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Marouan, Associate, Investment Banking

Après un passage de deux années aux Etats Unis dans le domaine du Leverage Finance, Marouan a rejoint les équipes d’Investment Banking d’une grande banque internationale à Londres.

Après avoir passé une partie de la nuit à finaliser un « pitch » à l’attention d’un des grands fonds de private equity américain, j’arrive à Canary Wharf aux environs de 9h00.

9 heures 15 : une bonne cinquantaine d’e-mails m’attendent déjà. Nous menons plusieurs projets de front ! Le plus urgent concerne une firme d’Europe de L’Est. Notre client, l’un des grands noms du Private Equity au niveau mondial, prépare une OPA d’envergure depuis des mois.
L’ensemble de la banque est sur le pont. Les équipes « Emerging Markets », notre bureau local, nos équipes de leverage finance qui doivent apporter la dette du LBO en partie sous la forme d’une émission High Yield, nos équipes M&A qui conseillent le client et mon équipe qui coordonne et travaille en particulier sur la structuration du deal.

10h00 : L’un des Managing Directors présent à Moscou propose de revoir le Business Plan qui sert de base à l’ensemble de la présentation. Les hypothèses de croissance semblent trop agressives au regard des performances du marché. Nous devons imprimer la présentation avant 16h00, heure à laquelle nous partons pour Moscou pour accompagner notre client lors de sa présentation de demain au management.

11h00 : L’ensemble de la présentation semble cette fois finalisée. Cette accalmie me laisse 1 heure de libre ou je vais rencontrer nos responsables d’émission de dette bancaire et d’obligations High Yield. Il s’agit de défendre un dossier difficile où un fond de LBO européen cherche à émettre une obligation très subordonnée afin de financer le remboursement de son prêt d’actionnaire. La discussion tourne court, les marchés de la dette semblent très mal orientés, et nous sommes priés de revoir notre copie.

12h00 : Les ennuis continuent. Nous apprenons par la presse qu’un conglomérat vient de faire main basse sur une cible sur laquelle l’un des clients historiques de la banque était sur le point de faire une offre ferme. Nous étions la seule banque à apporter le financement et le conseiller exclusif du fonds, voilà un mauvais coup pour notre budget. Le Managing Director qui portait ce deal à bouts de bras depuis des semaines est dévasté. Nous jugerons plus sûr d’éviter son bureau pour le reste de la journée.

14h00 : Je m’échappe pour déjeuner rapidement avec quelques collègues. C’est l’occasion de glaner quelques rumeurs sur les bonus qui arrivent bientôt. En cette période de crise des subprimes, c’est la déprime totale, surtout dans le département Marchés des Capitaux. « Les traders l’ont mauvaise » ! Les rumeurs de perte ne ramènent pas la sérénité. Plusieurs collègues ont déjà commencé a tâté le marché, il n’est pas très porteur.

15h00 : L’un des responsables de la firme d’Europe de l’Est vient de finir la lecture de la dernière mouture de notre présentation. Les nouvelles hypothèses de croissance lui semblent pour le moins conservatives, la société devrait d’après lui largement surperformer le marché. Nous avons une heure pour tout rechanger et reprendre les hypothèses initiales.

16h30 : Le pitch est fin prêt mais seule la moitie des exemplaires a pu être imprimé a temps. Il est trop tard pour avoir le dernier avion à Heathrow, je partirai demain matin avec toutes les présentations. En me levant à 5h00 je pourrai décoller à 9h00 et arriver à 15h00. Puisque la présentation commence à 16h00, c’est serré mais jouable.

18h00 : Un peu de calme. Je peux vérifier les modèles préparés par mon analyste qui travaille avec moi sur la faisabilité d’un LBO sur une chaîne de restaurant hollandaise. Les retours des investisseurs semblent alléchants aux niveaux de valorisation qui sont considérés. Reste à savoir quel sera l’accueil des marchés de capitaux de dette pour ce genre d’actif. J’organise un meeting pour après-demain avec mes collègues en espérant qu’il tourne mieux que celui de ce midi.

20h00 : Le modèle que l’on m’avait présenté est en fait truffé d’erreurs. J’appelle mes amis pour annuler notre dîner. Il faut que je refasse ce modèle ce soir.

22h00 : Le modèle tourne mais démontre clairement qu’un LBO ne dégagerait pas de retours satisfaisant pour un acteur du Private Equity. Je laisse un message a mon assistante pour qu’elle annule le meeting prévu à ce sujet dès demain matin.

24h00 : Je me couche enfin. J’ai 5h pour récupérer. Demain est un grand jour et nous n’aurons pas le droit à l’erreur.

Next Finance , Février 2008

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