›  Opinion 

Perspectives 2018 : 75 % des investisseurs institutionnels estiment l’environnement actuel favorable à la gestion active

Selon une étude publiée par Natixis Investment Managers, deux tiers des investisseurs institutionnels internationaux (65%) s’attendent à un impact négatif des bulles financières sur leurs performances en 2018.

Article aussi disponible en : English EN | français FR

Pour 75 % d’entre eux, l’environnement de marché actuel est favorable à la gestion active. En revanche, la part qu’ils allouent aux stratégies passives décroît pour la troisième année consécutive.

  • La part des stratégies passives dans les allocations diminuent pour la troisième année consécutive, et 75 % des institutionnels pensent que l’environnement de marché actuel est favorable à la gestion active.
  • 72 % des institutionnels s’étonnent de la faiblesse durable de la volatilité. Les risques géopolitiques et les bulles spéculatives restent pourtant les plus grandes préoccupations des investisseurs.
  • Les institutionnels se tournent vers l’Europe et les marchés émergents. D’un point de vue sectoriel, la technologie, la santé, l’aéronautique et la finance sont considérés comme les plus performants.

Pour protéger leurs portefeuilles contre la volatilité que devrait entraîner, selon eux, la disparition progressive des politiques monétaires ultra-accomodantes des banques centrales, les investisseurs institutionnels augmentent leurs allocations vers les actifs non-traditionnels, comme le private equity, la dette privée, les infrastructures, et l’immobilier. En quête de meilleurs rendements, ils recherchent en effet des alternatives aux obligations.

L’étude montre que 59% de ces institutionnels pensent que la disparition artificielle de la volatilité est due aux flux vers les stratégies passives. Plus de la moitié (57%) estiment que la gestion passive a entraîné des distorsions de prix des actifs et à créer des risques systémiques (63%) et 72% sont également persuadés que les investisseurs particuliers ne sont pas conscients de ces écueils.

Jean-François Baralon, Directeur Distribution de Natixis Investment Managers pour la France, la Suisse francophone et Monaco, commente ces résultats : « Les investisseurs institutionnels s’inquiètent des conditions de marchés fragiles, de la distorsion des prix des actifs et des risques systémiques causés par les interventions des banques centrales et par la popularité croissante des investissements passifs. Ils continuent à se tourner vers la gestion active pour naviguer dans ces marchés incertains. Ils sont confiants dans la capacité de leurs propres portefeuilles à résister aux futures conditions de marchés, mais ils estiment que les investisseurs particuliers ne sont pas assez conscients des risques systémiques causés par la gestion passive. »

Une gestion active pour des marchés actifs

57 % des investisseurs institutionnels déclarent que les gérants actifs surperforment les tenants de la gestion passive sur le long terme. Trois quarts d’entre eux estiment que les gérants actifs parviennent à mieux accéder aux opportunités sur les marchés émergents et une même proportion déclare que les gérants actifs offrent une meilleure exposition à des classes d’actifs non corrélées.

« Gérer les risques baissiers sera une tâche ardue en 2018, mais la nouvelle année doit également être vue comme source d’opportunités », explique Jean-François Baralon. « Bien utilisée, la volatilité peut permettre d’améliorer les performances. Toutefois, les institutionnels dont le portefeuille n’est pas réellement diversifié et durable risquent de réagir aux corrections et à la volatilité des marchés, plutôt que de profiter de telles fluctuations. Les marchés pourraient connaître une année 2018 plus animée : des marchés « actifs » imposeront en conséquence une gestion bien plus active. »

Bulles financières et volatilité des actions

Dans leur grande majorité (77 %), les institutionnels estiment que la longue période de très faibles taux d’intérêt a conduit à la formation de bulles financières. Par ailleurs, en 2018, pour 61 % des investisseurs institutionnels, la hausse des taux d’intérêt sera la première source de préoccupation car elle pourrait être le déclencheur d’une correction des cours des obligations. Ainsi, quand on leur demande quel facteur est le plus susceptible d’obérer leurs performances en 2018, les institutionnels placent les bulles spéculatives au même rang que la hausse des taux d’intérêt. Toutefois, les risques géopolitiques demeurent la plus grande préoccupation des investisseurs (74 %).

Le renforcement de la volatilité (plutôt qu’une correction prolongée) devrait caractériser les marchés actions en 2018. En effet, 78% des institutionnels s’attendent à un regain de volatilité sur les actions en 2018. Une majorité (59%) pense que l’absence de volatilité de cette année ne peut durer et qu’elle est source d’importantes préoccupations.

La quête de diversification

Les investisseurs institutionnels misent davantage sur les actions et les investissements alternatifs non corrélés pour les aider à faire face à cette nouvelle réalité des marchés. Près des deux tiers (64 %) indiquent que les obligations ne remplissent plus leur rôle traditionnel de gestion des risques au sein des portefeuilles, tandis que 60% pensent désormais que les actifs traditionnels sont trop corrélés pour offrir des sources spécifiques de rendement.

A l’inverse, 78 % sont d’avis qu’accroître le recours aux investissements alternatifs est un moyen efficace de gestion des risques. Au sein des investissements alternatifs, l’illiquidité suscite également de l’intérêt ; 74 % pensent ainsi que les performances potentielles de tels investissements font plus que compenser le risque associé. Le private equity est l’exemple le plus apprécié : 39 % des institutionnels renforcent le poids de leurs investissements dans le private equity et 67 % sont satisfaits des performances de ces investissements au sein de leurs portefeuilles.

En termes sectoriels, 45 % des institutionnels estiment que la technologie devrait surperformer les autres secteurs, suivie par la santé (44 %), la défense/l’aéronautique (43 %) et les financières (41 %).

Plus de 75 % des investisseurs institutionnels déclarent que la dette privée, en concurrence directe avec les obligations, offre de meilleurs rendements ajustés du risque que les véhicules obligataires et 36 % augmentent leur exposition dans cette classe d’actifs.

A plus long terme, la prise en compte de la durabilité des performances fait également son apparition. Trois institutionnels sur cinq (60 %) indiquent désormais que l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) sera la norme pour tous les gérants d’ici les cinq prochaines années. Cette intégration ne répond pas uniquement à des besoins éthiques : 60 % des investisseurs déclarent qu’elle permet de générer de l’alpha.

« Les investisseurs institutionnels du monde entier se préparent à affronter la possible formation – et explosion – de bulles spéculatives, ainsi que le relèvement des taux d’intérêt et le renforcement de la volatilité », conclut Jean-François Baralon. « Au-delà des interactions traditionnelles entre les actions et les obligations, de nombreux investisseurs institutionnels cherchent également refuge dans les stratégies d’investissement alternatives pour tenter de protéger et de diversifier leurs portefeuilles, tout en générant des performances satisfaisantes. En lieu et place de la traditionnelle quête de rendements, on observe plutôt une volonté de procéder à une analyse approfondie des portefeuilles – et une nouvelle quête de diversification ».

Next Finance , Décembre 2017

Article aussi disponible en : English EN | français FR

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Conquérir les marchés haussiers : le faux duel entre investisseurs actifs et passifs

Investir aujourd’hui est souvent considéré comme étant une bataille entre des gérants de fonds traditionnels et des ETF avant-gardistes (exchange-traded funds, fonds négociés en Bourse). Cependant, ce raccourci entre la « gestion active » et la « gestion passive » n’aide pas les (...)

© Next Finance 2006 - 2018 - Tous droits réservés