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Les actions européennes en piste pour une phase de rattrapage

Et si le constat récurrent du retard de valorisation des actions européennes par rapport aux marchés américains justifiait enfin le retour des investisseurs sur le Vieux Continent ? L’analyse d’Eric Turjeman, Directeur des gestions Actions et Convertibles, OFI Asset management...

En 2017, le momentum pourrait bien s’avérer favorable aux actions européennes. La sous-valorisation des actions du Vieux Continent par rapport aux actions américaines n’est pas nouvelle, mais l’écart s’est encore accentué au cours des derniers mois. L’indice Dow Jones a franchi le 25 janvier, pour la première fois, la barre des 20 000 points, soit une progression de 100 % depuis 1999. De son côté, le CAC 40 a franchi en mars la barre des 5 000 points, mais reste très loin de son record de septembre 2000 à près de 7 000 points.

Les explications ne manquent pas pour justifier cette divergence. Si l’on s’en tient à la dernière décennie (base 100 au 1er janvier 2007), les profits des entreprises américaines dépassent 140 cette année, quand ceux des compagnies européennes atteignent 80. Par ailleurs, la surpondération des valeurs technologiques et en particulier des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), dont les cours ont fortement progressé au cours des dernières années, fait défaut dans la composition des indices européens.

Les valeurs européennes sont-elles néanmoins à leur juste prix ? Certes, le risque politique existe avec l’élection présidentielle française, mais il pourrait se dissiper et permettre aux investisseurs américains et asiatiques qui ont déserté l’Europe de revenir.

Or, l’Europe n’est plus en récession et contribue même positivement à la croissance mondiale. Alors que la Fed a entamé un cycle de resserrement monétaire, après dix années de politiques ultraaccommodantes, le risque d’une augmentation des taux par la BCE au cours des prochains mois reste très faible.

Un rendement moyen de 3,5 % pour les valeurs européennes

Les taux vont rester suffisamment bas pour rendre attrayant le rendement proposé par les entreprises européennes. Pour la cinquième année consécutive, le montant total des dividendes versés en Europe devrait être en augmentation d’une année sur l’autre et offrir un rendement moyen de 3,5 %, bien supérieur à celui de l’OAT 10 ans. Or, le rendement moyen des actions américaines – qui se situe autour de 2 % – est, à l’inverse, inférieur à celui de l’emprunt 10 ans US qui dépasse le seuil de 2,5 %. L’élection de Donald Trump est venue amplifier le relèvement des taux longs américains qui avaient déjà commencé à se retourner. Quant au PER des entreprises européennes, considéré comme le juge de paix des marchés actions, il se situe dans sa moyenne historique et recèle ainsi un potentiel d’augmentation. D’autant que l’affaiblissement de la devise européenne va soutenir cette année l’activité des entreprises exportatrices européennes.

Dans ce contexte, qui seront les gagnants de 2017 ? Dans la perspective d’un affermissement de la croissance mondiale et de remontée des taux, la poursuite de la rotation sectorielle en faveur des valeurs cycliques devrait se poursuivre.

Les bancaires, les secteurs automobile et technologique pourraient tout particulièrement tirer leur épingle du jeu.

Eric Turjeman , 2 mai

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