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La dynamique bénéficiaire des entreprises au secours des actions européennes ?

Après une période estivale au beau fixe, les marchés d’actions européennes ont été victimes du retour de la grisaille automnale sur fond de montée du populisme aux quatre coins du Vieux Continent. Si bien que les indices boursiers de la zone euro accusent désormais un net retard par rapport au reste du monde.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis le début de l’année l’indice MSCI Zone Euro est en retard de plus de 10% à l’indice MSCI Monde alors que dans le même temps, l’indice MSCI Amérique du Nord et l’indice MSCI Marchés Emergents surperforment chacun de près de 5%.

Ce flux vendeur sur les actions européennes s’est traduit par un fort recul de leurs multiples de capitalisation qui font d’ailleurs de la zone euro la moins chère des grandes « régions » boursières de la planète. Ainsi l’Euro Stoxx 50 affiche un niveau de PER sur 12 mois de 13x contre près de 17x pour le S&P 500, 14 pour le Topix et 15,5 pour le MSCI World.

Toute la question est maintenant de savoir si ces niveaux de valorisation constituent un point d’entrée intéressant sur le compartiment des actions.

On peut le penser, surtout dans l’optique d’une très probable reprise de la dynamique bénéficiaire des entreprises européennes, dont les marges ont été mises à mal par la dégradation de l’environnement économique depuis 2010. D’après Morgan Stanley, après 5 années de baisse, les profits en Europe ont atteint un point bas et sont désormais inférieurs de 30% au pic d’après crise et de 44% au pic de 2007.

Plusieurs éléments pourraient expliquer un retournement. A commencer par une possible réaccélération de la croissance dans les pays émergents, où les groupes européens réalisent près d’un tiers de leurs revenus.

Autre facteur d’amélioration, la reprise des cours des matières premières, qui avaient, en chutant, affaibli les secteurs les plus sensibles comme celui des groupes pétroliers ou de l’énergie et privé les entreprises d’un quart de leurs résultats au cours des quatre dernières années. La baisse du coût de la dette devrait également continuer de produire des effets bénéfiques pour des secteurs gourmands en capitaux et susceptibles de manifester le besoin de se refinancer comme ceux des télécoms, des utilities, des médias ou encore des transports.

Le tout dans un contexte où, à l’image de l’orientation étonnamment positive des indices boursiers après la victoire de Donald Trump aux élections américaines, les marchés semblent se montrer de plus plus sensibles aux anticipations d’inflation quitte à mettre de côté, du moins temporairement, le risque politique.

La perspective d’une hausse des prix est de nature à réinsuffler une bouffée d’oxygène aux entreprises, qui pourraient ainsi en retrouvant un peu de leur « pricing power » d’antan, augmenter leur chiffre d’affaires et redresser leur rentabilité.

David Kalfon , Décembre 2016

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