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Philippe Goubeault : « Le Smart Beta devrait normalement proposer une structure de coûts plus faible »

Selon Philippe Goubeault, directeur financier de l’Agirc Arrco, certaines nouvelles approches de type smart beta permettant par exemple de capter une partie de la performance sur les marchés actions tout en limitant la volatilité, présentent un intérêt...

Next-Finance : Quels sont les principaux challenges à relever actuellement par l’Agirc Arrco dans l’environnement actuel de taux bas et de marchés dominés par le poids des politiques monétaires ?

Philippe Goubeault : Comme vous le savez les régimes de retraite complémentaire constatent aujourd’hui un déficit technique. Pour le compenser, nous sommes en train d’organiser les désinvestissements qui sont estimés à plus de 5 milliards d’euro par an, sur la période des trois années 2016 à 2018, soit un prélèvement global sur les réserves de l’ordre de 16,5 milliard d’euros. Dès lors, pour assurer la disponibilité de la part des réserves destinées à supporter les prélèvements, et pour éviter toute perte en capital, nous plaçons les fonds correspondants sur des supports d’investissement à court terme, autant dire que l’environnement actuel nous est particulièrement défavorable. Toutefois, nous avons trouvé des solutions avec nos partenaires financiers, notamment par l’utilisation de fonds de crédits et de produits bancaires.

La plupart des institutionnels mondiaux affichent des performances en deçà de leurs objectifs à moyen et long terme. Selon vous, faut-il revoir les modèles classiques d’allocations ? Quel est votre regard sur les nouvelles approches dites factorielles ou de type smart beta ?

En dépit de l’environnement actuel, je ne pense pas qu’il faille remettre en question les méthodes classiques de spécification de l’allocation dans une optique de moyen/long terme. Cependant, avec un objectif de préservation de l’acquis et de limitation du risque global du portefeuille, certaines nouvelles approches de type smart beta permettant par exemple de capter une partie de la performance sur les marchés actions tout en limitant la volatilité, présentent un intérêt.

Avez-vous des encours investis dans le Smart Beta ou via une approche de type factor investing ? En quelle proportion ? Prennent-ils la place des fonds gérés activement dans votre portefeuille ?

Oui, nous avons des encours investis en smart beta pour des montants assez marginaux (<5%) dans la partie actions du portefeuille. Même si une réflexion est actuellement menée sur la proportion que pourraient dans le futur occuper ces gestions, les stratégies systématiques n’ont pas pour autant vocation à remplacer la gestion classique, mais plutôt à apporter une complémentarité entre gestion quantitative et gestion fondamentale.

Les stratégies systématiques n'ont pas pour autant vocation à remplacer la gestion classique, mais plutôt à apporter une complémentarité entre gestion quantitative et gestion fondamentale.
Philippe Goubeault, directeur financier de l’Agirc Arrco

Quelles stratégies suscitent le plus votre intérêt (Low volatility, Maximisation du ratio de Sharpe, Approche par facteur de risques de type Small, Value, Grow, Quality voire combinaisons de facteurs ?

Comme je vous disais, les stratégies à volatilité contrôlée, ayant vocation à capter la hausse du marché actions suscitent un intérêt sous plusieurs formes. Il est vrai que les performances historiques de ce type de stratégies sont attractives.

Quelles sont les évolutions à apporter à ce style de gestion (transparence, pédagogie, compréhension de l’évolution du modèle avec l’évolution de l’environnement de marché, fees, coûts cachés, etc…) ?

Au-delà des aspects liés à la transparence, il nous semble que ce style de gestion devrait normalement proposer une structure de coûts plus faible que celle affichée par les méthodes reposant sur l’analyse fondamentale, ce qui n’est aujourd’hui pas toujours le cas.

En attendant de pouvoir sélectionner de gérants « purs » de smart beta en lançant des appels d’offre sur le marché, nous avons intégré ce type de stratégies au sein de fonds diversifiés que nous détenons dans nos portefeuilles.
Philippe Goubeault, directeur financier de l’Agirc Arrco

Quels sont les principaux éléments que vous prenez en compte pour sélectionner des gérants Smart Beta ?

Pour l’heure, nous n’avons pas sélectionné de gérants « purs » de smart beta. En attendant de pouvoir le faire en lançant des appels d’offre sur le marché – l’accord de principe des instances est en cours de réflexion – nous avons intégré ce type de stratégies au sein de fonds diversifiés que nous détenons dans nos portefeuilles.

Paul Monthe , RF , 19 mai

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