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La zone euro bien placée dans la reprise synchrone

Depuis le début de l’année civile, les actions de la zone Euro affichent un gain de 13.3% (Eurostoxx) et celles des marchés émergents +16.7% contre seulement 4.5% pour les actions américaines (S&P 500). Notons que la contreperformance américaine s’explique par la dépréciation du USD...

Depuis le début de l’année civile, les actions de la zone Euro affichent un gain de 13.3% (Eurostoxx) et celles des marchés émergents +16.7% contre seulement 4.5% pour les actions américaines (S&P 500). Notons que la contreperformance américaine s’explique par la dépréciation du USD. A la différence des années précédentes la hiérarchie des performances boursières est conforme à celle des valorisations : les marchés les plus attractifs (les moins chers en termes de multiples des bénéfices) ont davantage progressé.

Les Etats Unis ont longtemps mené la danse, portés par une croissance plus solide que celle des autres zones. La période de la crise des dettes souveraines (2010-2012) a contribué à ce retard.

Mais les données économiques des six derniers mois montrent un rattrapage de l’ensemble des grandes zones économiques. Les marchés actions européens sont portés par la hausse de la profitabilité des entreprises, des conditions financières toujours aussi favorables et une demande bien orientée. Les bénéfices par actions (BPA) de la zone Euro se situent près de 25% en deçà du niveau pré-crise.... Contre +35% aux Etats-Unis ! La tendance sur les BPA n’a commencé à s’inverser que cette année.

Contrairement aux Etats Unis, le levier opérationnel reste élevé, les marges relativement basses. Seul une appréciation appuyée de la monnaie commune apparait susceptible de menacer ce nouvel équilibre.

Le calme des marchés malgré les tumultes catalans, les atermoiements autour du BREXIT témoignent d’une perception nouvelle des investisseurs mondiaux à l’égard de la zone. La zone Euro bénéficie aussi d’un paysage politique plutôt éclairci sur les 4 ans à venir avec l’arrivée d’Emmanuel Macron et le renouvellement d’Angela Merkel pour améliorer la gouvernance de la zone Euro et ainsi optimiser le potentiel économique de la zone. Emmanuel Macron bénéficie notamment de ce contexte pour mener à bien des réformes de fonds.

Ajoutons à cela la posture de la BCE qui reste, malgré la réduction de son « Quantitative Easing » de 60 à 30 Mds d’achat par mois, accommodante. La normalisation monétaire se fera de manière très progressive.... Au point de se demander si cette même normalisation ne vise pas seulement à disposer d’une marge de manœuvre pour agir en cas de besoin. En tout état de cause, la communication du président de la BCE est restée « dovish ».

Dans un passé récent, rarement l’Europe n’aura en effet bénéficié d’un avis favorable aussi consensuel dans les salles de marchés ! Croissance enfin alignée sur ses homologues américaine et anglaise, demande intérieure solide, potentiel de rattrapage relatif de son marché actions, effet procyclique du retour des flux des investisseurs extra-européens et révisions à la hausse des anticipations de croissance de la zone Euro par le FMI pour 2018... Les raisons expliquant cet optimisme retrouvé ne manquent pas. L’Europe bénéficie actuellement de la confiance des investisseurs. L’enjeu pour 2018 consiste, à l’instar des interrogations de l’OCDE, à transformer cette reprise synchrone et cyclique en une reprise durable appuyée par l’investissement et les créations d’emploi.

François Jubin , 13 novembre

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