L’économie numérique, moteur de croissance pour l’avenir - Focus Allemagne

L’économie numérique englobe les technologies de l’information et de la communication (TIC) et les activités liées à Internet. Elle influera de manière forte et durable sur toutes les facettes du monde des affaires et de la société.

Bien que l’Allemagne ne se classe que 6e sur 10 pays dans un indice figurant dans la dernière édition du Rapport de suivi sur l’économie numérique publié par le ministère allemand de l’Économie (« Monitoring-Report Wirtschaft Digital 2015 »), l’économie numérique sera à n’en pas douter un secteur d’activité porteur à l’avenir. Elle pèse d’ailleurs déjà un poids considérable, comme en témoigne le nombre de personnes travaillant dans le secteur des TIC (1,06 million en 2014). Si l’on ajoute à cela les effectifs des entreprises liées à Internet, il apparaît clairement que le numérique représente désormais la troisième grande branche de l’économie. Il se classe derrière le commerce et les services à fort contenu de connaissances, mais devance largement l’ingénierie mécanique, la construction automobile et l’industrie chimique. Sur les marchés allemands de bureaux, cette évolution a déjà un impact non négligeable sur les transactions, comme le montre une étude de BNP Paribas Real Estate qui analyse également les tendances émergentes.

L’étude des transactions générées par l’économie numérique (à savoir, matériel et logiciels, services informatiques et activités liées à Internet telles que le commerce en ligne et les portails de réservation) révèle qu’au cours des trois dernières années, les six grands marchés de bureaux allemands ont connu un développement très dynamique. En 2013, le volume de transactions correspondant s’établissait à 392 000 m². En 2015, il totalisait 625 000 m², soit un bond de près de 60 %. « La hausse est néanmoins très variable selon les villes », précise Wolfgang Schneider, Head of Research chez BNP Paribas Real Estate Allemagne. Berlin est le champion incontesté. Alors que l’économie numérique était à l’origine d’environ 21 % des transactions de bureaux dans la capitale allemande en 2013, la proportion dépassait déjà 39 % en 2015. En chiffres absolus, le volume a triplé, passant de 81 500 m² à 244 000 m². Berlin a par ailleurs largement distancé Munich auparavant leader dans ce domaine. Si la capitale bavaroise attire avant tout les géants du logiciel et le secteur TIC traditionnel, Berlin est la ville de choix pour les start-ups et la net-économie. Munich conserve toutefois facilement sa place de n° 2 allemand, les transactions en lien avec l’économie numérique ayant dépassé 164 000 m² en 2015. Par comparaison, ce secteur porteur joue un rôle bien plus limité dans les autres localités. De fait, les volumes correspondants ne franchissent le seuil des 50 000 m² que lors des années marquées par la signature de nouveaux baux importants. En valeur absolue, Cologne a un retard particulièrement considérable à rattraper.

L’économie numérique représente 1 m² sur 6 et influence nettement les transactions dans leur ensemble

Depuis 2010, les entreprises du secteur de l’économie numérique comptent, en moyenne, pour 1 m² sur 6 dans les transactions recensées sur les six grands marchés de bureaux. Les différentes localités profitent toutefois à des degrés divers de la hausse générale des volumes. Berlin arrive là encore en tête, l’économie numérique représentant près du quart des transactions (24 %). Le développement dynamique tout à fait remarquable observé au cours des dernières années a culminé en 2015 avec une part record des transactions (environ 30 %). La contribution de l’économie numérique est également assez importante à Munich (20 %) et Düsseldorf (18 %). Dans les autres villes, la part générée par ce secteur est bien inférieure à la moyenne. Au cours des six dernières années, l’économie numérique a représenté 12 % du total des transactions à Francfort et seulement 11 % à Hambourg et Cologne. Dans ces villes, des fluctuations notables ont été observées selon les années. Ainsi, les très bons résultats, tels que les 18 % relevés à Cologne en 2015, contrastent avec des chiffres inférieurs à 10 % certaines années. À Hambourg par exemple, la part générée par l’économie numérique a été légèrement inférieure à 7 % en 2015. Ce genre de volatilité est souvent lié à l’impact disproportionné des grandes transactions unitaires.

L’essor généralisé des transactions de bureaux témoigne également de l’importance actuelle de l’économie numérique. En 2015, une très bonne année, le volume total des transactions a progressé de 21 % par rapport à 2014 sur les six grands marchés allemands. Les hausses les plus fortes ont été recensées dans les villes où une forte part de l’activité a été générée par l’économie numérique. En glissement annuel, Düsseldorf arrive en tête (+39 %), suivie par Berlin (+34 %) et Munich (+24 %). Même à Cologne, où l’économie numérique a contribué à hauteur de 18 % aux résultats 2015, les transactions ont progressé de 17 %. La situation est bien différente à Francfort (+7 %) et Hambourg (+3 %) où la contribution relativement faible des entreprises du numérique a visiblement pesé sur l’ampleur de la demande, par ailleurs encourageante.

Évolutions divergentes depuis 2010 ; Berlin n° 1 pour les effectifs travaillant dans l’économie numérique

Au cours des cinq dernières années, l’évolution moyenne des transactions de bureaux en glissement annuel a été bien plus limitée à Hambourg et Francfort que dans les autres villes. À l’échelle de l’ensemble des localités, les transactions ont progressé d’environ 4 % par an. À Hambourg, la hausse s’est limitée à 2 %, le centre bancaire de Francfort enregistrant même des reculs de 3 % par an. Ces chiffres illustrent le lien non négligeable entre la timide hausse des transactions à Francfort au cours des dernières années et le fait que la contribution de l’économie numérique y est inférieure à la moyenne nationale. Tout ceci contraste avec la situation de Berlin, où les transactions ont augmenté de près de 12 % par an. Munich (+7 %), Düsseldorf et Cologne (près de 6 % dans les deux cas) se situent en milieu de tableau à cet égard, enregistrant des hausses juste supérieures à la moyenne de l’ensemble des villes.

En ce qui concerne les effectifs de l’économie numérique, Berlin s’est adjugé la première place du classement avec près de 59 000 personnes en 2013 (absence de chiffres plus récents), juste devant Munich (un peu moins de 52 000 personnes). Hambourg suit de près avec 47 000 personnes. Bien que le nombre d’habitants de chaque ville ait un impact sur les effectifs du secteur du numérique, il n’existe pas de relation linéaire entre ces deux facteurs. Ainsi, Francfort, Cologne et Düsseldorf – en dépit de leur population différente – affichent des effectifs très proches (entre 22 000 et 25 000 personnes). La position de leader de la capitale allemande s’explique non seulement par le nombre, en termes absolus, de salariés du numérique, mais également par le taux de croissance dynamique dans ce domaine. Entre 2008 et 2013, les effectifs de l’économie numérique ont progressé de 44 % à Berlin. Cologne se classe deuxième avec une hausse de 32 %. Munich enregistre une baisse surprenante, l’économie numérique employant environ 8 % de salariés en moins en 2013 qu’en 2008.

Le nombre de start-ups confirme que Berlin est devenue la ville préférée des acteurs de l’économie numérique. En 2013, on en dénombrait 436. À Munich, le chiffre est inférieur de plus de moitié (208), ce qui n’empêche pas la ville de se classer deuxième à l’échelle nationale. À Francfort (92) et Düsseldorf (67), le nombre de start-ups n’atteint pas la centaine.

Synthèse

« Cette étude révèle que, du fait de son nouveau statut, l’économie numérique exerce désormais une influence notable sur la demande de bureaux et, par conséquent, sur les transactions de bureaux. Elle fait également apparaître que les grandes villes du pays bénéficient à des degrés divers de cette évolution. À cet égard, Berlin est la grande gagnante, la croissance actuelle devrait se poursuivre et probablement s’accélérer. Selon les calculs de l’Investitionsbank Berlin (banque d’investissement de Berlin), il y a de fortes chances qu’environ 270 000 emplois soient créés dans la capitale sur ce segment de marché d’ici à 2030. En moyenne, cela représenterait 18 000 nouveaux salariés par an. En comptant 15 m² par poste de travail, cette seule hausse générerait un volume annuel de transactions d’environ 270 000 m². Par ailleurs, il est aujourd’hui clair que les autres villes, même si elles possèdent les atouts des clusters, à l’image de Francfort, centre financier européen, devront intensifier leurs efforts si elles veulent se tailler une place dans ce secteur porteur de l’économie. Cela implique notamment de créer des conditions aussi favorables que possible pour les start-ups », explique Wolfgang Schneider.

Next Finance , 6 juillet

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