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Méfions-nous de l’eau qui dort

Selon Michaël Aflalo, Directeur des Gestions chez BFT Investment Managers, ni la hausse des cours du pétrole ni les annonces des banques centrales, ni même les les annonces relatives à l’amélioration de la croissance en Europe et en France n’ont eu d’effet sur les cours de bourses...

La remontée des cours du pétrole avec un baril au plus haut de l’année à 48,18 $, n’a pratiquement eu aucun effet sur les cours de bourses. De même, les annonces relatives à l’amélioration de la croissance en Europe et en France n’ont pas eu d’impact. Le marché avait rendez-vous, en mai, avec les banquiers centraux, américains et japonais. Si le statu quo monétaire de la Fed était anticipé, celui de la Banque du Japon a jeté un froid car l’économie nipponne a grand besoin de soutien.

Cet immobilisme a, bien sûr, poussé le yen vers de nouveaux sommets contre le dollar, ce qui n’a pas manqué de faire chuter l’indice Nikkei. Cette contrariété s’est vite propagée à toutes les places mondiales. La Réserve fédérale, quant à elle, est restée pragmatique, adoptant un ton modéré qui ouvre la porte à un relèvement des taux d’intérêt plus tard dans l’année. Les indices d’activité dans l’industrie et les services ainsi que les créations de nouveaux emplois aux Etats-Unis, inférieures aux attentes, ont confirmé le sentiment d’une certaine faiblesse de la croissance américaine, après le PIB du premier trimestre ressorti à 0,5% en rythme annualisé (en première estimation). Cela a joué en faveur d’un renforcement de l’euro face au dollar qui a pénalisé les marchés européens.

Des bénéfices attendus en progression en zone euro

La progression des bénéfices attendue en zone euro pour 2016 est de 2,6% (pour l’Eurostoxx 50) après une année 2015 correcte à +3,3%. L’Europe globalement souffre davantage : -2,1% en 2015 avec un impact pétrole important et +0,4% attendu en 2016. Cependant les bénéfices européens restent largement en retard par rapport aux bénéfices américains et il nous parait justifié d’envisager un rattrapage. Enfin, la prime de risque reste attractive, autour des 6,3% pour le Stoxx 600. Concernant les emprunts d’Etats, les pays core Euro sont très chers suite au « flight to quality ».

Par contre, les dettes périphériques nous paraissent attractives après les écartements de spreads récents sur l’Italie et l’Espagne. Enfin, le marché des obligations d’entreprises devrait encore bénéficier de la mise en place du CSPP (Corporate Sector Purchase Programme) de la BCE.

« Risk-off  » du côté des flux qui amène à la plus importante décollecte en cinq semaines cumulées depuis août 2011 avec -44 milliards de dollars sur les fonds actions. Les marchés des actions européennes ont même enregistré la décollecte la plus importante depuis février 2008 avec des rachats de presque 4 milliards de dollars. Sinon, du côté de la collecte, on notera de l’intérêt des investisseurs pour les fonds monétaires, les obligations et enfin les métaux précieux. Sur le marché du crédit, les obligations d’entreprises « high grade » sont plus recherchées que les « high yield ».

Une augmentation de l’exposition au crédit «  investment grade »

Enfin, le régime de marché reste normalisé même s’il est très proche d’un niveau d’aversion au risque plus marqué. La baisse de volatilité des matières premières ainsi que la détente des spreads de crédit expliquent en grande partie cette normalisation.

Dans ce contexte de nervosité latente, nous restons positionnés de façon prudente dans notre allocation d’actifs, et nous avons augmenté assez sensiblement l’exposition au crédit «  investment grade » qui devrait être soutenu par les achats de la BCE.

Michael Aflalo , 20 mai

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