénario « pourrait avoir des répercussions défavorables, quoique difficiles à anticiper pour la zone euro ».

Elle pointait ainsi du doigt les conséquences directes d’un tel choix pour le commerce et les marchés financiers. Mais il se trouve que les premiers stigmates post-Brexit sont apparus la semaine dernière dans un tout autre domaine, celui de l’immobilier.

Plusieurs gérants ont en effet gelé les retraits sur certains fonds immobiliers investis principalement dans des bureaux ou des centres commerciaux. Une mesure exceptionnelle qui entend répondre à l’afflux de clients souhaitant vendre leur part dans la perspective d’une récession de l’économie britannique. Et cela ne fait que commencer…

Mais il n’y a pas que le Brexit dans la vie. Il y a la conjoncture aussi. Et sur ce point, les dernières nouvelles du front sont plutôt encourageantes même si elles témoignent d’un contexte qui, depuis le référendum anglais, a irrémédiablement basculé dans une autre dimension.

En Europe, l’indice PMI composite est ressorti dans sa version finale à 53,1 points en juin – contre 52,8 points précédemment et anticipés. Parallèlement, les ventes au détail ont progressé entre avril et mai de 0,4% (1,6 % sur un an) soit la plus forte progression mensuelle depuis le début de l’année. En clair, ces chiffres sont peut-être les dernières preuves – s’il en fallait – que jusqu’au Brexit tout allait pour le mieux.

Et pour accentuer un peu plus cet amer constat, il est intéressant de faire contraster ces chiffres avec ceux de la confiance des consommateurs britanniques (GfK) qui s’est effondrée de 8 points à -9, enregistrant son plus fort recul depuis 21 ans ! Au-delà de l’Europe, les États-Unis ont aussi fourni des motifs de satisfaction aux investisseurs.

En premier lieu avec l’indice ISM non-manufacturier qui a rebondi à 56,5 points en juin, soit son plus haut niveau depuis novembre dernier. Ou encore avec les créations d’emplois qui ont été de 287.000 le mois dernier – loin des 175.000 anticipées par le consensus.

David Ganozzi , 20 juillet

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