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Plus dovish que la BoJ

Les marchés japonais n’avaient pas vraiment besoin de cela. A la peine depuis le début de l’année, les indices nippons ont connu une fin de semaine agitée. En cause, le statu-quo de la BoJ (Bank of Japan) qui a fait plonger le Nikkei 225 de 3,61% jeudi. Ce décrochage en dit long sur la déception des investisseurs qui, plus « dovish » que la BoJ, s’attendaient à de nouvelles annonces.

Les marchés japonais n’avaient pas vraiment besoin de cela. A la peine depuis le début de l’année, les indices nippons ont connu une fin de semaine agitée. En cause, le statu-quo de la BoJ (Bank of Japan) qui a fait plonger le Nikkei 225 de 3,61% jeudi. Ce décrochage en dit long sur la déception des investisseurs qui, plus « dovish » que la BoJ, s’attendaient à de nouvelles annonces.

Il faut dire que jusqu’ici l’instance monétaire japonaise avait fait preuve d’un volontarisme qui dépassait leurs attentes. Fin janvier, elle avait ainsi abaissé son taux de dépôt en territoire négatif à -0,10%. Pouvait-elle faire plus cette fois-ci ?

Faute d’une nouvelle baisse des taux, certains attendaient au moins des mesures pour freiner l’appréciation du yen face au dollar (plus de 13% depuis le début de l’année) qui pénalise la compétitivité des produits japonais et impacte les exportations.

Au-delà, cet épisode soulève d’autres questions. Cet inversement de tendance sur les marchés – après la hausse de l’an dernier - ne témoigne-t-il pas d’une lassitude chez des investisseurs désormais résignés à voir un jour la politique accommodante de la BoJ porter ses fruits et enfin relancer une économie japonaise séculairement léthargique ? En tout état de cause, si ce n’est pas déjà le cas, cette situation pourrait bien donner lieu à certains arbitrages.

Sur les marchés, l’actualité japonaise aurait presque fait oublier les bonnes nouvelles annoncées par ailleurs. A commencer par celles en provenance de la zone euro où l’IFO relatif au climat des affaires en Allemagne est resté stable en avril à 106,6 points. Cela va sans compter sur la croissance de 0,6% enregistrée en zone euro sur le premier trimestre.

Même la France se met à rêver de jours meilleurs après avoir été « flashée » à 0,5% de croissance sur la période observée – aussi bien que l’économie américaine, c’est dire ! De l’autre côté de l’Atlantique, ce même chiffre n’a bien sûr pas manqué de décevoir, surtout après 1,4 % enregistré sur le quatrième trimestre 2015.

Mais depuis plusieurs années maintenant, les États-Unis ont habitué les marchés à une décélération saisonnière de début d’année. Surtout, si la Fed a opté pour un nouveau statu-quo la semaine dernière, elle ne peut ignorer les bons signes délivrés par la conjoncture ces dernières semaines et prépare déjà les esprits à une remontée des taux en juin. Certes une mauvaise nouvelle pour les investisseurs mais une bonne l’économie américaine

David Ganozzi , 3 mai

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