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La situation politique reste préoccupante mais les sociétés européennes enregistrent de bons résultats

Selon Tim Stevenson, Directeur Actions Europe d’Henderson Global Investors, la volatilité devrait se poursuivre mais les actions européennes pourraient continuer de se reprendre...

Le bilan de santé des marchés européens montre que plusieurs éléments ont préoccupé les investisseurs depuis le début de l’année, notamment la situation aux Etats-Unis et en Europe. Les données économiques n’ont pas été trop mauvaises mais cela ne s’est pas traduit par une accélération de la croissance, ce qui aurait normalement dû être le cas au regard de l’ampleur des mesures de stimulus monétaire qui ont été mises en place jusqu’à présent. La tendance croissante des taux d’intérêts négatifs a ouvert la boîte de Pandore à des scénarios complexes, en particulier pour les banques. Les récentes annonces de résultats des sociétés ont été satisfaisantes, ce qui signifie que les résultats sont « suffisants pour l’instant ». L’association de ces facteurs suggère que les investisseurs en actions devront faire preuve de patience.

Le dilemme de l’argent facile

La patience a toutefois fait singulièrement défaut aux investisseurs sur certains secteurs du marché, entraînant une forte augmentation de la volatilité, en particulier sur les « commodity trading advisors » (CTA), sur le trading à haute fréquence et sur les « exchange-traded funds » (ETF) évoluant rapidement.

Quelle en est la raison ? Tout porte à croire que les marchés obligataires et les marchés actions sont en cours d’acclimatation, ces derniers s’adaptant à la nouvelle réalité de la croissance modérée.

La croissance devrait progresser d’environ 1,5% en 2016 en Europe, rester terne aux Etats-Unis et se ralentir en Chine et dans les pays émergents.

Est-ce là un scénario désastreux ? Pas nécessairement. Il est, bien évidemment, toujours possible de trouver de la croissance dans un monde où elle se fait rare. Celle-ci peut provenir de sociétés, de privés ou de gouvernements cherchant à améliorer l’efficience et à externaliser certaines de leurs opérations. La situation démographique est une autre source évidente de croissance : la santé et la nécessité pour les particuliers d’épargner pour leur retraite.

La BCE ne déçoit pas

Certains doutes subsistent quant à l’efficacité des mesures d’assouplissement quantitatif. Je pense que les mesures de stimulus, annoncées le 10 mars dernier par la Banque Centrale Européenne, suffisent amplement pour répondre aux attentes. Le président de la BCE, Mario Draghi, a présenté, suite à la ‘déception’ en décembre, tout un ensemble de nouvelles mesures dont des baisses de taux d’intérêt et la prolongation du programme d’achat d’obligations de la BCE. Les critiques ne manqueront évidemment pas de fuser quant à l’impact des taux d’intérêt négatifs sur les banques, d’où les nouvelles opérations ciblées de refinancement à plus long terme (TLTRO) visant à essayer d’atténuer leur incidence.

L’annonce, par Mario Draghi, que la BCE n’abaisserait pas de nouveau les taux d’intérêt, a tout d’abord inquiété les marchés mais cela semble en fin de compte avoir été une déclaration judicieuse. L’inflation semble repartir aux Etats-Unis mais Draghi continue d’affirmer que l’inflation de la zone Euro se rapprochera de l’objectif de 2% visé par la BCE au cours de l’année 2017, ce qui est évidemment beaucoup plus tard que prévu. L’inflation de base reste positive en Europe (voir graphique ci-dessous). La fin de la baisse des taux d’intérêt pourrait donc en fin de compte signifier le retour à la normalité, la ‘nouvelle’ norme étant un monde de faible croissance.

Titre : L’inflation de base reste positive en Europe

Répercussions du ‘Brexit

La situation économique est une source de problème depuis le début de l’année et les choses ne devraient pas s’améliorer dans les mois à venir. Le référendum sur le maintien ou la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne aura lieu le 23 juin prochain. Les sondages prévoient que le Royaume-Uni se maintiendra dans l’Union européenne mais le stress lié à la crise des migrants et à la situation économique pourrait attiser la nervosité des investisseurs. Les Conservateurs semblent largement en faveur de la sortie de l’UE, ce qui peut surprendre les personnes situées en dehors du Royaume-Uni. Les partisans de la sortie de l’UE affirment qu’une courte période de transition aura lieu avant que l’économie britannique se reprenne. J’estime que les individus affirmant que la sortie du Royaume-Uni de l‘UE n’aura pas de répercussions négatives sur l’économie britannique sont naïfs. Quelle que soit l’issue du référendum, les incertitudes soulevées par le scrutin pourraient, pour le moment, entraver la réalisation de progrès réels par les marchés. Nous devrions rester fortement sous-pondérés sur le Royaume-Uni, par rapport à l’indice de référence, jusqu’à ce que la situation soit réglée.

Nous nous sommes affairés, au cours des derniers mois, à réduire notre exposition au secteur financier. Nous avons réduit notre sous-pondération au secteur de l’énergie pour nous permettre de suivre la progression enregistrée par les matières premières depuis la mi-février.

La volatilité devrait se poursuivre mais nous pensons que les actions européennes pourraient continuer de se reprendre. La situation politique reste préoccupante mais les sociétés européennes enregistrent de bons résultats et se montrent à la hauteur des attentes.

Tim Stevenson , 7 avril

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