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Le point sur les élections présidentielles françaises

Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite française, a rattrapé son retard sur ses opposants centristes dans la course à la présidence. Les marchés craignent un choc majeur à ce stade, le spread entre les rendements des obligations d’État françaises et allemandes ayant atteint son plus haut niveau depuis quatre ans...

Marine Le Pen, candidate de l’extrême droite française, a rattrapé son retard sur ses opposants centristes dans la course à la présidence. Les marchés craignent un choc majeur à ce stade, le spread entre les rendements des obligations d’État françaises et allemandes ayant atteint son plus haut niveau depuis quatre ans. En tant que gérants long/short européens, voici comment nous percevons depuis le Royaume-Uni les différents scénarios potentiels à l’approche des élections françaises.

Un candidat dans la lignée conventionnelle

  • L’issue la plus probable reste la victoire soit du républicain François Fillon, soit du candidat indépendant de centre-gauche, Emmanuel Macron.
  • Dans toute l’Europe, nous assistons à une transition de l’austérité vers la relance budgétaire alors que les gouvernements tentent de raviver la croissance. L’écho le plus favorable des urnes françaises à cette volonté serait l’élection d’un président de centre-droit, d’où la préférence des marchés pour François Fillon. Dans le cas d’une victoire de ce dernier, il est aussi probable qu’il remporte la majorité à l’Assemblée nationale au cours des élections législatives qui suivront le scrutin présidentiel.
  • Le programme de réformes d’Emmanuel Macron est moins radical, mais est favorable au monde de l’entreprise. Le marché soutiendrait probablement sa vision du libéralisme économique, qui pourrait être synonyme de changements propices à la croissance.
  • Les marchés pourraient avoir une réaction de hausse excessive en cas d’une victoire de Fillon, car son programme de réformes radicales pourrait s’avérer trop agressif et donc rencontrer une opposition marquée. De son côté, Macron pourrait avoir des difficultés à faire adopter ses mesures législatives, car il a besoin du soutien parlementaire.

Et en cas de victoire de Marine Le Pen ?

  • Certains signaux envoyés par les marchés obligataires indiquent que les investisseurs se préparent à une « surprise » électorale. Nous avons par exemple observé récemment un retour de la demande d’options d’achat sur les bunds allemands. Le marché actions est moins réactif, ce qui pourrait sous-entendre que les investisseurs ne croient pas à une victoire de Le Pen. Cela peut aussi signifier qu’ils ont retenu la leçon du référendum sur le Brexit, à la suite duquel les liquidations brutales ont rapidement fait place à un rebond du marché.
  • Marine Le Pen est déterminée à faire sortir la France de la monnaie unique même s’il lui faudrait pour cela le soutien du Parlement (où il est peu probable qu’elle obtienne la majorité) et un référendum en sa faveur. À long terme, si la deuxième économie européenne devait quitter la zone Euro, cela porterait un coup fatal à la monnaie unique et au projet européen dans son ensemble
  • Les banques françaises seraient les premières affectées par une victoire de Marine Le Pen. Une sortie de l’euro pourrait s’avérer désastreuse pour ce secteur, notamment pour les établissements de crédit : l’Euro deviendrait un substitut du Deutsche Mark et son cours s’envolerait. La liquidité serait compromise, et même s’il est possible que Le Pen nationalise les banques de détail, elle ne soutiendrait pas les banques d’investissement. En cas de victoire de la candidate du front National, nous adopterions une position négative sur les actions françaises, avec des opportunités de positions vendeuses sur les valeurs bancaires. Toutefois, les leçons tirées du Brexit nous portent également à croire que bon nombre d’entreprises aux fondamentaux solides pourraient alors être sous-évaluées par le marché.

Legg Mason , 6 mars

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