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La croissance rapide des dividendes à l’échelle internationale est masquée par la forte hausse du dollar US

A l’échelle internationale, les dividendes totaux ont atteint 1150 milliards de dollars US en 2015, selon la dernière édition du rapport de l’Indice Henderson des dividendes mondiaux (HGDI), soit une augmentation de 9,9% des dividendes sous-jacents (après ajustement des effets de change et d’autres facteurs)...

Les dividendes totaux ont enregistré une baisse de 2,2%, la forte hausse du dollar US masquant la croissance rapide de la plupart des régions.

Principaux points clés

  • A l’échelle internationale, les dividendes ont atteint 1150 milliards de dollars US en 2015, soit une augmentation de 9,9% des dividendes sous-jacents avec une croissance positive sur l’ensemble des régions
  • La solidité du dollar US a entrainé une baisse sans précédent de 104 milliards de dollars US de la valeur totale des dividendes au cours de l’année. Les dividendes totaux ont diminué de 2,2% par rapport à 2014
  • La hausse du dollar US s’est ralentie en cours d’année, ce qui a permis à la croissance rapide des dividendes totaux d’être plus prononcée au cours du quatrième trimestre
  • Les dividendes ont représenté une part importante du rendement total des actionnaires en 2015 car ils ont quasiment permis de rembourser les investisseurs pour la perte enregistrée sur les marchés actions avoisinant 1300 milliards de dollars US.
  • Les Etats-Unis furent le moteur de la croissance des dividendes à l’échelle internationale, les sociétés nord-américaines payant le plus de dividendes au monde et enregistrant la croissance la plus rapide, en termes de dividendes totaux. Le Japon a enregistré la plus forte croissance en termes de dividendes sous-jacents. L’Australie, le Canada et l’Europe ont également enregistré de bons résultats alors que le Royaume-Uni est resté à la traîne
  • La Chine a enregistré la première baisse annuelle de son histoire alors que l’Inde a pris la place du Brésil en tant que troisième plus important payeur parmi les pays émergents
  • La forte baisse des dividendes des sociétés du secteur des matières premières, en particulier celles basées au Royaume-Uni, devrait freiner la croissance des dividendes en 2016.
  • Henderson a revu ses prévisions à la baisse pour 2016 de 10 milliards de dollars US. Les dividendes totaux devraient désormais atteindre 1170 milliards de dollars US, soit une croissance de 1,6% des dividendes totaux et de 3,3% des dividendes sous-jacents

Le dollar US s’est principalement apprécié au cours du premier semestre, ce qui signifie que la croissance des dividendes est devenue de plus en plus visible en cours d’année. Les dividendes totaux ont augmenté de 4,6% au cours du quatrième trimestre et les dividendes sous-jacents de 12,1%. Le HGDI a terminé l’année à 157,7 contre 161,3 à la fin de l’année 2014.

La hausse du dollar US a entraîné une baisse de neuf points de pourcentage du taux de croissance annuel des dividendes totaux, ce qui correspond à une baisse de 104 milliards de dollars US au cours de l’année. L’effet de change a été dix fois plus important qu’en 2014 et le plus élevé jamais enregistré par le HGDI. L’impact de la solidité du dollar US a affecté toutes les régions mais a été le plus marqué, en termes de valorisations, en Europe, où les mesures d’assouplissement quantitatif ont conduit à une forte baisse du taux de change. Dans le reste du monde, la Russie, le Brésil et l’Australie ont également été fortement affectés, leurs devises chutant fortement tout comme le cours des matières premières dont leurs exportations dépendent.

La croissance des dividendes sous-jacents des pays développés a été encourageante, effets de change et facteurs techniques mis à part. Elle a été menée par le Japon, où la croissance a été si rapide qu’elle a plus que compensé la faiblesse du Yen. Toyota Motors, qui a versé les dividendes les plus élevés au Japon, est un excellent exemple de la façon dont les sociétés japonaises augmentent les dividendes payés à leurs actionnaires, la société augmentant ses dividendes en Yen de 29% en 2015. La croissance spectaculaire de 19,2% des dividendes sous-jacents s’est traduite par une progression de 5,2% des dividendes totaux. L’Australie et le Canada font également partie des plus gros payeurs de dividendes au monde, leurs dividendes sous-jacents ont enregistré des progressions à deux chiffres mais leurs dividendes totaux ont diminué, leurs devises chutant face au dollar US.

La progression des dividendes sous-jacents européens fut extrêmement encourageante (7,7%). Les PaysBas sont arrivés en tête avec des dividendes sous-jacents progressant de 42%, notamment grâce à ING et KPN, bien que d’autres sociétés hollandaises aient également enregistré de solides résultats. La croissance des dividendes allemands a été également supérieure à celle de ses homologues, en hausse de 9,3% (dividendes sous-jacents). Allianz, le plus gros payeur en Allemagne, a augmenté ses dividendes de 29%. L’Italie et la Suisse ont également enregistré de solides résultats alors que l’Espagne est restée à la traîne. La faiblesse de l’euro a toutefois conduit les dividendes européens a fortement chuté en dollars US. Les effets de change ont entraîné une baisse de 41,7 milliards de dollars US du total de la région, soit 18 points de pourcentage. Les dividendes totaux européens ont donc chuté de 12,2%. Dans l’ensemble, les dividendes européens ont diminué de 204, 5 milliards de dollars US.

Le Royaume-Uni est resté à la traîne par rapport à ses homologues, ses dividendes sous-jacents progressant d’à peine 3,7%. Les sociétés britanniques font partie des plus gros payeurs de dividendes au monde et bon nombre d’entre elles, dont Shell, HSBC et Glaxo SmithKline, enregistrent, à l’heure actuelle, une croissance faible, voire inexistante, de leurs dividendes.

Les Etats-Unis ont été le réel moteur de la croissance des dividendes et ces derniers ont fortement augmenté sur quasiment l’ensemble des secteurs. Les sociétés américaines ont augmenté leurs paiements aux actionnaires de 14,1% (10,2% pour les dividendes sous-jacents) et les dividendes américains représentent les deux cinquièmes des dividendes mondiaux. Le quatrième trimestre marque le huitième trimestre de progression à 2 chiffres pour le pays.

La performance des pays émergents a été relativement variable : la Chine a vu ses dividendes diminuer pour la première fois de son histoire, le Brésil a enregistré de mauvais résultats mais l’Inde s’est bien comportée. En Asie-Pacifique, Taïwan et la Corée du sud ont enregistré une croissance rapide, les sociétés de ces pays suivant l’exemple du Japon et augmentant leurs dividendes.

La croissance des dividendes sous-jacents devrait se ralentir en 2016, le Royaume-Uni étant confronté à une situation difficile. La plupart des sociétés britanniques augmentent leurs dividendes mais sont éclipsées par une poignée de grosses sociétés, principalement dans le secteur minier, obligées de réduire leurs dividendes suite à la baisse de leurs bénéfices.

Henderson estime désormais que les dividendes totaux à l’échelle internationale augmenteront de 1,6% pour atteindre 1170 milliards de dollars US, soit une hausse de 3,3% des dividendes sous-jacents.

Alex Crooke, Directeur de la gestion actions internationales à fort rendement chez Henderson Global Investors a déclaré : “La solidité du dollar US a masqué l’excellente croissance des dividendes sur la plupart des régions faisant de 2015 une bonne année pour les investisseurs. Les investisseurs en dollars US auront été affectés mais les effets de change s’atténuent à long terme. Depuis 2009, les dividendes ont augmenté de quasiment 60% et les taux de change n’ont réduit ce résultat que de 2%, ce qui est tout à fait négligeable.

Le rôle joué par les dividendes en tant que moteur du rendement total des actionnaires a été mis en avant en 2015 lorsque les dividendes ont quasiment compensé, dans leur intégralité, les investisseurs pour la baisse du cours des actions. La volatilité qui a récemment secoué le marché témoigne de l’importance des dividendes en tant que source de revenu. Investir à l’échelle internationale s’avère bénéfique, le fait de détenir toute une gamme de titres sur différents pays et secteurs permettant de réduire les risques à long terme.

Nos prévisions de croissance des dividendes sont positives pour l’année à venir, même si les secteurs sensibles au cours des matières premières devraient réduire leurs dividendes. La sélection des titres joue un rôle déterminant dans un tel environnement et permet aux investisseurs d’éviter les titres les plus susceptibles de générer de faibles rendements. Les actions restent une source primordiale de revenu pour les investisseurs, les taux d’intérêt restant faibles.

Next Finance , 23 février

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