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MiFID II : Un Nouveau Paradigme pour la recherche financière

CFA Institute a réalisé une enquête auprès de ses membres européens afin de mieux appréhender les attentes des professionnels buy-side concernant la tarification de la recherche financière associée aux différentes classes d’actifs, la ventilation de ce coût et les aspects afférents.

Les résultats de cette enquête, publiés dans un nouveau rapport intitulé MiFID II : Un Nouveau Paradigme pour la recherche financière, s’articulent autour de trois constats principaux :

  • La plupart des professionnels interrogés s’attendent à ce que leurs sociétés supportent le coût de la recherche, contre 15 % seulement qui prévoient de l’imputer à leurs clients.
  • Ils craignent que la nouvelle réglementation soit préjudiciable aux petites structures et restreigne la concurrence.
  • La majorité des professionnels sondés pense réduire le volume des notes d’analyse achetées aux banques d’investissement.

Pour l’auteur de ce rapport, Rhodri Preece, CFA, responsable stratégie des marchés financiers EMEA de CFA Institute, cette directive devrait se traduire à long terme par un marché plus efficient : « CFA Institute soutient la teneur de ces réformes, qui consistent à écarter tout risque de conflit d’intérêt entre les gérants d’actifs et leurs clients dans le cadre d’une intermédiation avec des courtiers, et à instaurer un marché de la recherche financière résolument plus transparent, compétitif et efficient. »

Myriam Ferran, présidente de CFA Society France, avertit toutefois quant à de potentielles conséquences négatives : « Ces règles sont loin d’être une panacée. Certains professionnels interrogés redoutent une diminution importante du volume de la recherche et un périmètre d’analyse financière plus limité, en particulier pour les petites et moyennes capitalisations. »

L’entrée en vigueur, le 3 janvier 2018, de la directive révisée sur les marchés d’instruments financiers (MiFID II) oblige d’une part les courtiers à fixer un prix pour leur recherche et à le dissocier de leurs services d’exécution des ordres en le facturant séparément, et d’autre part les sociétés de gestion à arbitrer entre absorber le coût de la recherche ou le faire payer à leurs clients. CFA Institute a mené une enquête en septembre 2017 auprès de ses membres, parmi lesquels des responsables des principales sociétés de gestion d’actifs en Europe.

S’agissant du coût annuel escompté de la recherche financière en application de MiFID II, l’enquête donne lieu à un large éventail de réponses, reflétant à la fois la diversité des stratégies d’investissement suivies et l’incertitude quant aux tarifs estimés.

La valeur médiane du coût annuel attendu de recherche externe correspond à 10 points de base, soit l’équivalent de 1 M€ par an pour une société à qui serait confié 1 Md€ d’actifs sous gestion. Le coût de la recherche concernant les marchés des valeurs fixed income, des changes et des matières premières s’élève, quant à lui, à 350 000 € par an environ pour 1 Md€ d’actifs sous gestion, soit 3,5 points de base.

En ce qui concerne la ventilation de ces coûts de recherche, 21 % des professionnels interrogés ignorent toujours comment leurs structures financeront l’essentiel de cette charge nouvelle ; 53 % estiment que leurs sociétés de gestion absorberont les coûts des notes d’analyse, contre 15 % qui pensent qu’elles les répercuteront sur les clients. Ils sont 12 % à tabler sur une répartition mixte.

Le pourcentage de professionnels qui s’attendent à ce que leurs sociétés supportent ces coûts de recherche financière est proportionnel au volume des actifs sous gestion. 67 % de ceux basés dans des sociétés auxquelles est confiée la gestion de plus de 250 Mds€ d’actifs pensent que celles-ci prendront à leur charge ces coûts d’analyse financière, contre 42 % de leurs homologues travaillant dans des structures revendiquant moins de 1 Md€ d’actifs sous gestion.

Tous évoquent un possible désavantage concurrentiel dont pourraient pâtir les structures de moindre envergure, partageant ainsi les craintes d’une profession qui redoute que ces changements entraînent la disparition des plus petites structures et accélèrent la consolidation sectorielle au profit d’acteurs mondiaux de grande envergure.

MiFID II devrait également avoir une incidence sur les analystes financiers et les fournisseurs de notes économiques : 78 % des professionnels interrogés pensent réduire le volume des notes de recherche achetées aux banques d’investissement suite à la mise en œuvre de cette directive, tandis que 44 % prévoient d’internaliser davantage l’analyse financière.

Méthodologie de l’enquête

L’enquête, réalisée en septembre 2017, a été envoyée à des professionnels de l’investissement occupant des postes présentant un intérêt pour l’étude. Elle a également été adressée à de hauts responsables des principales sociétés de gestion d’actifs en Europe. Au total, sur les 12 671 invitations envoyées aux membres et aux contacts externes de CFA Institute, 705 réponses ont été reçues. Deux questions filtres ont ensuite été posées afin de veiller à ce que seuls les professionnels de l’investissement opérant côté buy-side et intervenant dans l’utilisation, la production ou l’achat de notes de recherche en investissements soient en droit de participer à cette étude. Après ce filtrage, une série de 365 réponses valides ont été reçues, soit un taux de réponse de 2,9 % pour une marge d’erreur de ±4,5 %. Les professionnels interrogés étaient en poste dans 330 établissements dans 28 pays européens différents. Cinq pays représentent 68 % du total des réponses : le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, la France et les Pays-Bas.

Next Finance , 1er décembre

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