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Le déploiement des réformes redonnera du potentiel de croissance à la France

L’année 2017 est un bon cru pour l’hexagone. L’économie française devrait garder le cap de la croissance dans les trimestres à venir, à l’instar des valeurs de moyenne capitalisation qui conservent un véritable potentiel d’appréciation, compte tenu de l’orientation des perspectives bénéficiaires.

Tous les voyants sont au vert. L’investissement privé par exemple a progressé de 4,1% (en glissement annuel après +3,4% au T2.17) en dépit de la fin de dispositifs fiscaux dès le mois d’avril. Le PIB de l’hexagone devrait ainsi progresser de 1,8% cette année, soit un niveau inobservé depuis 2010. Alors que la contreperformance du commerce extérieur avait amputé la croissance de près d’un demi-point de PIB l’an dernier, la France cesse enfin de perdre des parts de marché à l’étranger.

Plusieurs indicateurs nous montrent par ailleurs que l’activité de l’économie française devrait poursuivre sa progression au cours des trimestres à venir. Le climat des affaires s’établit sur des points hauts, signe que l’embellie observée ne faiblit pas et qu’elle devrait se traduire in fine par de nouvelles créations d’emplois l’an prochain.

Autres signes : la baisse du nombre de faillites dans le secteur de la construction et l’amélioration des taux de profits des sociétés non-financières qui permet aux entreprises de disposer des ressources nécessaires pour investir et compenser le retard d’investissement, constaté en France au cours de ces dernières années.

Sans remettre en cause notre scénario de croissance, l’année 2018 sera cependant marquée par l’arrêt progressif de dispositifs de soutien à l’emploi (les emplois aidés notamment) et par la montée en charge de transformations structurelles introduites sur marché du travail. Ceci pourrait possiblement se traduire par un léger freinage l’activité économique. A ceci s’ajoute « le retard accumulé depuis plusieurs années par la France dans la mise en œuvre des réformes du marché du travail et l’insuffisance des investissement dans la R&D et qui pèsent sur le potentiel de croissance de la France. » estime Mabrouk Chetouane, directeur de la Recherche et Stratégie de BFT IM.  « Or, même si la feuille de route du gouvernement paraît ambitieuse en matière de réformes, tant sur la plan du calendrier que du contenu (code du travail, assurance chômage, retraite, fiscalité, etc…) celles-ci s’avèrent absolument nécessaires. Bien que leurs effets induits ne se manifesteront qu’à moyen terme, elles permettront de rehausser le potentiel de croissance de la France » assure Mabrouk Chetouane.

Dans ce contexte, les dernières annonces de la BCE sont de nature à rassurer les investisseurs. Elle reste un des éléments de soutien à l’activité économique et contribuera à offrir des conditions favorables de financement à l’économie française. La BCE veillera à ne pas laisser les taux à long terme s’ajuster de manière excessive. Elle a dans ce but étendu son programme d’achat de titres de dettes. Elle projette d‘acheter 270 milliards d’euros d’obligations d’états et d’entreprises auxquels s’ajoutent près de 130 milliards de réinvestissements.

Les petites et moyennes entreprises françaises sont à privilégier

Cet environnement de taux bas devrait continuer d’inciter les investisseurs à se tourner, l’an prochain, vers les marchés actions. « Au regard des perspectives de croissance des bénéfices (+8.9% attendus en 2018 après +13% en 2017 sur le Stoxx 600, consensus Factset), les niveaux de valorisation des actions européennes ne semblent pas excessifs surtout que l’environnement économique reste favorable » estime Fabrice Masson, directeur de la Gestion Actions et gérant du fonds BFT France Futur.

Les petites et moyennes valeurs françaises figurent parmi les plus fortes convictions pour 2018.

« Leur activité est plus fortement exposée à la conjoncture européenne et française, l’environnement de liquidité reste favorable, ce sont deux facteurs positifs pour soutenir encore le rebond des bénéfices initié en 2017 ». Les sociétés françaises profiteront par ailleurs des effets des premières mesures mises en place par le gouvernement « Macron » pour renforcer la compétitivité des entreprises mais aussi stimuler l’investissement. « C’est la raison pour laquelle nous privilégions le secteur industriel et celui de la technologie qui tous deux devraient profiter d’une amélioration de l’investissement » précise Fabrice Masson.

Next Finance , Décembre 2017

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