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Marchés : des signaux contradictoires qui incitent à la prudence !

Les marchés sont rassurés : le risque politique a subitement reculé en Europe après l’élection d’Emmanuel Macron. Mais les valorisations des marchés actions intègrent encore beaucoup de bonnes nouvelles qui restent à confirmer.

Les marchés financiers ont vécu à l’heure des échéances électorales et des référendums. Les politiques d’investissement sont cadencées par le « risk on » ou le « risk off ». Nous allons bientôt sortir de ce tunnel d’élections en septembre par la désignation du ou de la future chancelière en Allemagne. En 2018, l’Italie nous livrera le dernier événement politique majeur. Une fois les élections législatives françaises passées, l’horizon sera presque totalement dégagé. D’ailleurs, les marchés se focalisent déjà sur les données micro et macroéconomiques. Mais la contradiction des signaux donnés par les résultats des entreprises et la performance des Etats est à nouveau à l’ordre du jour. Les investisseurs qui avaient retenu leur souffle depuis plusieurs mois sont à présent rassurés par une Europe qui a rejeté les partis extrêmes et les politiques du repli sur soi. Mais le populisme qui est souvent considéré comme l’expression du peuple non conforme aux souhaits des élites doit être sérieusement pris en considération si l’on ne veut pas compromettre les chances d’une renaissance de notre continent. Cette Europe doit moins règlementer et offrir davantage de transparence sur ses organes de décision tout en laissant aux nations des terrains de jeu régaliens. La monnaie unique, même si elle présente plus d’avantages que d’inconvénients, renforce les difficultés des pays en souffrance de croissance et favorise les pays les mieux lotis comme les Pays-Bas et l’Allemagne.

Une telle situation ne peut durer éternellement sous peine de voir l’Union européenne voler en éclat. Il faut donc reconstruire une Europe moins régulée autour de projets d’avenir et davantage solidaire des pays en difficulté. A cette condition, nos économies seront mieux armées pour affronter la mondialisation.

Décalage entre une croissance encore modeste et des anticipations élevées

Les marchés ont bien compris qu’une nouvelle phase s’ouvrait à eux. Mais aujourd’hui, ils ne regardent que d’un seul œil le verre à moitié plein tant le soulagement est puissant. La crainte d’un tsunami européen écarté, ils ont « acheté » une reprise normalisée des économies avec en toile de fond le succès des plans de relance chinois et américain appuyés par de bons sondages d’activité. Mais la réalité semble plus complexe et les chiffres anticipés des performances économiques tardent à se vérifier. La croissance peine à décoller : 1,70 % en Europe en 2016 et probablement 1,80 à 2% en 2017. Aux Etats-Unis, après un petit 1,60% en 2016, une grande incertitude demeure pour 2017, les chiffres variant de 1,70% à 2,50%. Sur les deux continents les investissements reprennent seulement au premier trimestre 2017. Le niveau de l’activité industrielle contredit ainsi la progression des indice ISM / PMI. Quant aux ménages américains, la crise des subprimes a transformé leur physionomie de cigales en fourmis découvrant les vertus de l’épargne malgré la hausse de leurs revenus. Même constat en Chine où la croissance et l’activité industrielle peinent à se reprendre durablement dans un contexte de changement de paradigme économique, passant du tout export et industriel vers un modèle basé davantage sur la consommation domestique, les services et la construction.

Concernant les pays émergents, leur dépendance aux matières premières et aux plans de relance d’infrastructures en Chine et aux Etats-Unis complique la visibilité sur leur dynamique économique. Si l’on s’intéresse aux marchés de matières premières, on remarquera que les cours de l’énergie ont décroché depuis le début d’année. Quant aux métaux ferreux et non ferreux, le repli a été violent depuis deux mois. L’explication vient des doutes sur ces deux principaux plans de relance chinois et américains analysés par les opérateurs sur les matières premières aux avants postes des tendances à venir. Il faut donc être vigilant car les valorisations des marchés actions ne digèreraient pas facilement une déception sur la croissance américaine, un manque d’efficacité de la politique économique chinoise de recentrage sur son marché domestique et une reprise économique européenne à tâtons. La valorisation des marchés actions intègre déjà pas mal de bonnes nouvelles qui restent à confirmer.

Le dollar pourrait baisser pour favoriser les exportations américaines

Les pays émergents qui commencent à peine à relever la tête risquent d’être à nouveau chahutés par les baisses de valorisation de leurs ressources naturelles. Il convient également de suivre l’évolution du dollar qui pourrait, malgré un décalage majeur de politique monétaire, être poussé à la baisse pour favoriser les exportations américaines pénalisées par un dollar clairement trop cher. Un tel événement provoquerait le double effet « kiss cool » baisse des commodities et de la devise de transaction.

Quant aux marchés de taux à long terme, la hausse amorcée fin 2016 et prolongée en 2017 devrait s’arrêter pour laisser la place à une nouvelle détente alimentée par la future baisse de l’inflation drivée par la décrue déjà bien réelle des matières premières.

Dans ce contexte, nous recommandons la prudence sur les marchés actions, alors que les taux longs retrouvent des perspectives plus favorables. Par ailleurs, il est recommandé de s’intéresser aux instruments de couverture de type « overlay » ainsi qu’aux produits de performance absolue. Dans une période où les risques géostratégiques sont prédominants, l’allocation d’actifs doit rester prudente au cours des six prochains mois.

Daniel Gérino , 29 mai

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