Santé : Myria AM invite à se positionner sur les laboratoires innovants

Depuis le début de l’année, le secteur de la santé, traditionnellement défensif n’a pas joué son rôle : le Stoxx 600 santé a baissé de 8.1% au 8 avril. En parallèle, les analystes ont révisé en hausse de près de 1% leurs attentes de bénéfices (contre une baisse de 4.7% pour l’ensemble des titres de l’indice).

Depuis le début de l’année, le secteur de la santé, traditionnellement défensif n’a pas joué son rôle : le Stoxx 600 santé a baissé de 8.1% au 8 avril. En parallèle, les analystes ont révisé en hausse de près de 1% leurs attentes de bénéfices (contre une baisse de 4.7% pour l’ensemble des titres de l’indice). Les gros laboratoires à l’instar de Roche, d’AstraZeneca, de Merck et de Novartis ont vu leurs cours baisser de plus de 10%.

Pour autant, est-ce le bon moment pour se positionner sur le secteur ? L’analyse de Nicolas Lasry, gérant chez Myria AM.

Hillary Clinton fait souffler un vent de panique sur le secteur de la santé aux États-Unis

En septembre 2015, Hillary Clinton avait affiché sa volonté de mettre en place un plan destiné à contenir les prix « scandaleux » des médicaments. Suite à sa montée dans les sondages, les investisseurs se sont mis à anticiper une forte baisse des prix des médicaments. Les sociétés de biotechnologie [1] ont été particulièrement concernées par le phénomène.

En outre, ces déclarations font suite à la multiplication par 50 du prix du Daparim, un médicament destiné à lutter contre la Toxoplasmose [2], à 750 dollars par pilule. La hausse de prix n’a pas vocation à rentabiliser des investissements de recherche et développement : elle a en effet été réalisée pour rentabiliser le coût du rachat des droits par Turin Pharmaceutical au prix de 55 millions de dollars. Turin Pharmaceutical a ainsi réussi à tirer profit d’une faille du système de santé sur un micromarché. Le tweet d’Hillary Clinton visait donc les sociétés ayant abusé de hausses de prix sans réellement innover.

Les dépenses de santé devraient rester au cœur du débat présidentiel puisqu’aux États-Unis, les dépenses de santé par habitant représentent 17% du PIB et 10 000 USD par an et par personne. Il faut ainsi s’attendre à ce que le futur gouvernement cherche à contenir ces dépenses, notamment en cas de victoire des Démocrates. Un contrôle plus strict du prix des médicaments, dont le remboursement représente 10% des dépenses globales allouées à la santé, semble donc très probable.

Des titres exposés au risque de pression sur les prix

L’enjeu pour le gouvernement américain résidera dans le fait de contenir les prix des médicaments qui plombent le budget de santé notamment pour les traitements des maladies les plus répandues et présentant un caractère chronique, qui, par définition sont source de dépenses récurrentes.

  • Le diabète, premier domaine thérapeutique en termes de coûts publics de santé, pour lequel les prix ont été multipliés par 1.7 en moyenne sur 4 ans, constitue un bon exemple.

En effet, les prix ont d’ores et déjà commencé à baisser depuis 18 mois, alors que les nouveaux traitements obtiennent des niveaux de remboursement décevants.

À ce titre, Myria AM reste prudente sur Sanofi et Novo Nordisk, les deux leaders mondiaux du diabète (un oligopole qui se délite par ailleurs avec l’offensive d’Eli Lilly).

  • Dans une moindre mesure, d’autres segments semblent présenter un risque, comme le traitement du cholestérol ou des insuffisances cardiaques et respiratoires.

Le conseil de Myria AM : miser sur la R&D et les laboratoires innovants

Si la volatilité risque de perdurer d’ici les élections présidentielles nord-américaines, il semble préférable de se focaliser sur les laboratoires innovants. En effet, les gouvernements ne peuvent pas exercer une trop forte pression sur les prix de remboursement des molécules récentes au risque de pénaliser la recherche et les avancées thérapeutiques.

À ce titre, l’industrie apparaît à l’aube d’une vague d’innovations, notamment dans la lutte contre le cancer : le développement des thérapies ciblées et de traitement d’immuno-oncologie devraient permettre de mieux traiter certains cancers. Le laboratoire suisse Roche semble particulièrement bien positionné avec plusieurs molécules en phase 3 [3].

Par ailleurs, la défiance pour le secteur a créé des opportunités pour prendre position sur des titres qui ne sont pas exposés au risque de pression sur les prix évoqué plus haut tels que :

  • Grifols le leader du plasma sanguin
  • ou encore LivaNova, une société issue de la fusion entre Sorin et Cyberonics, qui dispose de positions fortes sur le segment des équipements cardio-pulmonaires et de la neuro stimulation.

Nicolas Lasry , 2 mai

Notes

[1] L’indice Nasdaq Biotech baisse de 18% en dollars depuis le 1er janvier avec un plus bas à -28% le 11 février.

[2] Maladie touchant le système immunitaire des patients atteints du Sida ou sous chimiothérapie.

[3] Dernière phase de recherche avant la mise sur le marché en cas de validation par la FDA (Federal Drug Administration) aux États-Unis et l’EMA (European Medecines Agency) en Europe

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