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Le Brexit pourrait booster les fusions & acquisitions en France

Selon la dernière étude Intralinks Deal Flow Predictor, la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) est la plus active du monde. En Europe, la France enregistre une croissance des activités de fusions & acquisitions en phase initiale. Moins d’activités de fusions & acquisitions en phase initiale au Royaume-Uni...

La zone Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) est la plus active du monde

  • En Europe, la France enregistre une croissance des activités de fusions & acquisitions en phase initiale
  • Moins d’activités de fusions & acquisitions en phase initiale au Royaume-Uni
  • Rebond des activités de fusions & acquisitions en phase initiale en Allemagne après une baisse au 1er trimestre 2016
  • Freinée par la morosité en Amérique du Nord, la croissance des fusions & acquisitions devrait rester faible, voire stagner à l’échelle mondiale au cours de l’exercice 2016.

D’après l’indice Deal Flow Predictor (DFP) publié par Intralinks® Holdings, Inc., premier fournisseur mondial de services et logiciels de gestion des opérations de M&A, la zone EMEA affiche la plus forte croissance du nombre de fusions & acquisitions (M&A) en phase initiale au 2e trimestre 2016 avec +15,7 % en glissement annuel, contre +1,2 % seulement à l’échelle mondiale, et cela malgré l’incertitude entourant le calendrier et les conditions du Brexit.

Les activités de M&A en phase initiale au 2e trimestre 2016 sont un bon indicateur du nombre de fusions & acquisitions qui seront annoncées au 4e trimestre 2016. Le Royaume-Uni est cependant en dessous de la moyenne européenne, avec une baisse des activités de M&A en phase initiale de 1,4 % sur cette période.

La bonne performance de la zone EMEA est stimulée par l’augmentation du nombre de projets en cours en France, en Italie et en Espagne, avec des progressions respectives de 34,3 %, 15,4 % et 28,4 %. Le rapport montre également pour la zone EMEA une accélération des projets en cours dans les secteurs de la santé, de l’énergie, des biens de consommation, de la distribution et des produits industriels, tandis que les secteurs des matériaux et des télécommunications, médias et technologies faiblissent.

L’indice Intralinks DFP anticipe les évolutions du volume mondial d’opérations de fusions & acquisitions à venir en surveillant le nombre de transactions en phase initiale qui sont en préparation ou en phase de « due diligence ». En moyenne, ces transactions sont annoncées publiquement au cours des six mois suivants.

Si le 2e trimestre 2016 n’inclut qu’une semaine de données après le référendum britannique sur l’appartenance à l’UE, les premières indications de l’indice Intralinks DFP post-référendum semblent confirmer une divergence continue des activités de fusions & acquisitions entre le Royaume-Uni et le reste de l’Europe : dans les 4 semaines suivant le 23 juin, les activités de M&A en phase initiale dans la zone EMEA (hors Royaume-Uni) ont connu une croissance de 19,8 % par rapport à la même période l’année dernière, mais ont diminué de 7,4 % au Royaume-Uni.

« La France affiche une croissance à deux chiffres des activités de M&A en phase initiale, ce qui signifie que, par rapport à 2015, nous devrions assister d’ici la fin de l’année à une forte augmentation des opérations de fusions & acquisitions en France. La France pourrait clairement tirer son épingle du jeu si les membres de l’UE attirent l’attention des acteurs au détriment du Royaume-Uni, la demande d’actifs britanniques se réduisant suite au Brexit », déclare Philip Whitchelo, vice-président pour la stratégie et le marketing produits chez Intralinks.

Intralinks a récemment interrogé des acteurs mondiaux sur ce même sujet : sur 1 001 acteurs, 20 % sont d’avis que, suite à la décision du Royaume-Uni de quitter l’UE, la demande d’actifs européens va effectivement augmenter au cours des six prochains mois. Si tel est bien le cas, la France pourrait connaître une croissance encore plus forte des activités de M&A en phase initiale au cours de l’exercice 2016.

L’Allemagne, elle, a connu un rebond et affiche de nouveau une croissance positive des activités de M&A en phase initiale de 9 % au 2e trimestre 2016, après quatre trimestres marqués par une forte volatilité.

« Le sang-froid de la chancelière allemande Angela Merkel dans sa gestion économique permet aux entreprises allemandes de poursuivre leurs plans d’investissement avec plus d’assurance », explique Philip Whitchelo. « Le défi pour elle, maintenant, c’est de prouver qu’elle peut appliquer l’approche ferme, mais réfléchie qui la caractérise aux négociations de sortie entre l’UE et le Royaume-Uni, en particulier en ce qui concerne le maintien de l’accès du Royaume-Uni aux marchés européens, tout en faisant son possible pour dissuader d’autres pays de suivre cet exemple et de quitter l’UE », ajoute-t-il.

D’autres conclusions marquantes se détachent du rapport Intralinks Deal Flow Predictor :

  • En Amérique du Nord, les activités de M&A en phase initiale ont diminué de 11,2 % par rapport à la même période l’année dernière - le deuxième trimestre de baisse consécutif. Dans la première moitié de l’année, les acteurs en Amérique du Nord ont décidé de tempérer face à la concomitance d’un ralentissement de la croissance aux États-Unis, d’une perspective de nouvelles hausses de taux d’intérêt par la Réserve fédérale en 2016 et d’incertitudes sur l’issue de l’élection présidentielle américaine en novembre.
  • Dans la zone Asie-Pacifique, les activités de M&A en phase initiale ont diminué très légèrement de 0,4 %. L’Asie du Sud-Est (-47,8 %) et l’Asie du Nord (-8,3 %) connaissent les taux de croissance les plus faibles, alors que le reste de la zone affiche une bonne performance, en particulier en Inde et en Australie.
  • L’Amérique latine a connu une reprise au 2e trimestre 2016 : en dépit de la baisse continue au Brésil (-1,8 %) et de la faiblesse du Mexique (-29,4 %), la plupart des autres pays de la région connaissent une croissance à deux chiffres des activités de M&A en phase initiale. Malgré l’impact économique positif des dépenses liées aux Jeux olympiques, le Brésil connaît sa pire récession depuis plus d’un siècle et son économie continue à pâtir de sa forte dépendance aux exportations de matières premières, dont les prix ont été durement touchés par le ralentissement de la demande chinoise.

« L’Amérique du Nord est le principal facteur expliquant notre prévision d’une croissance annuelle mondiale globalement nulle, ou très faible, des annonces de fusions & acquisitions pour l’exercice 2016. Dans la première moitié de l’année, les acteurs en Amérique du Nord ont décidé de tempérer face à la concomitance d’un ralentissement de la croissance économique, d’une perspective de nouvelles hausses de taux d’intérêt par la Réserve fédérale en 2016 et d’incertitudes sur l’issue de l’élection présidentielle américaine en novembre », résume Philip Whitchelo.

Next Finance , 16 septembre

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