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Le robo-advisor, avenir de la banque ?

Ces nouveaux venus sur le marché de l’épargne peinent à élaborer une offre véritablement différenciante, au regard de celles des « traditionnels » brokers on line, mais leur capacité à renouveler l’expérience clients pourrait s’avérer très précieuse, pour les établissements bancaires qui cherchent à moderniser leurs offres.

Le sujet des robo-advisors est devenu très tendance dans l’écosystème de la gestion de patrimoine, comme en témoigne la place centrale accordée à ce thème lors du dernier salon Patrimonia. Ces nouveaux venus dans l’univers du conseil patrimonial fascinent autant qu’ils inquiètent, mais il s’avère difficile d’anticiper la place qu’ils occuperont dans les années à venir, tant leurs profils sont variés et leur recherche d’un modèle économique viable délicate. Quelques enseignements peuvent être tirés de la communication plutôt décevante de Yomoni [1] après sa première année d’activité.

Malgré les solides performances de la dizaine de gestions profilées proposées, Yomoni n’a collecté que six millions d’euros et n’a signé que 1500 mandats. Comment analyser ce départ mitigé pour le robo-advisor français le plus en vue ?

Il faut d’abord souligner que le marché français n’est pas aisé à conquérir. Les robo-advisors se sont principalement concentrés sur l’assurance-vie, or ce cadre d’investissement reste complexe, car il combine l’intervention d’un assureur, d’un distributeur et/ou d’un gérant d’actifs. De même, le fonds en euros, spécificité française, est une vraie concurrence pour les profils d’investissement les moins risqués et donc limite le potentiel de clients des robo-advisors qui les proposent. Les épargnants sont, en outre, susceptibles de s’interroger sur la solidité de ces start-up, le risque de leur confier son argent, les conséquences de leur éventuelle faillite.

L’argument de la réduction des coûts, finalement peu distinctif

La transparence et la réduction des coûts sont les principaux arguments des robo-advisors français. Certes, leurs frais sont faibles au regard de ceux des banques de détail, mais ils ne sont pas sensiblement différents de ceux appliqués par les courtiers ou les banques en ligne. Yomoni mise ainsi sur les ETF pour réduire les frais des instruments sous-jacents, mais ils sont tout aussi disponibles chez les brokers on line. Chaque robo-advisor vante la simplicité de son « expérience client ». Là encore, le parcours client est effectivement ludique, mais pas vraiment révolutionnaire par rapport à ceux des courtiers et banques en ligne, qui eux aussi ont digitalisé la souscription de produits de placement, de l’ouverture du compte jusqu’à la signature.

De même, concernant le profilage des clients et l’allocation d’actifs qui en découle, les autres acteurs de l’épargne en ligne ont aussi des arguments.

Mais comparer les acteurs traditionnels de la distribution en ligne aux robo-advisors n’est-il pas une erreur ? Leur moteur de performance, lié à ce fameux « Robot », n’offre-t-il pas une caractéristique véritablement disruptive ? Si tel est le cas, est-ce réellement un avantage ? Pas sûr. En effet, il semble difficile pour un investisseur particulier de faire confiance à un robot pour gérer ses économies, sans que ce dernier ait fait ses preuves ou n’explique sa méthode de gestion. Mais l’investisseur doit être rassuré, la gestion mise en œuvre, par exemple par Yomoni ou Wesave, est, en réalité, belle et bien orchestrée par des gérants en chair et en os, qui s’appuient sur des modèles financiers pour définir leurs allocations, comme dans nombre de sociétés de gestion… Ces robo-advisors sont donc très proches des acteurs traditionnels de la distribution en ligne.

Aussi, le principal atout de ces sociétés est finalement de remettre l’expérience client au goût du jour. Cependant, les robo-advisors risquent de peiner à attirer une clientèle plus âgée et d’abord séduite par la solidité d’une banque ou l’historique et le renom d’un gérant.

En conséquence, il y a fort à parier que l’avenir de ces nouveaux acteurs passe donc par une alliance avec les banques traditionnelles. Elles apporteront leur track record, ainsi que leur marque. Quant aux robo-advisors, ils apporteront leur savoir-faire en matière de digitalisation et d’expérience client, thèmes ô combien chers aux établissements bancaires dans le cadre de leur démarche de modernisation de leur offre. Pour certains, les solutions qui en naîtront permettront de réduire leurs coûts d’acquisition clients, pour d’autres, elles permettront de rajeunir leur offre produit sans pour autant cannibaliser leurs services existants. C’est ainsi que Swissquote, une banque en ligne helvétique, a pris les devants en intégrant un service de robo-advisor « eprivate banking » à son offre de banque en ligne.

Luc Baqué, , Paul Guadagnin , Décembre 2016

Notes

[1] Yomoni est l’un des tout premiers « robo-advisors » français, aux côtés de Wesave en gestion sous mandat, Advize, Fundshop, Marie Quantier en gestion conseillée.

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