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Les investisseurs internationaux boudent les titres libellés en Euro au profit du Dollar

Selon une nouvelle étude de l’Université de Chicago Booth School of Business, il apparaît que depuis la crise mondiale de 2008 la prime accordée aux monnaies d’émission par les investisseurs a bénéficié aux USA aux dépens de la zone Euro.

Dans un article intitulé “International Currencies and Capital Allocation,” (Allocation du capital et devises internationales ), Brent Neiman, professeur d’économie à l’Université de Chicago Booth School of Business, Matteo Maggiori de l’Université d’Harvard et Jesse Schreger de l’Université de Columbia, démontrent que l’allocation des portefeuilles, au niveau macro comme au niveau micro économique, est déterminée en grande partie par un facteur souvent négligé, à savoir, la devise dans laquelle est libellée la dette. En effet, on observe que la majorité du stock d’une obligation est détenue par les nationaux du pays dans laquelle elle est libellée. Ils démontrent également que le Dollar et l’Euro constituent des exceptions à cette règle.

Les chercheurs mettent en évidence une réallocation d’ampleur sur une période longue qui a commencé avec la crise de 2008. Les investissements internationaux se sont détournés massivement des obligations libellées en Euro au profit des obligations libellées en Dollar.

Cette étude des mouvements de capitaux internationaux est fondée sur une analyse de portefeuilles pour total supérieur à plus de 27.000 milliards de dollar.

« Depuis la grande crise de 2008 et les crises successives qu’elle a engendré dans les pays de la zone Euro, l’usage de l’Euro s’est effondré au profit du Dollar pour les émissions de dettes obligataires d‘entreprises, en particulier celles destinées aux investisseurs internationaux », dit Brent Neiman, de l’Université de Chicago Booth School of Business. « Nous avons l’intention d’analyser en profondeur les causes exactes de ce recul dans une prochaine étude, mais il apparait dès à présent que les incertitudes liées à la politique économique et le manque de stabilité dans la zone Euro ont été des facteurs déterminants ».

Dans la première partie de la décennie, les émissions de dettes obligataires d’entreprises libellées en Dollar représentaient environ la moitié des investissements internationaux tandis que les obligations libellées en Euro étaient de l’ordre de 30% des positions. Cette répartition est demeurée inchangée jusqu’au démarrage de la crise mondiale, période où les chercheurs observent un décrochage de l’Euro au profit du Dollar.

Jusqu’en 2016, la part du Dollar dans les investissements internationaux représente plus de trois fois celle de l’Euro.

L’usage de leur monnaie dans les transactions internationales bénéficie directement aux pays émetteurs. Par exemple, les entreprises américaines accèdent à la fois au marché national et au marché international des capitaux du fait de la volonté des investisseurs de détenir des titres libellés en Dollar. En revanche, les entreprises des autres pays, y compris celles des pays de la zone Euro, ont plus de mal à placer leurs emprunts libellés en devises locales auprès des investisseurs internationaux.

Ces constats impactent directement les décisions de politique monétaire de la Réserve Fédérale et de la Banque Centrale Européenne.

Figure 1 : part relative des obligations libellées en Dollar et en Euro dans les portefeuilles des investisseurs internationaux

Next Finance , 25 octobre

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