Les poches de trésorerie des investisseurs se structurent selon leurs besoins de liquidité

Le besoin de placements court terme et peu risqués ne se dément pas, comme en témoignent les solides flux de collecte dont bénéficient les OPC monétaires depuis deux ans, malgré les performances négatives qu’affiche la grande majorité d’entre eux.

Entre fonds « cash équivalent », à échéance, ou d’obligations court terme, plusieurs alternatives au monétaire sont offertes.

Le besoin de placements court terme et peu risqués ne se dément pas, comme en témoignent les solides flux de collecte dont bénéficient les OPC monétaires depuis deux ans, malgré les performances négatives qu’affiche la grande majorité d’entre eux. Beaucoup d’investisseurs sont contraints de continuer à allouer une partie de leurs actifs en fonds court terme, pour des raisons de réglementation, de règles prudentielles et de contrôle des risques. Ceci les incite à avoir recours à des OPC monétaires, qui offrent certes une performance légèrement négative, mais sans crainte de forte moins-value.

En outre, les dépôts bancaires courants ne sont pas une alternative, car les banques répercutent les taux négatifs auxquels sont soumis les liquidités déposées à la Banque Centrale Européenne.

Ces choix sont d’autant plus d’actualité, que les craintes de corrections grandissent concernant les marchés actions comme obligataires. Ce contexte nourrit les réflexions des investisseurs sur les choix à leur disposition. Beaucoup de titres obligataires de courte ou moyenne maturité offrent une rémunération proche de zéro et un risque non négligeable de perte en cas de hausse des taux. Les alternatives au monétaire sont appréhendées selon leur degré de risque.

Des marges de manœuvre plus ou moins larges selon les véhicules

En premier lieu, les fonds « cash équivalent » (sous la forme de fonds ouverts ou dédiés) donnent plus de marges de manoeuvre, leurs règles d’investissement leur permettant de souscrire des obligations jusqu’à 3 ans de maturité, contre 2 ans maximum dans le cadre de fonds monétaires. Ces produits affichent une performance positive sur l’année 2017 (6 pb en moyenne) et ont en conséquence bien collecté.

Ce sur-rendement s’explique essentiellement par la possibilité de prendre des positions sur la partie 2 à 3 ans, nécessairement délaissée par les fonds monétaires. La tendance est cependant à l’écrasement du rendement ces derniers mois, pour tendre vers zéro.

Pour leur part, les obligations court terme peuvent être abordées de deux façons :

  • à travers un fonds à échéance, intégralement constitué de titres de maturité 3 ans, portés jusqu’à leur échéance. Il offre une excellente visibilité sur le rendement.
  • à travers un fonds constitué d’obligations de 1 à 3 ans, mais plus souple que le « cash équivalent » et donc géré plus dynamiquement, puisque susceptible de prendre des positions sur des taux fixes ou du « high yield », par exemple. Il peut ainsi profiter d’opportunités liées à des mouvements de marché, combinant trois sources de performance : la maturité, le crédit et la duration. En contrepartie, il est exposé au risque de taux, mais la limitation de la maturité à 3 ans permet d’avoir un budget de risque bien déterminé.

Dans cette perspective, les investisseurs structurent désormais des poches de trésorerie, court terme et moyen terme, en phase avec leurs besoins de liquidités, courantes ou structurelles.

Christophe Frespuech , 24 janvier

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