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Repenser la finance

La transformation numérique dans les services financiers n’épargnera pas les gérants d’actifs. Aucun d’entre eux ne doute de la nécessité de participer à ce changement radical vers le numérique. Mais ils sont nombreux à avoir mis un certain temps à adopter les nouvelles technologies. Or ces entreprises doivent savoir se montrer réceptives aux changements qu’apporte cette rupture et prendre au sérieux l’innovation technologique, sous peine d’en subir les contrecoups.

Selon une récente étude de State Street [1] – Finance Reimagined : Finding Long-Term Value in a Digital Age – 28 % des sociétés d’investissement reconnaissent accuser un retard sur leurs concurrents en termes d’application des technologies numériques dans leurs activités. Dans cette enquête, State Street a examiné cinq technologies émergentes susceptibles de transformer le secteur de la finance au cours des prochaines années.

La blockchain se déploie au-delà de son origine dans la crypto-technologie

La blockchain s’est déployée bien au-delà de son application initiale. Si cette technologie a d’abord émergé en tant qu’infrastructure sous-tendant les crypto-monnaies comme le Bitcoin, elle peut aussi être utilisée pour créer un registre numérique inaltérable des transactions, des accords et des contrats, sans intervention d’un organe central de contrôle.

Sa pertinence dans l’univers de la finance ne doit pas être sous-estimée. La blockchain pourrait permettre aux sociétés d’investissement d’automatiser la compensation et les transferts d’actifs, dégageant ainsi des économies considérables.

Un rapport de Santander en 2015 a projeté que les banques pourraient économiser jusqu’à 20 milliards de dollars par an d’ici 2022 si elles incorporaient la technologie blockchain dans leurs systèmes de back-office [2]. En garantissant la véritable intégrité et finalité des données, elle supprimerait le besoin d’intermédiaires comme les chambres de compensation entre les contreparties des opérations sur dérivés, ou les agents de transfert entre les gestionnaires d’actifs et leurs investisseurs.

L’analyse prédictive peut contribuer à rationaliser la gestion de portefeuille

L’analyse prédictive peut aider les institutions financières à gérer le risque de manière plus efficace, ou à suivre l’évolution des préférences de leurs clients. Selon la recherche de State Street, 44 % des entreprises pensent que l’utilisation de modèles prédictifs jouera un rôle majeur pour faire face à la transformation des tendances de marché et des attentes des investisseurs au cours des cinq prochaines années.

Cela pourrait inclure le déploiement raisonnable de données non structurées (c.-à-d. des opinions exprimées sur les réseaux sociaux) afin de prédire les traits de comportement des clients. L’internet des objets (« Internet of Things » ou IoT), qui exploite des données sur les habitudes des utilisateurs, se traduira par un afflux de données permettant aux sociétés d’investissement de proposer à leurs clients des produits flexibles et sur mesure.

En identifiant les tendances du marché à partir de modèles tirés d’un vaste échantillon de données, collectées à travers l’ensemble du système financier, les sociétés d’investissement seront plus à même d’automatiser leurs services de conseil et de rationaliser le processus de décision dans la gestion de portefeuille.

L’intelligence artificielle gagne du terrain

Les outils d’intelligence artificielle peuvent compléter la gestion de portefeuille grâce à une analyse exhaustive des cours et des volumes journaliers du marché, des données macroéconomiques et des documents comptables de l’entreprise. L’apprentissage automatique—un processus qui permet à la technologie de répliquer des schémas acquis sur de nouvelles données—peut aider les entreprises à améliorer leur prise de décision.

Certaines sociétés d’investissement adoptent déjà l’apprentissage automatique et l’intelligence artificielle, ce qui leur permet d’obtenir une analyse rapide des données dans leur processus de courtage. D’autres vont plus loin, faisant appel à l’intelligence artificielle pour exécuter des opérations boursières sans aucune intervention humaine.

Les sociétés d’investissement reconnaissent le potentiel de cette technologie : 49 % d’entre elles ont affirmé lors de l’enquête de State Street qu’elles s’attendent à utiliser l’intelligence artificielle dans les cinq prochaines années.

Suivi de la performance en temps réel

La migration vers des plateformes reliées au cloud et l’adoption croissante d’outils d’analyse des données extrêmement sophistiqués rendent désormais possible de suivre la performance des actifs en temps réel. Le principal avantage de cette avancée technologique est de permettre aux sociétés d’investissement d’identifier immédiatement les changements d’orientation des conditions de marché, ce qui leur donne un avantage compétitif.

Les entreprises en ont d’ailleurs pris note : 57 % des participants à l’enquête de State Street ont déclaré vouloir adopter des systèmes de suivi en temps réel au cours des cinq prochaines années—une hausse par rapport aux 38 % qui en sont équipés aujourd’hui. Grâce à une telle technologie, les gestionnaires d’actifs pourraient accéder à toute la recherche et à l’analyse nécessaires sur des transactions potentielles avant l’ouverture du marché.

Identifiant informatique basé sur la biométrie

La blockchain, l’intelligence artificielle et le suivi en temps réel sont autant d’innovations qui représentent une opportunité de croissance commerciale phénoménale pour les sociétés d’investissement. Mais si les marchés sont affectés par une rapide transformation technologique, les menaces auxquelles sont confrontés les acteurs de ces mêmes marchés évoluent tout aussi rapidement. Le passage à l’électronique des titres sur papier a sans doute permis d’éliminer de nombreux processus manuels, mais il a en revanche précipité la dématérialisation du risque.
Les atteintes à la cybersécurité sont une énorme menace pour les institutions de services financiers qui s’adaptent au changement technologique. Les investisseurs sont conscients des risques cybernétiques. Ces nouvelles menaces appellent inéluctablement de nouvelles solutions. Citons en exemple l’authentification biométrique : les entreprises font appel aux technologies biométriques, notamment la reconnaissance vocale, la reconnaissance des visages et l’identification par empreintes digitales, afin de vérifier l’identité des clients.

Ce phénomène technologique n’est pas nouveau, mais il est de plus en plus complexe et précis. Certaines entreprises peuvent désormais aller jusqu’à faire appel à la biométrie comportementale pour analyser, par exemple, l’interaction des clients avec leurs appareils technologiques. Ce procédé peut observer la vitesse ou la force avec laquelle ceux-ci appuient sur les touches du clavier pour se connecter, ou comment ils font défiler l’écran de leur smartphone ou tablette. La biométrie peut aider à signaler toute anomalie comportementale. Par conséquent, pour rassurer leurs clients, les sociétés d’investissement devront intégrer des protocoles de sécurité avancés dans leurs mécanismes de protection.

Raphaël Remond , 6 juin

Notes

[1] Repenser la finance : Générer de la valeur à long terme à l’ère numérique. Données issues de l’étude Wealth and Asset Management 2021 de Roubini ThoughtLab, sponsorisée par State Street. Fondée sur une analyse quantitative élargie, portant sur 2000 investisseurs et 500 sociétés de gestion de fortune ; modélisation économique et prévisions à travers 25 pays ; avis d’experts recueillis auprès de plus de 40 leaders du marché, économistes, spécialistes de la technologie et spécialistes de l’investissement.

[2] http://www.coindesk.com/santander-b...

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