S’adapter à un monde dominé par la croissance intérieure

Selon Christophe Donay, Responsable de l’allocation d’actifs et de la recherche macroéconomique, Pictet Wealth Management, les actions des économies développées présentent encore un potentiel de hausse, toutefois limité. Les valorisations sur les marchés développés se situent à des niveaux historiquement élevés, même si un éventuel rebond des bénéfices pourrait apaiser les doutes...

Ces derniers mois, des organismes internationaux tels que le FMI et la Banque mondiale ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance économique. Dans une économie mondiale caractérisée par une croissance atone et après des années d’austérité, les grands pays développés en Europe, aux Etats-Unis et au Japon tentent de stimuler la demande intérieure. Ce stimulus s’avère d’autant plus nécessaire que l’assouplissement quantitatif mis en œuvre par les banques centrales montre ses limites.

On commence donc à voir se dessiner les contours d’une éventuelle « resynchronisation » des cycles économiques, à la fois développés et émergents, basée sur la même volonté de renforcer la demande intérieure, y compris en Chine. Cela pourrait constituer une chance pour l’économie mondiale à un moment où les politiques monétaires, elles, restent désynchronisées : alors que la Fed devient moins accommodante, la BCE et la Banque du Japon poursuivent leurs programmes d’assouplissement quantitatif. Certes, jusqu’ici, le succès de ce « virage » vers la demande intérieure n’a pas été total partout : si aux Etats-Unis la consommation est relativement soutenue et si les premiers signes d’amélioration apparaissent en Europe, elle peine à décoller au Japon.

Il n’en reste pas moins que cette nouvelle focalisation sur la demande intérieure a des implications importantes pour les investisseurs dans les différentes classes d’actifs.

Les actions des économies développées présentent encore un potentiel de hausse, toutefois limité. Les valorisations sur les marchés développés se situent à des niveaux historiquement élevés, même si un éventuel rebond des bénéfices pourrait apaiser les doutes.

Le risque d’une hausse des taux à long terme fait peser un risque asymétrique sur les obligations d’Etat. Même en continuant à jouer un rôle protecteur, des taux de plus en plus bas (voire négatifs) rendent les obligations d’Etat de référence progressivement moins attractives d’un point de vue rendement-risque.

Dans un environnement de croissance modéré avec peu d’inflation, les obligations d’entreprise restent relativement attractives. Alors que le taux de défaut progresse aux Etats-Unis, les obligations d’entreprises européennes bénéficieront du programme de rachat de la dette d’entreprise de la BCE.

Le dollar conserve un potentiel limité face à l’euro et il faudra surveiller de près l’évolution du yuan non seulement par rapport au dollar, mais aussi aux autres monnaies asiatiques.

Christophe Donay , 21 juin

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