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Les actions américaines sur un nuage ?

Les Etats-Unis vivent leur huitième année d’une reprise atypique, tant par le rythme de croissance inférieur à leur norme que par la durée de ce cycle. Atypiques également l’absence d’inflation et la modération des salaires malgré la baisse du taux de chômage.

Les Etats-Unis vivent leur huitième année d’une reprise atypique, tant par le rythme de croissance inférieur à leur norme que par la durée de ce cycle. Atypiques également l’absence d’inflation et la modération des salaires malgré la baisse du taux de chômage.

Ce mix croissance/ inflation a conduit la Fed à attendre, attendre, attendre… pour timidement relever ses taux une première fois d’un quart de point au bout de 7 ans de reprise, se trouvant démunie en cas de retournement économique. _Dans le même temps, la reprise a peu profité aux ménages qui ont dû faire face à de nombreux challenges : besoin de fort désendettement, croissance de la part des services dans le PIB au détriment de l’industrie, etc.

Les entreprises et leurs actionnaires se sont ainsi taillés la part du lion, ceci expliquant en partie le désenchantement des américains actuellement visible dans le débat politique et les primaires des deux camps.

Wall Street a profité de cet état de fait (marges au plus haut, argent gratuit, etc) pour enregistrer une performance record : +250% pour l’indice S&P 500 du point bas de mars 2009 au 20 mai 2016, soit une performance annualisée proche de 19% ! Alors que la croissance des résultats réalisée en 2015 et celle attendue en 2016 sont voisines de zéro (voir graphique), que les spreads de crédit notamment sur le high yield sont élevés et que le M&A est en nette baisse, cela nous fait furieusement penser à Vil Coyote qui continue à courir sans s’apercevoir (pour l’instant) que c’est dans le vide !

Cette situation certes peut durer encore un certain temps, mais ne nous leurrons pas : même si nous ne sommes pas au même stade du cycle, même si les achats de la BCE sur les obligations privées commencent seulement, même si la valorisation est moins chère en Europe, toute baisse de Wall Street entrainera avec elle les actions européennes.

Restons donc restons vigilants, profitons de toute hausse pour réduire le risque, d’autant plus que les échéances pouvant remettre en cause la construction européenne ne manquent pas.

Marc Renaud , 25 juillet

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