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Marchés actions Europe : il vaudra mieux éviter de répliquer l’indice en 2016

John Bennett, Directeur de la gestion actions européennes, explique pourquoi ses prévisions n’ont jamais été aussi prudentes au cours des six dernières années et les conséquences sur le positionnement du portefeuille.

La Chine sera cette année l’une des principales menaces auxquelles les investisseurs sur les actions européennes seront confrontés. Nous pourrions, en cas de dévaluation majeure, assister à une grave récession au niveau mondial. C’est pourquoi mes perspectives n’ont jamais été aussi prudentes au cours des six dernières années. Cela fait quelque temps déjà que nous nous trouvons face à un marché baissier. Celui-ci a vu le jour au cours du printemps 2015 et s’étend désormais au reste du marché, des pays émergents aux matières premières en passant par les valeurs ‘défensives’ et maintenant les valeurs cycliques.

La dette a toujours été au cœur de la crise de 2008 et n’a jamais vraiment quitté le devant de la scène. Les banques centrales ont fait de leur mieux pour l’endiguer mais elles ont créé un environnement de taux d’intérêt négatifs, ce qui a en fin de compte encouragé l’endettement. La crise qui a récemment touché les pays émergents s’est inscrite dans la tendance à l’endettement déjà observée au niveau international.

L’année dernière, nous avions averti qu’il nous était difficile de trouver des opportunités sur le marché des actions européennes. Notre point de vue à ce niveau n’a pas changé. Nous estimons que les marchés devraient continuer de chuter à l’avenir, ce que semblent présager les événements du mois de janvier.

La bonne nouvelle, si cette baisse se confirme (et les pertes subies par les indices semblent se multiplier), est que cela devrait être de courte durée et la valeur devait faire son retour sur le marché, encourageant les gérants d’actions à adopter une position constructive à long terme. Il est toutefois difficile, à ce stade, d’imaginer que les actions termineront l’année de façon positive.

Il me semble que 2016 sera l’année des investisseurs actifs - il vaudra mieux éviter de répliquer l’indice en 2016 - et nous mettons l’accent, à l’heure actuelle, sur la préservation du capital.

Il est possible que nous trouvions, çà et là, quelques marchés ou secteurs haussiers, mais dans l’ensemble, l’année 2016 sera une année où il faudra redoubler d’efforts pour dénicher les bonnes opportunités. Le secteur des télécommunications par câble fait partie de ces opportunités. Nous sommes également retournés sur le secteur de l’énergie, après nous en être détourné pendant une longue période, et nous avons initié, entre autres, des positions sur les grosses sociétés pétrolières telles que Total, BP et Royal Dutch Shell. Le cours du pétrole commence à se stabiliser et nous pourrions assister, après une période de sous-performance marquée, à un retour à la moyenne.

À l’inverse, nous avons réduit notre exposition au secteur bancaire européen car nous craignons que les autres pays européens ne suivent l’exemple scandinave et ne durcissent les exigences de fonds propres.

Les positions que nous avons conservées sur le secteur bancaire sont axées sur des sociétés disposant de franchises domestiques solides capables de générer des flux de trésorerie durables.

Par ailleurs, nous devrions être bien placés pour tirer profit de nos positions sur le secteur pharmaceutique. Nous restons optimistes quant aux perspectives des fabricants de composants pour le secteur automobile (et non pas, il est important de le souligner, des fabricants automobiles) qui bénéficient de la poursuite de la demande de technologies de sécurité active pour rendre les voitures plus sûres et plus économes en carburant. Nous investissons également, de façon sélective, sur des sociétés capables de générer une croissance et/ou un revenu fiable, deux éléments recherchés, mais rares, sur le marché à l’heure actuelle.

John Bennett , 25 février

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