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Le poids des Maux, le choc des Faux Taux

Est-ce l’omniprésence de la famille Trump en une des magazines people ou simplement le plaisir d’un bon mot, mais la situation économique actuelle ne s’est jamais autant prêtée au détournement du slogan mythique du journal Paris-Match, en « le poids des Maux, le choc des Faux Taux ! »

On peut mesurer le pouls des marchés financiers à l’écart entre les taux d’emprunt allemands et français, le fameux spread de taux entre le 10 ans Allemand et l’OAT français. Il est le meilleur révélateur de l’inquiétude des investisseurs étrangers devant la situation économique de notre pays. Quand l’investisseur est inquiet son cœur et ses investissements balancent très vite…Outre-Rhin.

Depuis l’élection de Donald Trump, l’écart entre les taux d’emprunts allemands et français est passé de 0,3 à 0,8 point. Les hypothèses d’une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle et d’un "Frexit" alimentent davantage, chaque jour, l’inquiétude des investisseurs et creuse « l’écart ».

Car leur diagnostic est sans appel : la France va très mal. Elle souffre de maux incurables, notamment une dette abyssale.

Contrairement au mur de Trump, la dette de la France poursuit une inexorable ascension à un rythme qui s’accélère depuis la crise financière de 2008. En 2017, elle atteint les 100% du PIB.

Un niveau que l’on peut comparer avec l’Italie et la Grèce qui sont respectivement à 132% et 177%, mais qu’il faut surtout mettre en regard avec l’Allemagne ou la dette avoisine les 71% de son PIB et le Royaume-Uni avec un taux de 89%.

Surtout, le pays refuse tout traitement de choc pour se soigner. Face à cette dette publique qui gonfle d’année en année, l’Etat refuse de se mettre à la diète. Il engloutit chaque année 57 % de la richesse créée.

Au poids de ces maux, il faut ajouter le choc des « faux taux ». Les taux d’intérêts tels qu’exprimés sont trompeurs car le carnet d’ordres est dirigé par la banque centrale européenne.

Il suffit d’observer les marchés pour voir que les taux longs montent partout sous l’effet d’une reprise de la croissance et de l’inflation dans plusieurs zones du monde. Le spread avec l’Allemagne devrait donc continuer de s’agrandir et les marchés risquent de baisser fortement.

Conclusion : pour ne pas s’enrhumer, quand le temps se gâte, rien ne sert de couvrir, il faut sortir à temps.

Bruno Fine , 3 avril

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