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Quelques bonnes raisons de ne pas redouter la hausse des taux d’intérêt

Selon Gershon Distenfeld, AB Global High Yield Portfolio Manager chez AllianceBernstein, les obligations ont toujours affiché des rendements positifs durant les phases haussières des taux d’intérêt – et tout particulièrement en cas de hausse progressive.

Les investisseurs du marché obligataire doivent-ils s’inquiéter du durcissement des politiques monétaires de part et d’autre de l’Atlantique ? Nous pensons que non. Les obligations ont toujours affiché des rendements positifs durant les phases haussières des taux d’intérêt et tout particulièrement en cas de hausse progressive.

Bien sûr, nous comprenons l’inquiétude des investisseurs. Après la crise financièremondiale, les banques centrales ont artificiellement soutenu les marchés et l’économie mondiale en abaissant les taux d’intérêt jusqu’à des niveaux jamais atteints,mais aussi en achetant des milliards de dollars d’obligations. Mettre fin à des mesures de stimulationmonétaire d’une telle ampleur ne sera pas chose aisée.

Mais cette transition ne sera pas nécessairement douloureuse ou perturbante. Nous pensons en effet que les banques centrales vont se retirer du jeu très progressivement.

Les taux d’intérêt sont en augmentation aux États-Unis, mais la Réserve fédérale avance à pas comptés – elle a procédé à quatre hausses en dix-huit mois seulement. Elle devrait également réduire lentement son bilan en laissant probablement chaque mois une partie de ses obligations arriver à échéance sans en réinvestir le produit. Selon la présidente de la Fed, la réduction du bilan devrait, plutôt que de mettre les marchés sens dessus dessous, s’avérer aussi passionnante que de « regarder la peinture sécher ».

Pour sa part, la Banque centrale européenne n’est absolument pas prête à augmenter ses taux d’intérêt. Devant l’amélioration des perspectives de croissance de la zone euro, elle a toutefois annoncé son intention de réduire prochainementle volume de ses achats mensuels d’obligations. Mais, dans ce cas également, nous pensons que les responsables politiques ne vont pas réduire la voilure dans la précipitation.

LES RAISONS POUR LESQUELLES VOUS DEVRIEZ SOUHAITER CETTE HAUSSE DES TAUX

Pourimaginer ce que l’avenirréserve aumarché obligataire, on peut se remémorerle dernier cycle de resserrement durant lequel la Fed a augmenté ses taux 17 fois en deux ans à raison de 0,25 % par hausse. L’indice des bons du Trésor américain à 10 ans ainsi que le marché des obligations à haut rendement ont tous les deux affiché des rendements annualisés positifs (voir le graphique).

Comment est-ce possible ? Les obligations ne sont-elles pas éminemment sensibles aux variations des taux d’intérêt ? C’est bien sûr le cas. Mais, sauf en cas de défaut, elles génèrent également un flux continu de revenu. Et quand les taux d’intérêt augmentent, lesinvestisseurspeuventréinvestirleproduitdeleursobligations arrivées à échéance dans des obligations nouvelles – et qui délivrent un rendement plus élevé. Ce mécanisme permet souvent de compenser les pertes à court terme causées parles hausses de taux et d’augmenter le rendement total.

En d’autres termes, les investisseurs qui comptent sur leurs portefeuilles obligataires pour générer du revenu à long terme devraient appeler de leurs vœux la hausse des taux.

Ils peuvent éprouver davantage de difficultés en cas de hausse brutale – et inattendue – des taux. En 1994, la Fed, craignant une inflation excessive, a adopté un rythme bien plus soutenu pour augmenter ses taux sur une courte période – et elle a procédé sans préavis. Durant ce cycle, l’indice de performance des bons du Trésor américain à 10 ans a perdu près de 4%.

Le marché américain du haut rendement a,quantàlui,connu une croissance de 1,4 % surla même période – ce qui montre que la gestion active des obligations peut obtenir des rendements positifs même en cas d’effondrement des prix des bons du Trésor, notamment en sélectionnant des obligations susceptibles de surmonter des récessions plus sévères sur la base de critères de valorisation et de qualité du crédit.

Les circonstances actuelles sont similaires à celles que nous avons connues en 2004. L’économie progresse à un rythme mesuré, l’inflation est maîtrisée et les pouvoirs publics tentent d’informer clairement les marchés financiers de leurs intentions pour ne pas les prendre par surprise. Dans de telles conditions, les obligations affichent habituellement de bonnes performances.

COMMENT POSITIONNER VOTRE PORTEFEUILLE ?

Commentlesinvestisseursdevraient-ilssepréparer ? Lestenants des STRATÉGIES GÉNÉRATRICES DE REVENUS ÉLEVÉS peuvent envisager de diversifier les risques liés à l’économie et aux taux d’intérêt en adoptant une approche mondiale et multisectorielle. Ils peuvent par exemple intégrer dans leur portefeuille des titres relevant de secteurs qui, comme les actifs titrisés américains, s’appuient sur de solides fondamentaux en matière de crédit et sur les dépenses de consommation.

Les approches de ce type peuvent aussi tirer profit d’une plus forte exposition aux marchés émergents, lesquels sont susceptibles de mieux exploiter la croissance américaine et mondiale. Nous pensons qu’il y a de belles occasions à saisir parmi les obligations en monnaie locale dotées de valorisations attrayantes qui sont émises par des pays qui assainissent leurs finances publiques et ont pris des mesures visant à juguler l’inflation.

Le marché américain à haut rendement (« High Yield ») est entré dans une phase tardive du cycle de crédit. Dans ce contexte, il est important selon nous que les investisseurs se montrent sélectifs sans toutefois délaisser ce marché. Les obligations à haut rendement sont moins sensibles aux taux d’intérêt que les autres titres obligataires. De plus, la stabilité du revenu qu’elles génèrent peut améliorer le rendement total d’un portefeuille, même en cas de hausse des taux d’intérêt.

De leur côté, les investisseurs qui souhaitent adopter un profil moins risqué pourraient envisager une STRATÉGIE DE TYPE BARBELL QUI COMBINE LES RISQUES DE TAUX D’INTÉRÊT ET DE CRÉDIT et permet de procéder à des ajustements à mesure que les circonstances et les valorisations évoluent.

Même en cas de hausse des taux, cette approche supposerait l’acquisition de bons du Trésor et d’autres obligations d’État, lesquelles permettent une diversification conséquente de l’exposition au crédit dans tous les environnements.Àmoyenterme, plus de 90 % du retour sur investissement des bons du Trésor américain proviennent de leur rendement. Cela signifie que la hausse des taux d’intérêt est susceptible de stimuler considérablement le niveau de revenu des investisseurs qui ne feront pas desfluctuations de prix à court terme leur première préoccupation.

Les obligations sont une source particulièrement importante de revenu, mais elles sont aussi un outil de diversification pour ceux qui investissent dans des actions plus risquées. Il est possible que la hausse des taux d’intérêt provoque une certaine volatilité à court terme, mais les investisseurs, dont l’horizon s’étendra sur plusieurs années, seront très probablement récompensés à mesure que les taux d’intérêt croîtront.

Gershon Distenfeld , 10 octobre

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