AVIVA Advertisement AVIVA
›  Opinion 

La nouvelle dynamique à l’œuvre aux Etats-Unis influencera à terme la zone Euro

Dans ce contexte, la vigilance est de mise pour le gérant de mandat assurantiel, car les éléments susceptibles d’affecter notre zone en provenance des Etats-Unis ont potentiellement des effets contradictoires en termes de PIB. En revanche, l’effet possible sur l’inflation semble plus clair et nettement haussier...

Les premières initiatives de la nouvelle Administration Américaine confirment une volonté du Président Trump d’appliquer son Programme de campagne électorale, fondé en matière économique sur l’adoption de mesures protectionnistes, la réduction de la réglementation financière, l’activation de la politique budgétaire et fiscale et la mise sous pression de la Fed. Sur le plan de la Politique étrangère, qui peut également avoir un impact en matière économique, la volonté d’un retour à un certain isolationnisme semble affichée. La Constitution américaine reposant sur un savant équilibre entre pouvoirs et contrepouvoirs, la capacité du Président à décider seul est limitée et la volonté de celui-ci, tout en étant une condition nécessaire de l’application de son programme, n’est cependant pas une condition suffisante. L’on peut néanmoins s’interroger sur les conséquences possibles des nouvelles orientations américaines sur l’Europe et la zone Euro, si elles se confirmaient.

A l’égard de l’Europe, la proximité des Etats-Unis avec la Grande Bretagne semble renforcée, dans la perspective du Brexit avec la mise en œuvre envisagée d’un « marché commun » USA-Royaume Uni. Ce renforcement éventuel des liens entre le Royaume Uni et les Etats Unis aurait un impact sur les négociations du Brexit, dans le sens d’une vraie sortie de l’Union Européenne.

Les relations entre les Etats Unis, la zone Euro et plus largement l’Union Européenne, sont en revanche sous pression, le Président Trump ayant critiqué les principes même de l’Union, tout en portant des accusations de dumping sur le niveau de l’Euro ciblant plus particulièrement l’Allemagne. Ces déclarations récentes nuisent à la Confiance, et induisent une pression indirecte sur la Banque Centrale Européenne : le QE a en effet un impact baissier sur le taux de change de l’Euro contre dollar. Si l’inflation en zone Euro confirmait son redressement, Mario Draghi pourrait avoir moins de marges de manœuvre pour retarder la communication sur le début du Tapering en 2018.

Sur le plan budgétaire américain, les baisses d’impôt promises concernant les sociétés peuvent faire l’objet d’un consensus avec la Majorité républicaine au Congrès car elles s’inscrivent dans la tradition Reaganienne la plus classique, alors que le vote concernant certaines nouvelles dépenses notamment d’infrastructures pourrait s’avérer pour sa part plus ardu, en raison de son caractère iconoclaste pour le Grand Old Party. Si l’intégralité du volet investissement et réductions d’impôt du programme de Mr Trump était réalisé, il s’en suivrait un accroissement du déficit budgétaire américain. Le dérapage de celui-ci, en renforçant la croissance du PIB à un stade du cycle économique des Etats Unis où des tensions salariales se font déjà jour, avec des pénuries de main d’œuvre qualifiée dans certains secteurs, provoquerait une hausse de l’inflation américaine (et des anticipations). Il s’en suivrait une poursuite de la hausse des taux des Tbonds et une accélération du rythme de la remontée des taux directeurs de la Fed, sauf si l’Administration Trump remettait en cause l’indépendance de celle-ci ou bien agissait via le renouvellement du mandat de plusieurs de ses membres dans les prochains mois. Or, historiquement, une hausse des taux obligataires américains a toujours induit, même de manière atténuée, une hausse des rendements obligataires en Europe. Les coûts de financement des Etats Européens et par sympathie des agents économiques européens s’en trouveraient ainsi accrus.

Sur le plan réglementaire, la volonté de remette en cause la Loi Dodd Frank de 2010 régulant l’activité bancaire et financière pourrait faire l’objet de débats au sein de la majorité Républicaine, compte tenu du fait qu’elle fut adoptée en son temps en réaction aux excès ayant conduit à la crise des subprimes. La déréglementation du secteur financier américain peut être favorable à court terme à un renforcement du potentiel de croissance du PIB, bien qu’elle crée de nouveaux risques à moyen terme. Si cette déréglementation était mise en œuvre aux Etats Unis, il est vraisemblable que la zone Euro, pour des raisons d’équité de concurrence, suivrait d’une manière ou d’une autre la même tendance, ce qui au moins dans un premier temps, augmenterait la capacité des banques de notre zone à financer l’économie réelle.

Sur le plan commercial, la préférence de l’Administration Trump pour le bilatéralisme protectionniste au détriment du multilatéralisme libre échangiste se traduit d’ores et déjà par la remise en cause des Traités multilatéraux de libre échange (le TPPA pour le Pacifique, le projet de TAPA pour l’Europe) assortie de la menace d’imposition de nouveaux droits de douane. Si cette menace était appliquée, elle pèserait sur le développement du commerce international, par l’effet des mesures de rétorsions en chaîne, et in fine nuirait à la croissance de l’activité dans notre zone. L’Allemagne, dont la moitié du PIB dépend des exportations, pâtirait plus particulièrement d’une réduction du commerce international.

Sur le plan de la politique de défense, la volonté des Etats Unis de transférer aux pays européens une part plus importante du coût de l’OTAN, aurait des conséquences sur les budgets des Etats européens qui consacrent à ce jour une faible part de leurs dépenses publiques à l’effort de défense au sein de l’Alliance. Les évènements auront donc bien une influence sur la zone Euro. La façon et le rythme de mise en place des mesures de Trump est à suivre tout particulièrement. Dans nos perspectives de début d’année, ce sujet faisait partie des points d’attention et des facteurs de risque au même titre que l’évolution de la situation politique en Europe. C’est un sujet à suivre non seulement dans une optique de court terme car elle impacte les variations des marchés financiers, mais aussi dans une vision de moyen terme qui est essentielle dans la construction de portefeuille.

Dans ce contexte, la vigilance est de mise pour le gérant de mandat assurantiel, car les éléments susceptibles d’affecter notre zone en provenance des Etats-Unis ont potentiellement des effets contradictoires en termes de PIB. En revanche, l’effet possible sur l’inflation semble plus clair et nettement haussier, donc plutôt en faveur d’une évolution à terme plus restrictive de notre politique monétaire.

La diversification reste donc le moyen le plus efficace pour la maîtrise des risques, à intégrer dans sa construction de portefeuille. Et à plus court terme, la réactivité demeure un principe d’actualité dans cet environnement volatile.

Equipes de gestion d’EGAMO , 27 février

Partager
Envoyer par courriel Email
Viadeo Viadeo

Focus

Opinion Smart Beta et psychologie

En français, l’expression « Smart Beta » sonne comme un oxymore. Que pourrait-il y avoir de smart à appliquer toujours la même stratégie, alors que les marchés sont versatiles ? Un gérant, avec sa capacité à analyser l’évolution du contexte de marché, devrait bien réussir à faire mieux (...)

© Next Finance 2006 - 2017 - Tous droits réservés