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La politique de relance de Trump va soutenir le « méga-cycle » économique et boursier aux Etats-Unis

Selon Lieven Jacobs, Directeur de la gestion de Quilvest Asset Management, l’économie devrait même encore gagner en vigueur outre-Atlantique d’ici à 2019, stimulée par la politique de relance de l’administration Trump. Un objectif de 5% de croissance nominale est crédible.

Après avoir connu un léger trou d’air entre 2014 et l’été 2016, certains analystes ont d’ailleurs perçu cette parenthèse comme les prémices d’une récession, l’activité économique américaine a renoué avec une croissance dynamique depuis le troisième trimestre de l’année passée. L’amélioration de la conjoncture est désormais pleinement animée par la confiance du consommateur, qui profite d’un marché du travail proche du plein emploi et de la croissance des salaires.

La croissance nominale et réelle sera plus élevée

Alors que la croissance nominale s’établit actuellement à près de 3% outre-Atlantique, le programme économique de l’administration Trump devrait stimuler l’activité à moyen-long terme. « Les capacités de production aux Etats-Unis ont vieilli. L’environnement pro-croissance souhaité par Donald Trump, entre dépenses budgétaires, baisses d’impôts et investissement dans les infrastructures devrait être favorable à l’activité des entreprises et au renouvellement de leurs capacités » analyse Lieven Jacobs. Les dépenses publiques vont probablement creuser le déficit public américain de -3% à -5%.

Mais ce déficit plus important devrait générer assez rapidement des revenus. « On estime que 2 points de déficit supplémentaire représentent 2 points de croissance supplémentaire » poursuit-il. Pour les ménages, la baisse d’impôts promise par le nouveau gouvernement va soutenir la consommation. « Associée à la hausse des salaires, l’assouplissement fiscal aura un impact sur les revenus disponibles des consommateurs ».

Un objectif de 5% de croissance nominale est crédible à l’horizon de 18 mois.

L’inflation conserve sa tendance haussière, mais la progression sera moins marquée dans les mois à venir. L’effet de base lié aux prix pétroliers va peu à peu s’atténuer, ce qui devrait conduire à une stabilisation des anticipations d’inflation. Dans ces conditions la croissance réelle sera plus élevée.

Le rallye boursier américain loin d’être épuisé

L’accélération de la croissance américaine va profiter à la croissance mondiale. « Les Etats-Unis ont traditionnellement un rôle moteur pour la croissance globale, la vigueur de l’activité profitera aussi aux marchés émergents et aux autres pays développés ». Et ces perspectives macroéconomiques sont de nature à soutenir la progression des marchés actions. « Nous anticipons une croissance bénéficiaire des entreprises américaines supérieure aux attentes dans les prochains trimestres » ajoute Lieven Jacobs. Le ratio de P/E (cours/bénéfices) actuellement élevé outre-Atlantique, excédant 20 fois les résultats sur le S&P 500, va mécaniquement se tasser avec le regain de croissance bénéficiaire des compagnies. « Le rallye boursier des marchés américains peut encore durer quelques années » avance-t-il.

Concernant les perspectives des marchés de taux américains, « la grande habileté de la Fed dans son relèvement très graduel des taux directeurs a dissipé tout risque majeur de krach obligataire ».

L’équipe de Quilvest AM anticipe un niveau proche de 3,5% pour le taux obligataire souverain américain à 10 ans, à l’horizon du second semestre 2017.

En termes de choix d’investissement, Quilvest AM privilégie aujourd’hui les obligations high yield au compartiment investment-grade. « L’investment-grade est plus exposé au risque de taux, son comportement est similaire à celui du Bund. En revanche, le high yield offre encore un coussin de valorisation et présente des fondamentaux robustes, en témoigne la réduction des taux de défaut » note Lieven Jacobs. L’équipe continue également de privilégier les dettes subordonnées, les dettes financières et les obligations convertibles, notamment celles sensibles aux marchés actions d’une part et à la volatilité d’autre part.

Lieven Jacobs , 7 février

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