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Le doute a succédé à l’euphorie de janvier mais cette correction pourrait s’avérer passagère

Aux craintes de remontée des taux longs et d’une action plus vigoureuse de la FED sont venues s’ajouter plus récemment les tensions protectionnistes en provenance des Etats-Unis. Nous maintenons notre scénario de croissance peu inflationniste, accompagné d’un environnement monétaire graduellement moins favorable.

Aux craintes de remontée des taux longs et d’une action plus vigoureuse de la FED sont venues s’ajouter plus récemment les tensions protectionnistes en provenance des Etats-Unis. Nous maintenons notre scénario de croissance peu inflationniste, accompagné d’un environnement monétaire graduellement moins favorable. Quant à une escalade généralisée du protectionnisme, cela nous semble peu probable. Nous ne pouvons pas déclarer que la correction actuelle est terminée mais nous observons que les évolutions des marchés américains semblent commencer à s’améliorer. Pour l’instant, une certaine prudence s’impose encore à court terme mais nous restons confiants sur les perspectives des marchés actions en 2018 avec un potentiel de gain de 10%.

Le doute a succédé à l’euphorie du mois de janvier. Aux craintes de remontée des taux longs et d’une action plus vigoureuse de la FED sont venues s’ajouter plus récemment les tensions protectionnistes en provenance des Etats-Unis. Le recul des marchés d’actions mondiaux qui avait débuté fin janvier s’est accentué jusqu’au 9 février. Le rebond qui a suivi a permis de réduire les pertes du mois. Cette correction pourrait finalement s’avérer bénéfique et permettre aux marchés de reprendre le chemin de la hausse si notre scénario de croissance peu inflationniste, accompagnée d’un environnement monétaire graduellement plus contraignant, se maintient.

Nous avions analysé au mois dernier le facteur inflationniste. Nous conservons notre hypothèse d’une reprise légère de l’inflation américaine pendant quelques mois car les pressions salariales restent modérées et gérables par les entreprises. Les doutes des investisseurs devraient donc finir par s’apaiser. Cependant, les premiers discours du nouveau Président de la FED, Jerome Powell, n’ont pas totalement rassuré les investisseurs. Ils n’excluent plus que la FED relève ses taux davantage que prévu à un horizon de 2 ans, si l’activité ou l’inflation s’accélèrent. C’est un facteur de volatilité que nous avions certes intégré mais le risque associé a augmenté quelque peu. Pourtant, les marchés devraient se rappeler que même avec 4 ou 5 hausses de taux supplémentaires, la politique de la FED ne serait pas encore considérée comme « restrictive » et défavorable à l’activité…Tout est une question de tempo dans cette normalisation des taux.

Les statistiques économiques publiées au cours du mois font toujours état d’une activité assez soutenue aux Etats-Unis, en Europe et dans les grands pays émergents. Mais, le rythme de la croissance, qui s’était intensifié depuis un an, semble se modérer surtout en Europe, en Chine ou en Inde. Modération ne signifie pas ralentissement et les marchés financiers ne devraient pas trop s’inquiéter de cette inflexion. D’ailleurs les prévisions d’activité pour 2018 ou 2019 ne sont pas abaissées par les économistes, bien au contraire.

Donald Trump a annoncé récemment une taxation les importations d’acier et d’aluminium. Le retour à un discours protectionniste cache des arrière-pensées électorales évidentes alors que les élections de mi-mandat se rapprochent. Il n’empêche que vouloir remettre un peu d’ordre et de réciprocité dans les échanges commerciaux serait apprécié par beaucoup de monde. Cette nouvelle incertitude a inquiété les marchés qui ont reperdu une partie du rebond qu’ils avaient engrangé. En fait, au vu des annonces qui ont été faites, les risques de dommages réels à l’économie américaine sont très faibles et limités à quelques secteurs. Cela n’engendrerait pas non plus une forte augmentation de l’inflation.

C’est la peur d’une escalade généralisée du protectionnisme, qui pourrait effectivement provoquer un ralentissement mondial, qui a secoué les marchés, mais cela nous semble peu probable.

En revanche, il est vraisemblable que les Etats-Unis continuent à exercer une pression « amicale » pour obtenir de meilleures conditions dans les échanges commerciaux. Cette tension pourrait régulièrement revenir perturber la tranquillité des investisseurs.

Ainsi, que cela provienne de l’inflation, des taux, de la FED ou de Donal Trump, la volatilité des marchés devrait nous accompagner cette année.

Nous ne pouvons pas affirmer que la correction actuelle est terminée. Les craintes ont changé de nature, axées davantage sur le risque politique et la perte de confiance que sur la remontée des taux.

Nous observons que les évolutions des marchés américains semblent commencer à s’améliorer, ce qui n’est pas encore le cas des marchés européens. Nous saurons bientôt si les marchés américains donnent un signal de reprise plus franc susceptible d’entrainer les bourses européennes à leur suite. Pour l’instant, une certaine prudence s’impose encore à court terme mais nous restons confiants sur les perspectives des marchés actions en 2018.

Les fluctuations des Bourses au début du mois de février ont permis d’acheter des actions dans de bonnes conditions, notamment pour des portefeuilles peu investis. Une confirmation de la reprise aux Etats-Unis offrirait également aux investisseurs la possibilité de renforcer leurs positions en actions européennes qui nous semblent en retard.

Si les craintes inflationnistes et protectionnistes venaient à s’apaiser, nous serions sans doute amenés à rehausser notre notation sur les actions. L’environnement économique reste favorable et les excès de valorisation des indices se sont quelque peu résorbés grâce au relèvement des prévisions bénéficiaires et à la baisse des cours.

Nous n’avons pas modifié nos prévisions pour les indices à fin juin et fin décembre. Sur l’année 2018, le potentiel d’appréciation est d’environ 10%.

Nous avons conservé une recommandation Neutre sur les actions à court terme et une opinion Surpondérer à moyen terme en privilégiant les actions européennes.

Nous avons diminué à Neutre notre opinion à court et moyen terme sur le secteur Pétrole et Gaz qui pourrait souffrir du recul du prix du baril. Nous avons réduit la note du secteur Biens de Consommation non cycliques à Sous-pondérer à moyen terme. Nos principales recommandations sectorielles sont inchangées : Automobile, Banques, Services Financiers, Biens et Services Industriels, Assurance, Tourisme et Loisirs, Technologie et Produits de Base.

Nous maintenons un scénario d’augmentation très graduelle des taux long aux Etats-Unis, en direction de 3.2% d’ici 6 à 9 mois, entrainant de manière plus modeste les taux allemands. Toutes les catégories de produits obligataires sont dorénavant en tendance baissière et devraient le rester tant que le rebond des taux américains n’est pas arrivé à son terme.

Nous gardons une position Sous pondérer sur les produits obligataires à court terme comme à moyen terme. Nous réduisons notre opinion à moyen terme sur les obligations privées à haut rendement de la zone Euro à Neutre et conservons une opinion Surpondérer sur les obligations convertibles de la même zone.
Nous maintenons une position Neutre sur l’euro/dollar à court terme et Surpondérer à moyen terme.

Dans notre allocation équilibrée, nous avons profité du repli des cours pour renforcer le poids des actions, en le portant de 49.8% à 50.5%, essentiellement au profit des actions européennes.

Dans la partie défensive, l’essentiel de nos investissements repose sur des fonds de multi stratégie obligataire, associant dettes privées et souveraines et capables de profiter de la hausse comme de la baisse des taux longs. Nous avons renforcé ce poste en allégeant les obligations privées américaines et les liquidités.

Vincent Guenzi , 12 mars

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