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Pourquoi j’ai quitté Goldman Sachs ?

Suite à sa démission chez Goldman, Greg Smith a sorti un livre intitulé « why I left Goldman Sachs ». Depuis sa parution, le livre est encensé pour avoir mis à jour des « pratiques corruptrices ». Mais compte aussi ses détracteurs, qui voient dans ses écrits, ceux d’un employé mécontent ayant trouvé le moyen de se venger…

Greg Smith, ancien vice président chez Goldman Sachs a écrit un article paru dans le New York Times qui est devenu viral lorsqu’il a quitté Goldman Sachs en mars 2012.

Quand Greg Smith démissionne avec fracas de Goldman Sachs

Publiée dans le NY Times Mardi 14 Mars dernier, la lettre de démission écrite par Greg Smith, le désormais ex-responsable des produits dérivés pour l’Europe, le Moyen Orient et l’Afrique et ex-directeur exécutif de Goldman Sachs, jette une fois de plus l’opprobre sur les banquiers de (...)

Entré chez Goldman Sachs en 2000 à la suite d’un stage, et âgé de 33 ans, Smith menait une belle carrière au sein de la firme lorsqu’il a accusé cette dernière de tromper régulièrement ses clients et de rechercher à tout prix le profit, aux dépens de la moralité.

A la suite de son article du mois de mars, Smith a sorti un livre intitulé « why I left Goldman Sachs ». Depuis sa parution, le livre est encensé pour avoir mis à jour des « pratiques corruptrices ». Mais compte aussi ses détracteurs, qui voient dans les écrits de Smith ceux d’un employé mécontent ayant trouvé le moyen de se venger. Smith de son côté déclare qu’il gagnait plusieurs centaines de milliers de dollars chaque année, qu’il avait une carrière prometteuse, et rien qui ne puisse faire de lui un employé aigri désirant se venger.

De son côté, Goldman Sachs nie les accusations de Smith, en disant qu’elle a sérieusement enquêté et qu’elle n’a rien trouvé qui vient corroborer les accusations de ce dernier.

Smith s’est confié à l’Associated Press à l’occasion de la sortie de son livre.

Extrait :

A la question de savoir pourquoi il ne s’est pas manifesté plus tôt s’il pensait que les actions de la firme étaient moralement injustifiables, Smith a répondu :
« En fait, j’ai pris la décision consciente de ne pas vendre de produits toxiques aux clients. Je ne pensais pas que c’était la bonne chose à faire, mais je voyais aussi que si la confiance du client était trahie, notre carrière ne durerait pas très longtemps.
Maintenant, cela ne signifie pas que je ne faisais pas partie d’un système qui faisait des choses manquant d’éthique. Dans le livre, j’essaye de montrer les conflits d’intérêt qui m’ont fait prendre du recul. »

Smith se dit étonné que Goldman Sachs nie tout ce qu’il a écrit sur les façons dont elle « dépouille » le client : « La chose qui me déçoit le plus c’est que le management nie qu’il y ait un problème. Pourquoi ne pas plutôt essayer de réparer la confiance ? Les clients vous disent qu’ils ne vous font pas confiance. Il y a des poursuites judiciaires que la SEC avait lancées contre Goldman Sachs qui ont été résolues contre paiement d’une méga amende » (la SEC avait accusé Goldman Sachs de vendre à ses clients des investissements qui étaient mauvais. Sans admettre ou nier une culpabilité, Goldman Sachs a versé 550 millions de dollars pour régler l’affaire (la somme demeure la plus grosse pénalité jamais payée par une firme de Wall-Street)

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A la question de savoir s’il a agi parce qu’il n’avait pas eu la promotion qu’il visait, Smith a répondu : « je réussissais très bien ma carrière à Boston. Mon bonus, me disait t-on, dépassait celui de mes collègues de 10%. Je suis quelqu’un qui aime la compétition et mon but était d’être promu. De multiples associés m’ont dit qu’il me restait deux ans avant d’être promu. C’était certainement un de mes objectifs. Au niveau financier, je gagnais beaucoup d’argent, j’avais une belle vie… »

Pour Smith, les gens n’aiment pas prendre des décisions douteuses d’un point de vue moral mais ont leurs vies qui dépendent de leur emploi, leur permettent d’envoyer leurs enfants dans des écoles privées ; « c’est comme si le système pour eux fonctionnait si bien qu’il n’y a pas de façon de le défaire, sauf à changer de style de vie ».

Paul Monthe , Octobre 2012

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