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Intelligence artificielle dans l’industrie financière : Entre peur de l’inconnu et enthousiasme affirmé

Le cabinet d’avocats d’affaires international Baker & McKenzie publie, en collaboration avec Euromoney Thought Leadership, une étude sur les impacts de l’intelligence artificielle (IA) perçus par les acteurs de l’industrie financière.

Cette étude se base sur des entretiens réalisés avec plus de 400 dirigeants d’institutions financières et de FinTech ainsi que des experts du domaine à travers le monde.

Les changements attendus dans ce secteur sont conséquents : si de réels avantages se font jour aux yeux des acteurs, certaines craintes liées à cette technologie sont mises en avant.

L’industrie financière révolutionnée par l’intelligence artificielle

La majorité des activités de l’industrie devrait être impactée profondément par l’IA ; ainsi, plus de la moitié des dirigeants interrogés s’attendent à ce que l’IA et le machine learning modifient, d’ici trois ans, « substantiellement » et « complètement » les activités financières suivantes : le trading (64 % des répondants) arrive en tête devant l’analyse financière et l’IT (60 % chacun), suivis de l’évaluation du risque (59 %), de l’octroi de crédit (57 %) et de la gestion de portefeuille (52 %).

Pour plus de la moitié des sondés (56 %), le changement majeur apporté par l’IA et le machine learning à l’industrie financière est l’arrivée d’un nombre croissant d’acteurs de petite et moyenne tailles ; d’autre part, 24 % des personnes interrogées estiment que les marchés financiers seront dominés par des entreprises capables d’investir dans ces technologies.

Néanmoins, ces changements se feront sentir davantage à plus long terme : si une très faible proportion des dirigeants considèrent que leur travail aura changé « substantiellement » dans 3 ans (14 %), ce chiffre triple (42 %) à l’horizon de 10 ans.

Une technologie qui comporte son lot de risques…

Les risques relatifs à l’intelligence artificielle sont liés à l’emploi, aux algorithmes mêmes et à des problématiques juridiques selon les personnes sondées.

Ainsi, sur le front de l’emploi, 40 % d’entre eux estiment que l’IA représente, à long terme, une certaine menace.

Toutefois, même dans le trading où l’automatisation est largement répandue, la présence humaine demeure nécessaire selon les spécialistes.

Après l’emploi, la stabilité du marché arrive en seconde position (39 %) devant la régulation des marchés (20 %) comme principales menaces.

Des risques liés aux algorithmes existent aussi : le plus répandu est celui du « surapprentissage » qui empêche les algorithmes de découvrir les corrélations pertinentes. L’augmentation des erreurs de programmation pour lancer toujours plus rapidement de nouveaux programmes est un autre risque identifié par les experts du domaine. Sur le plan des données, des menaces liées à la qualité ou à la confidentialité des données sont également mises en avant.

Sur le plan juridique, les dirigeants interrogés expriment également des craintes : ainsi, près de la moitié d’entre eux (47 %) considèrent que les risques juridiques liés à l’IA ne sont pas suffisamment connus et compris au sein de leur entreprise.

En outre, plus de 2/3 des personnes sondées émettent de sérieuses réserves sur la capacité des organismes régulateurs à être en adéquation avec les dernières avancées technologiques. De même, 60 % des répondants s’accordent à souligner l’importance d’une régulation plus aboutie : 20 % d’entre eux estiment que la régulation n’est pas du tout suffisante et 40 % aimeraient qu’elle soit plus approfondie. Enfin, 32 % des dirigeants interrogés considèrent que la collaboration entre les organismes régulateurs et les FinTech serait une étape importante pour prendre en compte dans la réglementation l’impact des nouvelles technologies sur les marchés financiers ; 25 % d’entre eux estiment, de leur côté, qu’une coordination transfrontalière entre organismes régulateurs est nécessaire.

… mais porteuse de bénéfices

L’intelligence artificielle et le machine learning vont profiter à plusieurs domaines de la finance : 74 % des dirigeants sondés estiment y voir un impact «  positif » et « très positif » sur l’octroi de crédit, 69 % sur la gestion du risque, 64 % sur la compétitivité des marchés et 52 % sur la conformité.

Si l’on prend l’exemple de la gestion du risque, l’IA permet d’approfondir et d’élargir la compréhension du risque en augmentant la qualité de l’analyse et de la prise de décisions.

Enfin, l’IA ne va pas simplement avoir des effets positifs sur la façon de travailler : ainsi, en matière de rentabilité, 40 % des répondants estiment qu’elle sera « extrêmement positive » pour la profitabilité de leur entreprise (34 % des personnes interrogées ne se prononcent pas et 17 % pensent le contraire).

Next Finance , 9 juin

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