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Le Brexit d’Anna Karenine

Dans le roman éponyme de Tolstoï, Anna Karenine apporte le malheur dans sa famille par son infidélité. Ce roman a donné son nom au principe d’Anna Karenine, que les géopoliticiens définissent ainsi : si un seul membre d’un groupe de nations ne tient pas son rôle, alors l’ensemble du groupe en souffre.

Dans le roman éponyme de Tolstoï, Anna Karenine apporte le malheur dans sa famille par son infidélité. Ce roman a donné son nom au principe d’Anna Karenine, que les géopoliticiens définissent ainsi : si un seul membre d’un groupe de nations ne tient pas son rôle, alors l’ensemble du groupe en souffre.

La famille européenne obéit-elle au principe Anna Karenine ?

La sortie annoncée des britanniques déstabilise la politique européenne dont le calendrier est déjà pour le moins chargé : blocage politique en Espagne, gouvernement minoritaire en Irlande, volonté d’indépendance en Catalogne et en Ecosse, popularité croissante des partis anti-européens, crises chroniques de la dette grecque et élections en France et en Allemagne l’année prochaine.

Et, comme le graphe le montre, le risque politique influe sur l’économie, notamment en raison des reports de dépenses et d’embauches qu’elle suscite chez les entrepreneurs.

L’infidélité anglaise amène donc deux malheurs à la région : une économie européenne plus faible qu’initialement prévue et le risque accru d’une fragmentation à terme.

Comment pour autant en estimer avec précision les conséquences à long terme ? Les éléments de comparaison faisant défaut, on ne pourra pas répondre à cette question avant longtemps. Rappelons-nous d’ailleurs que le roman de Tolstoï commence par ces lignes « Toutes les familles heureuses se ressemblent. Les familles malheureuses sont malheureuses chacune à leur manière. »…et qu’il est un peu long.

Et s’il parait à certains que les anglais ont décidé de se jeter sous un train, n’en désespérons pas pour autant. Pour les trimestres qui viennent, les conséquences économiques seront limitées et les banques centrales ne manqueront pas soutenir les marchés s’ils venaient à paniquer.

Frédéric Rollin , 29 juin

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