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L’inflation salariale constitue le plus grand risque pour les actifs obligataires

Jenna Barnard, Jenna Barnard, Co-responsable Strategic Fixed Income chez Janus Henderson Investors, dresse le bilan de l’année 2017 et fait part de ses réflexions sur les grandes thématiques susceptibles d’influencer les marchés du crédit l’an prochain...

Echec de la pensée consensuelle en 2017

En janvier 2017, tous les investisseurs nourrissaient l’espoir d’un véritable basculement vers un environnement d’inflation et de croissance supérieure aux États-Unis, avec dans la foulée, une augmentation généralisée des rendements des emprunts d’État. Un coup dans l’eau. L’inflation a culminé en février [1] pour aussitôt s’effondrer, et les salaires n’ont montré aucun signe de frémissement dans les pays développés où le taux de chômage était pourtant faible.

Face à ce constat, nous avons mené des recherches et découvert qu’au cours des 26 dernières années, le consensus en matière de rendements souverains [2] avait prédit une hausse à 24 reprises et une baisse par deux fois seulement.

Un constat qui illustre à merveille l’échec de la pensée consensuelle sur les marchés obligataires, 2017 n’y faisant pas exception.

Divergence et rupture, toujours au menu de 2018

Pour l’année à venir, le principal thème pour les marchés du crédit sera sans conteste celui de la divergence et de la rupture. Les exemples de rupture au niveau sectoriel sont légion, et mettent d’ailleurs à mal certaines obligations d’entreprises sur notre marché. La technologie est bien entendu une cause majeure de rupture, et la situation est particulièrement problématique dans la distribution. D’autres secteurs sont affectés également, et notamment le secteur brassicole qui évolue dans un contexte concurrentiel difficile, notamment avec l’essor des microbrasseries. Ces secteurs, autrefois appréciés, concentrent aujourd’hui beaucoup trop d’imprévus et affichent une croissance du chiffre d’affaires insuffisante. Et les valorisations des actions commencent à en pâtir également. Rupture et divergence seront donc toujours au menu pour 2018, et invitent à faire preuve d’une grande sélectivité parmi les émetteurs.

Inflation salariale, le principal risque pour le marché obligataire en 2018

Le plus grand risque pour les classes d’actifs obligataires sera, de loin, l’inflation des salaires. Si les faibles taux de chômage observés au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Allemagne et au Japon venaient à provoquer des pressions salariales, les banques centrales seraient amenées à corser le jeu, et les relèvements de taux d’intérêt se succéderaient beaucoup plus rapidement. Mais nous n’en sommes pas encore là.

Quant aux opportunités, elles se situent essentiellement parmi les obligations gouvernementales. L’Australie, en l’occurrence, est une économie en pleine divergence.

Nous apprécions tout particulièrement les emprunts d’État sur ce marché. Mentionnons également les États-Unis, qui nous semblent arriver en fin de cycle.

Pour résumer, les secteurs dans lesquels nous voyons des opportunités sont les obligations gouvernementales et les marchés du crédit. Nous continuerons donc d’investir dans ces marchés avec discipline, en prenant soin de réduire un peu plus les positions du portefeuille sur le crédit le plus risqué.

Jenna Barnard , Décembre 2017

Notes

[1] Inflation américaine

[2] Rendements des bons du Trésor US à 10 ans, Survey of Professional Forecasters de la Fed de Philadelphie, à juin 2017

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