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Le « Brexit » commence à être « dans Le marché »

L’accumulation des risques (macroéconomiques, géopolitiques, Banques Centrales...) et surtout plus récemment l’éventualité d’un « Brexit », a fini par peser. Les investisseurs viennent d’en prendre acte et les marchés ont corrigé violemment.

À la veille de l’élection, les sondages sont désormais en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Les pronostics des bookmakers restent encore positifs pour le « remain  » mais la cote a beaucoup baissé, passant de près de 80 % à environ 60 %.

Les investisseurs viennent d’en prendre acte et les marchés ont corrigé violemment.

Le scénario que nous avions anticipé et décrit dans notre précédente note du mois de mai se matérialise donc. Nous en sommes à la moitié du chemin imaginé sur les indices actions européens après un « Draw down » de près de 10 %. Les taux ont également pris le chemin attendu avec un passage du Bund en rendement négatif et un élargissement des écarts de taux à l’interieur de la zone Euro, une baisse de la livre…

Techniquement, les configurations sont assez claires en cas de « Brexit ». Une baisse supplémentaire et rapide de 7 à 10 % des principaux indices actions en Europe serait probable, avant d’atteindre des supports – au moins intermédiaires – assez solides qui pourraient donner des points d’entrée inté- ressants : autour de 306 sur l’indice Stoxx Europe 600*, 5 500 sur l’indice FTSE 100** de la Bourse de Londres... La livre pourrait baisser dans un premier temps autour de 1,33 contre le dollar, puis éventuellement 1,20. L’euro pourrait atteindre 0,88 contre la livre, soit le point haut de début 2013, ce qui signifie une baisse possible de l’ordre de 10 %. En ce qui concerne les marchés obligataires, un objectif de tension instantané de 45 points de base serait possible sur les obligations à 10 ans espagnoles et italiennes... Tandis que le Bund s’enfoncerait en rendement négatif jusqu’à atteindre la zone de - 0,5 %...

Outre ces niveaux, la réaction politique du reste de l’Europe en cas de « Brexit » sera à scruter de près. En effet, une réaction forte du couple franco-allemand avec une rupture nette avec le Royaume-Uni couplée à une communication claire de la BCE peut permettre, au moins temporairement, de circonscrire les forces centrifuges à l’œuvre en zone Euro et tempérer les marchés une fois la nouvelle digérée. Inversement, en cas de flottement et de cacophonie européenne, le stress de marché pourrait s’étendre et recommencer à intégrer des inquiétudes sur la pérennité de la zone Euro.

Ce qui a changé par rapport à notre dernière analyse, c’est que le profil d’investissement n’est plus asymétrique ! Nous avions en effet souligné qu’il n’y avait rien à gagner en cas de « remain  », et tout à perdre en cas de sortie car les marchés n’intégraient pas ce risque. Ce n’est plus le cas et le profil d’investissement nous semble désormais plus « symétrique ». En effet, si les électeurs votent en faveur d’un maintien dans l’Union européenne, les marchés effaceront rapidement le terrain perdu. Et n’oublions pas que lors des dernières élections sur le référendum en Écosse, et à l’occasion des élections du Premier ministre, les sondages étaient assez loin de la réalité...

En tout état de cause, le score sera probablement serré et le débat sur l’Europe – et plus largement sur les questions de souveraineté nationale – sera à l’ordre du jour dans tous les pays, alors que le calendrier électoral est chargé cette année. Cela est de nature à entretenir une volatilité élevée surles marchés, ce qui est notre scénario pour les prochains mois et qui doit bénéficier aux investisseurs de long terme.

Cependant ne perdons pas de vue que, quel que soit le résultat du vote, c’est bien l’évolution de la croissance mondiale (et donc son impact sur les perspectives de bénéfices des sociétés) qui guidera les marchés après l’été.

Jean-Marie Mercadal , 22 juin

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