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Pierre Hubert Perromat : « Une approche ’Smart Bêta’ doit être considérée comme un cadre dans lequel les convictions de gestion doivent avoir leur place »

Selon Pierre Hubert Perromat, responsable allocation d’actifs chez Groupama, les crises ne se ressemblant pas, les approches de réduction de la volatilité par la diversification doivent être prises avec précaution dans une vision propective...

Next-Finance : Quel est votre regard sur l’engouement actuel pour les stratégies « Smart Bêta » ?

Pierre Hubert Perromat : Je pense que toute stratégie qui vise à diversifier le risque est fondamentale dans un portefeuille. Néanmoins, plusieurs éléments tempèrent cette logique de gestion :

  • elle a souvent accusé un retard de performance par rapport à une allocation "traditionnelle" action dans des configurations de marché très favorables comme l’an dernier,
  • les crises ne se ressemblent pas : une approche de réduction de la volatilité par la diversification fonctionne bien dans des back testings mais doit être prise avec précaution dans une vision propective
  • les approches purement quantitatives ont souvent montré leurs limites

Ainsi une approche "Smart Bêta" doit être considérée comme un cadre dans lequel les convictions de gestion doivent avoir leur place.

Dans quelle mesure ce type de stratégies pourraient intégrer votre allocation ?

Ce type d’approche a sa place dans une partie de la poche actions.

Il y a un travail de pédagogie à faire sur l'aspect discrétionnaire de la gestion par rapport au modèle qui n'est pas toujours explicite dans la vie du fonds.
Pierre Hubert Perromat, responsable allocation d'actifs chez Groupama

La pédagogie effectuée par les sociétés de gestion autour des différentes variantes de « Smart Bêta » est-elle bonne ?

Oui globalement même s’il y a une grande variété d’approche. Il y a néanmoins un travail de pédagogie à faire sur l’aspect discrétionnaire de la gestion par rapport au modèle qui n’est pas toujours explicite dans la vie du fonds.

Remplaceriez-vous un gérant benchmarké par un indice de type « Smart Bêta » ?

Je pense que les approches sont complémentaires. Il est nécessaire de conserver une part significative d’actifs facilement couvrables par des dérivés listés, ce qui n’est possible qu’avec des actifs benchmarkés. Une approche ‘Smart Bêta’ a un objectif de réduction du risque mais pas une promesse contrairement à une couverture.

Positionnez-vous le « Smart Bêta » dans votre allocation active ou passive ?

Nous distinguons plutôt l’allocation stratégique et l’allocation tactique. A ce stade, ce type d’approche reste pour nous tactique : nous manquons encore de recul sur le bénéfice de ces approches dans une allocation.

RF , Juin 2014

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