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Le Cameroun dernière frontière de l’investissement ?

Selon les chiffres de la banque mondiale, l’Afrique est l’une des zones de la planète où la croissance est la plus forte, même si cette croissance s’est un peu ralentie ces deux dernières années. Dans ce continent africain, un pays à haut potentiel demeure particulièrement méconnu. Il s’agit du Cameroun...

Selon les chiffres de la banque mondiale, l’Afrique est l’une des zones de la planète où la croissance est la plus forte, même si cette croissance s’est un peu ralentie ces deux dernières années (4,5% en 2014, 3% en 2015, le taux le plus bas depuis 2009).

Dans ce continent africain, un pays à haut potentiel demeure particulièrement méconnu. Il s’agit du Cameroun qui organisait du 17 au 18 mai dernier un forum intitulé “investir au Cameroun, terre d’attractivités”. Avec un taux de croissance qui devrait se situer autour de 6,5% au cours des trois prochaines années, le Cameroun représente un potentiel d’investissement important.

Un pays méconnu

Bénéficiant d’une position géographique particulièrement favorable, avec un port (Douala) qui alimente toute la sous-région d’Afrique centrale et d’une frontière commune de plusieurs milliers de kilomètres avec le Nigeria (177 millions d’habitants, 1ère économie d’Afrique), le Cameroun ne dispose pas au niveau international de la notoriété et de l’image qui pourraient lui permettre d’attirer plus d’investisseurs. Pour mieux mettre en valeur le pays et ses potentialités, le Cameroun a organisé le 17 et 18 mai 2016 un forum intitulé “investir au Cameroun”.

Parmi les 800 participants, figuraient des personnalités du monde des affaires comme Baudoin Prot (ancien Président, BNP Paribas, Senior Advisor, Boston Consulting Group), Pascal Lamy (ancien Directeur de l’OMC), José Manuel Barroso (ancien Président de la Commission de l’Union Européenne), Bruno Mettling (Directeur Afrique Moyen-Orient chez Orange), Acha Leke (Directeur régional McKinsey pour l’Afrique australe), Mohamed El Kettani (CEO, groupe Attijariwafabank), Donald Kaberuka ainsi que des personnalités camerounaises comme Alamine Mey, ministre des finances, Louis Paul Motaze, ministre de l’économie ou Paul Fokam, president du groupe Afriland First Bank.

“Le Cameroun est un pays intéressant, avec une croissance supérieure à 5% avec un taux d’endettement de seulement 38%, situation très enviable pour les citoyens Français”, a ironisé Baudouin PROT, ancien Président, BNP Paribas, Senior Advisor, Boston Consulting Group, qui est resté impressionné par la performance du Cameroun et pour qui les avantages du Cameroun sont trop peu reconnus à l’extérieur.

C’était également l’avis de Mohamed El Kettani, CEO du groupe Attijariwafabank qui a évoqué une prise de conscience du gouvernement, sous l’impulsion du Président, Paul Biya de la nécessité de lutter contre la méconnaissance et le manque d’information des investisseurs concernant les efforts déployés par le Cameroun dans sa stratégie horizon 2035.

Racine Kane, Représentant au Cameroun de la Banque africaine de développement (BAD), a pour sa part insisté sur le fait que l’image du Cameroun à l’intérieur est bien plus favorable que celle à l’extérieur et que la BAD reste disponible pour participer aux efforts du Cameroun.

Potentialités et axes d’amélioration

Outre une croissance supérieure à 4% depuis près d’une décennie, le Cameroun avec un PIB de 32 milliards de dollars est la 13ème économie d’Afrique et fait partie des dix premières économies africaines hors Maghreb. Les indicateurs macro économiques du pays sont bons (inflation faible, endettement maîtrisé) et l’économie diversifiée. La main d’oeuvre est bien formée (19000 étudiants dans les pays de l’ocde, 2ème contigent d’Afrique subsaharienne derrière le Nigeria), le pays est dynamique et compte de nombreux entrepreneurs (neuf camerounais presents dans le classement des 25 entrepreneurs les plus riches d’Afrique francophone subsaharienne publié fin 2015 par le magazine Forbes).

En ce qui concerne les relations économiques avec la France, les exportations françaises au Cameroun se sont montées à 644 millions d’euros en 2015, ce qui classe le Cameroun au rang de 6ème client de la France dans la zone Afrique-Océan indien.

Plusieurs axes d’amélioration demeurent pour permettre au Cameroun de mieux mettre en valeur son potentiel économique (d’autant que le pays a pour ambition de devenir un pays émergent dans 20 ans avec le plan Vision 2035). Ainsi, alors qu’il a le 13ème PIB d’Afrique, le Cameroun n’occupe que la 37ème place en Afrique dans le dernier classement Doing Business qui liste les pays selon la facilité d’y faire des affaires.

Le forum "investir au Cameroun" a notamment permis de recenser quelques axes d’amélioration que les autorités locales se sont engagées à mettre en oeuvre :

  • Création d’un conseil de haut niveau de suivi et de réalisation des projets
  • facilitation de l’obtention des visas pour les hommes d’affaires avec dématérialisation des démarches
  • création d’une zone économique spéciale
  • Facilités fiscales encourageant l’investissement privé
  • renforcement des liens avec les pays voisins (zone cemac et Nigeria)
  • Formation : augmentation de la formation d’ingénieurs et de techniciens, formation aux nouvelles technologies

L’un des buts de la conférence était également de trouver des financements auprès des investisseurs puisque le Cameroun a besoin de 2,4 milliards d’euros pour financer 15 projets essentiellement dans les infrastructures routières et énergétiques. Trois de ces projets ont fait l’objet d’accords de négociation de financement.

Le Cameroun en bref
PIB : 32,5 milliards de dollars (13ème en Afrique)
Croissance : 6,3% (2015), source Banque Mondiale
Population : 22,5 millions d’habitants
70 entreprises françaises implantées dans le pays, et réalisant un chiffre d’affaires de 2644 millions d’euros
Secteurs porteurs : Télécoms & nouvelles technologies, agriculture, tourisme, agro alimentaire, pétrochimie, infrastructures

Bruno Boggiani , Paul Monthe , 31 mai

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