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Marché actions : Les rotations sectorielles devraient être de courte durée

Hamish Chamberlayne, gérant au sein de l’équipe d’investissement socialement responsable actions internationales d’Henderson, évoque les principales rotations sectorielles qui ont marqué l’année 2016. Il explique pourquoi les revirements enregistrés sur le secteur de l’énergie et sur celui de la santé pourraient être de courte durée...

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Hamish Chamberlayne, gérant au sein de l’équipe d’investissement socialement responsable actions internationales d’Henderson, évoque les principales rotations sectorielles qui ont marqué l’année 2016. Il explique pourquoi les revirements enregistrés sur le secteur de l’énergie et sur celui de la santé pourraient être de courte durée, compte tenu des thèmes à long terme que sont le vieillissement de la population et le changement climatique.

Fluctuations à court terme

Les conditions de marché ont été impitoyables depuis le début de l’année 2016. L’indice S&P 500 a enregistré une légère augmentation de 2,3% depuis le début de l’année [1] mais ceci masque le renversement significatif de plusieurs transactions de 2015 basées sur les tendances (momentum). Le secteur de l’énergie et celui des matériaux, les moins performants l’année dernière, font partie des secteurs ayant enregistré la meilleure performance cette année, grâce à la reprise du cours du pétrole et des autres matières premières. A l’inverse, le secteur financier, de la santé et de la technologie figurent parmi les secteurs les moins porteurs cette année. L’environnement politique aux Etats-Unis a assombri les résultats du secteur de la santé avec la surveillance accrue du prix des médicaments et la mise en place de mesures visant à réduire l’évasion fiscale par l’Internal Revenue Service (IRS), ce qui a fait échouer la plus grande fusion de l’histoire sur le secteur pharmaceutique, entre Pfizer et Allergan.

Perturbations sur le marché des capitaux

Nous pensons que la rotation sectorielle sera de courte durée. La poursuite de l’environnement de faibles taux d’intérêt s’explique principalement par le fait que la croissance de la productivité reste extrêmement faible, ce qui est confirmé par le fait que la dette continue d’augmenter en pourcentage du produit intérieur brut (PIB). Ceci est en partie dû au fait que certaines tendances environnementales et sociales extrêmement puissantes refaçonnent l’économie mondiale. Les deux tendances ayant la plus grande incidence sont le vieillissement de la population et le passage à une économie à faible teneur en carbone. Elles perturbent fortement la façon dont les marchés mondiaux de capitaux fonctionnent. Notre stratégie d’investissement durable adopte une approche thématique en termes de sélection de titres, investissant dans des sociétés abordant ces tendances à long terme de façon stratégique.

Santé et énergie : analyse des tendances

Selon un rapport présenté au Congrès américain par MedPAC [2] l’an dernier, 10 000 personnes prennent, en moyenne, leur retraite chaque jour aux Etats-Unis et, au cours des 15 prochaines années, les inscriptions à Medicare devraient augmenter d’environ 50% et passer de 54 millions à plus de 80 millions. La surveillance accrue des frais de santé est inévitable dans de telles conditions, mais cette tendance devrait continuer d’être positive pour les prestataires de soins de santé offrant une véritable valeur. Nous adoptons également une approche contrariante sur le secteur de l’énergie. Le secteur s’est fortement repris mais nous pensons que les investisseurs doivent continuer à faire preuve de prudence sur cette industrie. L’économie mondiale devra, au cours des 15-20 prochaines années, rompre sa dépendance aux combustibles fossiles et passer à une économie à faible teneur en carbone afin de limiter les effets du changement climatique. Cinq sociétés américaines du charbon ont, depuis mai 2015, ouvert des procédures de faillite en vertu du chapitre 11, Peabody Energy étant la dernière touchée.

Organisation pour un avenir sans pétrole

Nous considérons également que les autres développements récents sonnent le glas du pétrole : Tesla venait à peine de recevoir 325 000 réservations au cours de la première semaine suivant le lancement de sa voiture électrique pour le marché de masse que l’Arabie saoudite dévoilait son vaste plan de réformes, indéniablement le plus important de son histoire. Le plan « Vision 2030  » de l’Arabie Saoudite a pour objectif d’aider le pays à réduire sa dépendance au pétrole, avec le projet, notamment, de vendre en Bourse une partie de la société Saudi Aramco, le plus grand groupe pétrolier au monde, ce qui pourrait être la plus importante introduction en bourse jamais réalisée sur le marché.

Il reste actuellement à l’Arabie saoudite, en se basant sur les niveaux de production actuels, 70 ans de réserves et, le pays étant lui-même l’un des plus gros consommateurs de pétrole brut au monde, il apparaît logique qu’il commence à céder ses participations et à se diversifier sur les sources d’énergies alternatives telles que l’énergie solaire. La feuille de route économique de l’Arabie saoudite prévoit que le cours du baril de pétrole atteindra 30 dollars US, ce qui ne semble pas conservateur. « Vision 2030 » est, selon nous, une nouvelle preuve de l’arrivée d’une période ‘après-pétrole’, au cours de laquelle les actifs carbone non-combustibles déjà découverts devront rester sous terre.

Hamish Chamberlaine , 8 juin

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Notes

[1] Source : Thomson Reuters Datastream, Indice des prix S&P 500, en dollars US, au 25 mai 2016.

[2] MedPAC = The Medicare Payment Advisory Commission. Medicare est le programme fédéral de remboursement des soins de santé aux Etats-Unis pour les plus de 65 ans, ou les personnes lourdement handicapées, ou celles souffrant d’insuffisance rénale terminale

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