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Marchés Émergents : Est-ce le bon moment pour investlr ?

Les marchés émergents se trouvent-ils à un moment clé de leur cycle ? Les flux récents en direction de ces pays semblent indiquer que les investisseurs sont en train de passer du pessimisme à l’optimisme. L’analyse de Wojciech Stanislawski, co-gérant du fonds Magellan de Comgest...

Les économies émergentes sont en voie d’ajustement. Après une période durant laquelle les dirigeants politiques ont favorisé la croissance mais ont omis d’améliorer la productivité, s’appuyant sur la baisse continue des taux et la montée des prix des matières premières, les années 2013-2015 ont été particulièrement difficiles pour ces marchés. La chute des prix des matières premières, la vigueur du dollar américain, et les resserrements monétaires et budgétaires ont conduit à un processus d’ajustement en profondeur. Désormais les comptes extérieurs se stabilisent, l’inflation se normalise, les devises s’apprécient et l’environnement économique s’éclaircit.

De plus, certaines grandes économies se sont engagées sur la voie des réformes, comme la Chine ou l’Inde, ou s’apprêtent à le faire, comme le Brésil.

La croissance des marchés émergents repose aujourd’hui sur une base plus saine qu’il y a quelques années, à l’exception de l’expansion de la dette, largement critiquée, notamment en Chine. Ce pays dispose toutefois d’une marge de manœuvre politique considérable pour s’attaquer à ce problème et a clairement manifesté sa volonté de le faire.

La croissance des bénéfices des entreprises et la rentabilité des capitaux propres ont également traversé une phase d’ajustement et commencent à se redresser. De nombreuses entreprises ont adapté leur base de coûts et leurs investissements à un environnement de croissance ralentie ou de récession pure et simple.

Dans ce contexte, et au vu de la faiblesse des valorisations, d’un sentiment encore mitigé et de résultats des entreprises qui restent médiocres, nous considérons que le passage à vide des actions émergentes pourrait offrir une opportunité de renforcer l’exposition à ces marchés. Nous pensons que les actions des marchés émergents offrent de meilleures perspectives que celles des marchés développés, qui sont généralement plus chères avec un potentiel de croissance limité.

Toutefois, nous ne sommes toujours pas convaincus que les fondamentaux se soient améliorés au point d’annoncer un nouveau cycle haussier. Il faudrait pour cela une réduction des niveaux d’endettement et un rétablissement de la productivité.

À défaut, le principal argument en faveur d’une surpondération de cette zone géographique doit reposer sur une stratégie d’investissement sélective axée sur des noms solides qui offrent la résilience nécessaire pour tirer parti d’un environnement encore difficile dans certains endroits, comme au Brésil par exemple.

Dans cet esprit, Comgest Growth Emerging Markets est investi aujourd’hui sur une quarantaine d’entreprises qui offrent selon nos critères une croissance visible, des retours sur capitaux élevés, un faible endettement et présentant des valorisations raisonnables.

L’une des entreprises investie est Kweichow Moutai, premier producteur chinois de spiritueux. La solidité de la marque et la qualité de ses produits lui ont permis de maintenir son chiffre d’affaires et ses résultats en 2014, et ainsi de gagner des parts de marché, alors que le secteur dans son ensemble se contractait en raison de l’impact sur la demande des mesures anti-corruption. Aujourd’hui, l’entreprise a retrouvé une croissance à deux chiffres tout en augmentant le prix de ses produits haut de gamme.

Nous pensons que ce rythme de développement devrait se poursuivre durant les cinq prochaines années.

Le rendement des capitaux propres est élevé (25 %) tout comme la rentabilité (marge et EBIT supérieurs à 65 %) mais l’actionnariat étranger est faible et la valorisation reste raisonnable avec un multiple de valorisation de 20 fois le résultat des 12 prochains mois (NTM EPS).

Cette approche, axée sur la qualité et la croissance, qui nous a permis depuis plus de 20 ans de générer des rendements supérieurs à ceux du marché avec une volatilité moindre, reste à nos yeux la plus appropriée pour tirer parti de l’environnement en voie de stabilisation, mais encore incertain, des marchés émergents.

Wojciech Stanislawski , 11 octobre

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