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La correction à la baisse des marchés actions

Selon Fabrice Masson, Directeur de la Gestion Actions, BFT IM, les dividendes constituent une source de rendement très intéressante dans le contexte actuel de taux bas. En effet, l’écart entre le rendement du dividende des marchés actions européens et le taux à 10 ans allemand n’a jamais été aussi élevé rendant les actions particulièrement attractives.

Un début d’année sans précédent pour les actions européennes

La correction des marchés du début d’année est l’addition d’une somme de déceptions qui, au final, a abouti à l’un des pires débuts d’année pour les valeurs européennes : l’indice Stoxx 600 perdait 16,9% au soir du 11 février 2016 avant de récupérer une partie de la baisse. Les incertitudes sur la conjoncture américaine, les craintes touchant aux capacités des banques centrales à disposer des moyens suffisants pour continuer à combattre la déflation, les doutes sur la réalité de la croissance chinoise et les inquiétudes quant à la situation financière des entreprises du secteur pétrolier américain se sont cumulés.

Mais l’élément essentiel réside, selon nous, dans la force et l’amplitude des révisions à la baisse des bénéfices attendus des entreprises. On constate un mouvement général et ininterrompu de révisions à la baisse des bénéfices attendus pour 2016.

Le cumul de ces révisions atteint même -15% sur un an en Europe avec une accélération ces derniers mois. Ce sont évidemment des conditions très adverses pour les investisseurs en actions.

Potentiel de rebond limité

En dépit de ce début d’année difficile, notre schéma macro-économique évolue peu : c’est celui d’une croissance mondiale proche de 3%. En revanche les attentes en matière de progression de bénéfices ont été drastiquement revues à la baisse ces dernières semaines : la croissance attendue par le consensus sur l’Europe est désormais de 1,2% en 2016 (alors qu’elle était proche de 8% en début d’année). Ce qui limite selon nous le potentiel de rebond des marchés d’actions. Nous n’anticipons pas, en effet, de revalorisations fortes compte tenu des niveaux actuels : le marché se «  paie  » environ 14,8 fois les bénéfices attendus, ce qui se situe déjà au-dessus de la moyenne historique.

Nette préférence pour la zone Euro

C’est clairement la zone géographique où la dynamique de croissance des résultats a du retard, ce qui laisse un plus fort potentiel de rebond au fur et à mesure que les mesures décidées par la BCE et par les différents gouvernements produiront leurs effets comme, par exemple, la réforme du marché du travail en Italie. Les conditions financières (taux bas, change, coût de l’énergie…) restent favorables pour les entreprises. Les attentes de progression de résultats (+6,2% pour l’Eurostoxx 50) y sont, d’ailleurs, supérieures à celles de l’Europe en général. Le ciel n’est pas au beau fixe pour autant : les craintes quant au résultat du référendum au Royaume-Uni, le 23 juin, pourraient notamment continuer à peser sur le moral des investisseurs.

Les dividendes, gage de sécurité en période de volatilité

En premier lieu, les dividendes constituent une source de rendement très intéressante dans le contexte actuel de taux bas. En effet, l’écart entre le rendement du dividende des marchés actions européens et le taux à 10 ans allemand n’a jamais été aussi élevé (entre 3.5% et 4%) rendant les actions particulièrement attractives.

La seconde raison tient au fait que les dividendes représentent une part importante du rendement total des marchés actions (environ 40% en Europe depuis 1970, 1/3 en Amérique du Nord ou en Asie/Pacifique). Dans les phases de baisse des marchés, ils permettent, ainsi, d’atténuer les effets de la chute des cours de bourse, voire même de les compenser comme pour les investisseurs américains investis sur le Dow Jones, l’an dernier.

Par ailleurs, les dividendes sont un gage de sécurité en périodes de volatilité.

Les sociétés qui distribuent un dividende élevé, ou en croissance, ont confiance dans le développement de leur activité et, en principe, elles n’ont pas l’intention de le réduire à court / moyen terme.

Elles s’appuient de fait sur une génération de cash-flow solide et une structure bilancielle saine qui leur permet de distribuer des dividendes pérennes. En outre, historiquement, dans un contexte de volatilité proche des niveaux actuels, les valeurs à rendement du dividende élevé ont surperformé l’ensemble des titres composant le marché.

Le constat est le même si l’on compare la performance ajustée du risque des titres haut rendement avec celle du marché : non seulement la performance est meilleure mais de surcroît la volatilité est souvent moindre. Tous ces éléments militent donc pour se positionner sur des valeurs qui mettent l’accent sur le dividende et sont capables d’en assurer la pérennité.

Fabrice Masson , 3 mai

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