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Gestion de Patrimoine

Pourquoi le Royaume-Uni reste en tête du marché européen des Fusions-Acquisitions Cross-Border

Le marché britannique offre de réels atouts et perspectives aux entreprises françaises qui décident de partir à l’international. A condition toutefois de comprendre les attentes des acteurs et les us et coutumes des affaires outre-Manche.

Le Royaume-Uni est le premier pays européen d’implantation des entreprises françaises : on y compte plus de 3000 filiales de groupes français employant plus de 350 000 personnes et réalisant un chiffre d’affaires de plus 110 Md€. La France est le 2ème pays au monde qui y investit le plus après les Etats-Unis. Surtout le nombre de transactions de fusions-acquisitions effectués par des organisations françaises est même en augmentation (20% de de transactions en plus relevés au premier semestre 2014 pour les chiffres disponibles à ce jour). Et cette tendance semble se confirmer depuis la victoire du parti conservateur aux élections britanniques en mai 2015.

Une dynamique forte donc, qui trouve son explication dans plusieurs facteurs. Tout d’abord, le marché britannique bénéfice d’une croissance économique et de prévisions de croissance particulièrement attractives : 2,8% en 2014, 2,5% en 2015, 2% en 2016 puis 2,1% en 2017 et 2,2% en 2018 prévus pour le moment en 2016 par la BoE. Cela lui a valu de devenir en 2015 la cinquième économie mondiale devant la France.

Ce marché est ensuite perçu par beaucoup d’entreprises comme un tremplin efficace pour se développer dans l’ensemble des pays anglo-saxons, et notamment aux Etats-Unis. En effet le Royaume-Uni permet un apprentissage en Europe de la culture anglo-saxonne ainsi que des pratiques usuelles dans les opérations de fusions & acquisitions. Sans compter les perspectives offertes localement par certains secteurs comme le ferroviaire, l’aérospatial, la chimie, la pharmacie, l’automobile et l’énergie.

Sa taille est comparable à celle de la France. Surtout, le pays est réputé pour son cadre fiscal avantageux et sa grande ouverture : le gouvernement britannique a multiplié les réformes tel que l’abaissement du taux d’IS à 17% en 2020 contre 28% en 2010, ou encore l’augmentation du plafond à 10 millions de livres pour bénéficier du taux d’imposition de 10% sur les plus-values mobilières lors de cessions.

En matière de fusions-acquisitions, le Royaume-Uni garde un longue d’avance : l’effet de levier y est plus accessible qu’en France en raison d’un seuil d’endettement plus bas, de procédures administratives moins contraignantes et de taux moins élevés. A cela s’ajoute la tendance à la généralisation du modèle américain qui consiste à se servir des marchés financiers pour financer des acquisitions plutôt que de se limiter à la dette bancaire. Au final, le Royaume-Uni est le marché le plus compétitif d’Europe avec 45% de la valeur totale des deals annoncés en 2015.

Toutefois ces perspectives ne doivent pas occulter des éléments clés qui transformeront l’intention en succès de développement. Il est essentiel notamment de tenir compte des différences culturelles des mondes des affaires britannique et français. A titre d’illustration, des différences importantes existent en matière de vitesse de clôture des transactions : une fois que la décision est prise les Britanniques souhaitent conclure rapidement les opérations afin de limiter leur impact sur la gestion quotidienne de leur entreprise et réduire les risques de perte de confidentialité. Ce souhait d’aller vite fait souvent l’objet d’une interprétation erronée par les acheteurs français qui perçoivent cette urgence comme l’existence d’un risque supplémentaire. Du coup, il n’est pas rare que des acheteurs français perdent des opérations ou les paient plus cher que nécessaire faute d’une réactivité suffisante du point de vue des Britanniques.

Ainsi l’aventure britannique est-elle très attractive et prometteuse pour toute entreprise qui saura tenir compte de la culture et a fortiori de la culture économique locale. La preuve en est que la quasi-totalité des entreprises françaises qui ont réalisé une première acquisition sur ce marché, remet rapidement le couvert pour une 2e voire une 3e opération.

Jean-Noël Mermet , 31 mars

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