›  Note 

Les investisseurs français restent prudents, mais sont tentés par une allocation d’actifs plus diversifiée

Legg Mason, l’un des plus importants gérants d’actifs au monde, vient de publier la quatrième édition de son enquête mondiale sur les investissements, une enquête annuelle menée auprès d’un panel de 5 370 investisseurs fortunés (« High Net Worth Investors ») dans 19 pays de décembre 2015 à janvier 2016*.

Pour la première fois depuis son lancement, des investisseurs de plus de 40 ans (ou « seniors ») et des investisseurs issus de la Génération Y (ou « Millenials ») (18-39 ans) ont été interrogés. Des comparaisons intéressantes ont pu être établies entre les deux tranches d’âge concernant les attitudes des investisseurs, les principaux facteurs affectant leurs décisions d’investissement et les raisons de leur comportement d’investissement.

Il ressort de l’enquête que : "Les investisseurs français restent prudents, mais sont tentés par une allocation d’actifs plus diversifiée". Malgré les risques inhérents aux marchés en ce début d’année et la prudence qui les caractérise dans le choix de leurs investissements, les investisseurs français restent plutôt optimistes pour leurs investissements en 2016.

Allocation d’actifs : les français souhaitent accroître la diversité géographique de leurs investissements.

Selon l’enquête, plus de 60% des investisseurs français sont optimistes pour leurs investissements en 2016. Si l’on ne se concentre que sur la fraction la plus âgée des investisseurs, ils ne sont plus que 51% à afficher un tel optimisme. Les investisseurs seniors identifient essentiellement trois facteurs susceptibles de les empêcher d’atteindre leurs objectifs d’investissement : l’instabilité économique mondiale (31 %, contre 23 % pour les Millenials), l’instabilité économique domestique (22 %, contre 11 % pour les Millenials) et la volatilité accrue des marchés (22 %, contre 14 % pour les Millenials). Une large majorité (79 % pour les investisseurs Millenials et 62 % pour les investisseurs d’âge mûr) pense néanmoins que le moment est opportun pour investir sur les marchés, compte tenu de la correction sur les marchés depuis le printemps 2015.

Les actions internationales sont considérées comme l’une des meilleures opportunités d’investissement en 2016 par 58 % des Millenials, malgré une prédilection toujours marquée pour les actions domestiques (62 %).

La tendance s’inverse chez les investisseurs d’âge mûr, qui estiment à 62 % que les actions internationales offrent les meilleures opportunités cette année, contre 57 % pour les actions domestiques. Les Millenials et les investisseurs de plus de 40 ans allouent respectivement 25 % et 19 % de leurs portefeuilles à des investissements internationaux.

Pour la diversification géographique, les Millenials et les investisseurs d’âge mûr sont unanimes, avec notamment une ferme conviction dans le marché américain (52 % pour les Millenials, contre 67 %) et le Royaume-Uni (38 % pour les deux tranches d’âge) ; un résultat qui peut être mis en corrélation avec la plus forte aversion au risque des investisseurs français, qui ont davantage tendance à investir dans les pays développés.

Les investisseurs français, qui recherchent avant tout le rendement, pensent également que les principaux pays asiatiques offrent les meilleures opportunités d’investissement : Singapour (30 % pour les investisseurs de plus de 40 ans uniquement), la Chine (27 % pour les Millenials, contre 29 %) et le Japon (27 % pour les deux tranches d’âge).

« Les investisseurs français, qu’il s’agisse des investisseurs de plus de 40 ans ou des Millenials, élargissent leur univers d’investissement et ne se limitent plus exclusivement aux actions domestiques, explique Vincent Passa, directeur de Legg Mason France et Benelux. On note un intérêt accru pour les actions globales et asiatiques  ».

Environnement de marché : les français recherchent de nouvelles sources de performance.

Les allocations des investisseurs français font ressortir une allocation géographique plus diversifiée, qui reflète une volonté de réduire le risque inhérent à la conjoncture des marchés mondiaux. Cette tendance est également illustrée dans la part d’investisseurs français qui se disent moins enclins à prendre des risques que l’année dernière (82 % des Millenials, contre 71 % des investisseurs d’âge mûr).

Cette aversion au risque et leur manque de confiance dans la conjoncture actuelle sont visibles dans leur allocation en produits de trésorerie : les Millenials détiennent 20 % d’actifs de trésorerie, contre 26 % pour les investisseurs plus âgés. Par ailleurs, plus d’un tiers des investisseurs (Millenials, 39 %, contre investisseurs d’âge mûr, 37 %) estiment que les investissements non traditionnels offriront les meilleures opportunités au cours des 12 prochains mois. « Cette tendance souligne la quête de performance récurrente des investisseurs français dans un environnement de taux bas ainsi que leur volonté de rechercher de nouvelles sources de performance pour leurs investissements », ajoute Vincent Passa, directeur de Legg Mason France et Benelux.

Parallèlement à cela, les portefeuilles de 21 % des Millenials, contre 51 % des investisseurs français d’âge mûr, sont investis dans l’immobilier ; un écart considérable qui illustre l’idée traditionnelle selon laquelle un « actif tangible » constitue un investissement plus sûr.

Plateformes en ligne : une prééminence de la machine sur l’homme à court terme ?

Plus des trois quarts (76 %) des investisseurs Millenials ne sont pas opposés à l’idée d’avoir recours à des robo-advisors, contre seulement un tiers (33 %) des investisseurs d’âge mûr. Cette réticence manifestée par les investisseurs de plus de 40 ans à l’égard des robo-advisors s’explique par le fait que ces derniers ont l’habitude de travailler avec des conseillers financiers ou de gérer eux-mêmes leurs investissements, ce qui les rend moins prédisposés à ce nouveau type de plateforme de conseil.

Le degré de confiance exprimé par les investisseurs Millenials dans les services financiers plus « robotisés » ou systématiques s’illustre également dans l’écrasante majorité de Millenials (97 %) investis dans des ETF, qui composent 34 % de leurs portefeuilles en moyenne ; un chiffre à comparer aux 86 % d’investisseurs européens en moyenne dont les portefeuilles sont investis à 29 % dans des ETF. En fait, les investisseurs Millenials français sont même les plus investis en actions (à égalité avec les investisseurs suédois), avec une allocation de 22 % dans leur portefeuille.

La majorité des investisseurs français (86 %) favorisent malgré tout un accès traditionnel aux marchés, estimant que les autres méthodes d’investissement sont parfois plus risquées.

Horizons d’investissement : jeunes et moins jeunes ciblent le long terme

Parmi les investisseurs français, 56 % des Millenials et 66 % des investisseurs de plus de 40 ans ciblent en priorité le long terme, que la plupart définit comme un horizon de 5-10 ans. Il existe une différence marquée entre la performance souhaitée sur cet horizon par les Millenials (8,4 %) et celle des français de plus de 40 ans (5,1 %). On est loin du chiffre prévu par les investisseurs des autres pays (10,1 %). « Compte tenu de l’horizon d’investissement plus long pour parvenir à leurs objectifs d’investissement, les Millenials peuvent se permettre de prendre plus de risques et anticipent donc des performances plus élevées  », explique Vincent Passa, directeur de Legg Mason France et Benelux.

Pour les Millenials, il est tout aussi important de vivre confortablement (38 %), de constituer un héritage pour leurs enfants (38 %) et de mettre de côté un pécule pour la retraite (38 %). À l’inverse, la priorité des investisseurs de plus de 40 ans est de mettre de côté un pécule pour la retraite (66 %) suivie par le maintien d’un train de vie confortable (62 %). Étant donné le temps qu’il reste aux Millenials avant d’atteindre l’âge de la retraite, leurs objectifs sont répartis plus équitablement entre le court et le long terme, contrairement aux investisseurs d’âge mûr, qui considèrent la retraite comme la priorité numéro un, suivie par le maintien d’un train de vie confortable.

Next Finance , 29 mars

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Note La recherche de rendement, un exercice de plus en plus difficile

Sous l’action des banques centrales, la thématique de la recherche de rendement a été exacerbée ces dernières années, aplatissant les courbes et tirant de plus en plus bas les niveaux de rendement des obligations, parfois jusqu’en territoire négatif. Il faut aujourd’hui prendre de (...)

© Next Finance 2006 - 2016 - Tous droits réservés