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Perspectives marchés 2017 de Deutsche AM : optimistes sans être euphoriques

Optimistes mais sans tomber dans l’euphorie, voici comment Stefan Kreuzkamp qualifie ses perspectives pour les marchés financiers internationaux sur l’année à venir. Selon le Directeur des Gestions de Deutsche Asset Management, “il faut en effet s’attendre au mieux à des performances à un chiffre pour la plupart des classes d’actifs”.

Selon le Directeur des Gestions de Deutsche Asset Management, “il faut en effet s’attendre au mieux à des performances à un chiffre pour la plupart des classes d’actifs”. Une sélection rigoureuse des titres et une bonne diversification des investissements seront plus que jamais des éléments-clé sur l’année qui s’ouvre.

Deutsche AM favorisera les investissements permettant de dégager de solides revenus, c’est-à-dire ceux dégageant des niveaux élevés de dividendes comme les obligations à haut rendement ou encore des investissements alternatifs dans les infrastructures ou l’immobilier.

“Nous n’allons pas placer tous nos espoirs dans une soudaine reprise de la croissance en 2017, ni tabler sur des performances élevées sur les marchés”, explique Stefan Kreuzkamp. “Cela ne signifie pas pour autant que nous nous inquiétons d’une quelconque récession pour les grandes régions économiques. Toutefois, les incertitudes politiques et les actions menées par les banques centrales pourraient continuer de générer des mouvements de court terme sur les marchés”.

La sphère politique demeure l’inconnue majeure selon Stefan Kreuzkamp. Les interrogations restées en suspens autour du Brexit et les élections en cours ou à venir dans certains grands pays européens, signifient que les projecteurs sont braqués sur l’avenir de l’Union Européenne déjà malmené par la vigueur des mouvements nationalistes et protectionnistes. Les opposants à l’Union Européenne gagnent progressivement du terrain. Ailleurs, les conflits régionaux (Syrie, Est de l’Ukraine) se poursuivent et gagnent en intensité, alimentés par les ambitions extérieures de la Russie et de la Chine.

Quand la politique mène les marchés

Stefan Kreuzkamp est convaincu que les récents événements aux Etats-Unis constituent un tournant majeur.

Selon lui, l’élection de Donald Trump est susceptible de venir impacter durablement les marchés. Cela sera d’autant plus vrai si le Congrès passe aux républicains, offrant ainsi au nouveau Président une marge de manoeuvre considérable.

“Une réduction des impôts sur fond de dérégulation et de lancement de grands projets d’infrastructures pourrait venir stimuler l’économie américaine pour 8 ou 9 ans avec toutefois pour corollaire, une remontée de l’inflation”, explique-t-il.

La réaction n’a pas tardé sur les marchés financiers. Mais il n’est pas à exclure que l’enthousiasme des investisseurs retombe quelque peu si, par exemple, certains programmes n’étaient pas mis en oeuvre aussi rapidement que l’auraient souhaité les marchés ou si la face cachée des politiques de Trump refaisait surface ; les restrictions au libre-échange notamment. A date, impossible de déterminer avec certitude si Donald Trump sera, ou non, à même de déployer ses mesures protectionnistes – Une politique isolationniste reviendrait pour les Etats-Unis à mettre sous pression la compétitivité des entreprises américaines si les coûts venaient à augmenter. Dans ce contexte, Deutsche AM s’attend à ce que le rythme de la croissance et de l’inflation n’accélère que légèrement en 2017. “Nous réévaluerons régulièrement nos positions en lien avec les divers rebondissements politiques susceptibles d’intervenir outre-Atlantique. Nous gardons clairement à l’esprit que le nouveau président peut encore et toujours surprendre et ce, quelle que soient les directions qu’il choisisse de prendre. C’est la politique qui dirige les marchés”, conclut Stefan Kreuzkamp.

Stefan Kreuzkamp anticipe une croissance globale de 3,5 %, ce qui marquerait, pour les marchés mondiaux, la huitième année consécutive avec des chiffres au-dessus de 3 % (chose que l’on n’avait plus vu depuis les années 60). La reprise économique semble quant à elle se profiler en zone euro pour 2017 : Deutsche AM anticipe une croissance de 1,3 % pour la zone sur l’année, essentiellement tirée par la consommation.

Un dollar fort

Sur les segments obligations et devises, l’année à venir sera, dans un premier temps, marquée par encore plus de divergence entre les politiques menées par les différentes banques centrales, ce qui ne sera pas sans répercussions sur le dollar US. Deux nouvelles remontées de taux sont encore attendues aux Etats-Unis après le mouvement déjà annoncé pour décembre 2016. Il y a fort à parier que les taux européens resteront à leurs très bas niveaux et que l’Union européenne poursuivra son programme de rachat d’obligations une bonne partie de l’année prochaine. Néanmoins, la phase de “tapering” pourrait ensuite prendre le relai.

Le dollar restera donc fort sur l’année qui vient. “Nous pensons que les plus bas sur les taux d’intérêts sont derrière nous sans pour autant anticiper de remontées notables. En 2017, certains pays européens clé et les Etats-Unis vont probablement voir les rendements globaux de leurs titres souverains passer en territoire négatif. La divergence entre les taux d’intérêts de la zone euro et des Etats-Unis va certainement s’intensifier. A moyen terme, nous ne sommes pas convaincus que cette ère de taux d’intérêt très bas touche à sa fin, même si 2016 pourrait bien avoir marqué le point bas de ce cycle”, explique Bill Chepolis, Responsable de la Gestion Obligataire pour la zone EMEA chez Deutsche AM. En termes d’investissements, Deutsche AM continuera de privilégier les obligations d’entreprises européennes et américaines, ainsi que les obligations souveraines des pays européens dits “périphériques”. Au sein des émergents, il existe également des titres souverains en devise forte attractifs, même si ceux-ci sont sujets à plus de volatilité.

Une gestion active du risque

Deutsche AM estime que les performances des marchés d’actions internationaux n’excèderont pas une croissance à un chiffre avec une situation au demeurant clairement différenciée suivant les zones avec des indices US qui ont, encore récemment, établi de nouveaux records. Tout prognostic reste toutefois hasardeux face à l’incertitude entourant les projets de Donald Trump.

Les actions américaines pourraient en effet profiter d’une certaine déréglementation et d’un nouveau programme budgétaire, mais cela pourrait tout aussi bien être annulé par le renchérissement du dollar et des salaires mis sous pression.

Une augmentation des taux d’intérêts tendrait à écarter toute augmentation du prix des actions. Sur les marchés émergents, un taux d’intérêt US plus élevé n’est qu’un des éléments qui viendra alimenter l’incertitude.

“Ceci étant dit, on assiste actuellement à un mouvement de reprise économique des marchés émergents qui pourrait venir profiter aux actions européennes, allemandes en particulier”, souligne Thomas Schüssler, co-responsable mondial de la Gestion Actions chez Deutsche AM. Il met l’accent sur les récentes publications de résultats des entreprises en dehors de l’Europe qui recommencent à être prometteurs. Les marchés y ont, dans une certaine mesure, déjà pricé un certain niveau de risque politique ce qui vient expliquer le fossé des valorisations avec les Etats-Unis. Thomas Schüssler y voit précisément une potentielle source de belle surprise.

Généralement, les marchés volatiles et sans tendance tendent à être riches d’opportunités pour les investisseurs qui adoptent une approche active, sélective et tactique.

La demande en investissements multi-asset pourrait donc très prochainement revenir en force : “avec des anticipations de rendements aussi faibles, les investisseurs doivent se préparer à gérer activement le risque : sur l’année qui vient, ce sera probablement la clé de tout investissement réussi. Le défi consistera à optimiser la prise de risque par rapport à un objectif de performance pré-établi”, conclut Christian Hille, Responsable de la Gestion Multi-Asset chez Deutsche AM.

Next Finance , Décembre 2016

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