Prix du pétrole et volatilité du marché

Mark Burgess, CIO EMOA et responsable marchés actions de Columbia Threadneedle, examine l’impact de la volatilité et des prix du pétrole sur les perspectives d’investissement pour les marchés actions. Selon lui, la chute des prix du pétrole a eu un impact considérable sur l’inflation et la grande thématique aujourd’hui est celle du ralentissement de la croissance...

Le modèle de croissance fondé sur le crédit et l’investissement, suivi par la Chine après la crise financière mondiale, a eu notamment pour conséquence d’absorber une grande partie des matières premières mondiales, d’entraîner les prix à la hausse et d’encourager la réduction des capacités dans un environnement caractérisé par la progression continue des marchés de matières premières. La décision du gouvernement chinois d’inverser la vapeur et de remplacer l’expansion du crédit par la consommation en tant que moteur de croissance a eu justement pour effet de mettre un frein à cette envolée des prix. Voilà qui explique l’environnement que nous connaissons aujourd’hui, qui a lui aussi certaines conséquences, en particulier sur les marchés actions.

Si l’on en croit la Banque d’Angleterre, environ la moitié de la baisse de 60% des cours pétroliers observée en 2015 est due à l’augmentation de l’offre. Nous avons noté de nouvelles mises en service, en particulier en Amérique du Nord, et la production de pétrole de schiste et les nouvelles méthodes d’extraction du pétrole ont été encouragées.

La baisse de la demande explique encore quelque 20% du recul des prix pétroliers avec l’abandon par la Chine de son modèle de croissance axé sur l’investissement.

L’augmentation de l’offre a un impact si le pétrole représente l’essentiel du budget d’un Etat. Pour de nombreux pays producteurs d’or noir, on note qu’un baril à 25 dollars a un effet dévastateur sur leur économie.

La chute des prix du pétrole a eu un impact considérable sur l’inflation et il est difficile de se montrer trop pessimistes quant à une remontée de l’inflation, une problématique avec laquelle les banques centrales du monde entier sont justement aux prises actuellement.

Aujourd’hui, la grande thématique est celle du ralentissement de la croissance et de ses effets potentiels sur les marchés. Beaucoup se demandent aujourd’hui si l’on n’assiste pas à un remake de 2008. Le reflux pétrolier met clairement le système financier sous pression et les sociétés de certains secteurs pourraient être mises à mal. Le système financier est solide cela dit. Le secteur bancaire est soutenu par davantage de capitaux aujourd’hui et je pense que l’horizon est bien moins sombre qu’il ne l’était en 2008.

Il n’empêche que la chute des prix des matières premières affectera la croissance des bénéfices et du PIB, et il faudra maintenant amortir une grande partie des capitaux qui ont été investis dans l’exploration et la production de pétrole et de gaz au cours des cinq dernières années, à des taux qui ne sont clairement pas rentables.

Les marchés actions sont confrontés à un problème : depuis cinq ans déjà, ils ont entamé un vaste processus de revalorisation, porté en grande partie par les faibles taux d’intérêt liés à l’assouplissement quantitatif. Aux Etats-Unis et en Europe, cette revalorisation a largement contribué aux rendements obtenus par les investisseurs en actions. Maintenant que cet environnement de faible croissance est devenu la norme, la tendance s’est dans un sens inversée dans un processus d’alignement. Nous voyons donc que les marchés peinent à s’accommoder à ce nouvel environnement.

Il reste cela dit de la croissance, et je pense qu’il s’agit là d’un point sur lequel nous pouvons rester optimistes. Les valorisations sont raisonnables : les sociétés ne sont pour la plupart ni trop onéreuses, ni trop bon marché. Et le rendement du dividende demeure intéressant à nos yeux. En outre, au vu de la hausse plutôt modérée des taux d’intérêt, le rendement du dividende qu’il est possible d’obtenir sur les actions demeure relativement favorable.

Mark Burgess , 1er avril

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